Economie

Le logiciel à relocalisation d'Arnaud Monteboug : 338 consultations et 32 rendez-vous en deux mois

Solène Davesne , , , ,

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Colbert 2.0, le logiciel mis en place par le ministère du redressement productif pour permettre aux entreprises de tester une relocalisation de leurs activités, a été testé par 338 entreprises en deux mois. Pour l’instant, pas encore de relocalisation en vue.

Le logiciel à relocalisation d'Arnaud Monteboug : 338 consultations et 32 rendez-vous en deux mois © Capture d'écran - colbert2-0.fr

Il est certes encore un peu tôt pour un bilan définitif. Lancé le 22 juillet, au creux de l’été, le logiciel Colbert 2.0 a reçu près de 12 000 visites en deux mois. Au total, 338 entreprises ont complété jusqu’au bout le formulaire de 48 questions qui doit permettre de déterminer si une entreprise a intérêt à relocaliser une partie de sa production. A l’issue du processus, seules 32 entreprises ont pris un rendez-vous avec l’un des vingt-deux représentants uniques à l’investissement, nommés dans chaque région pour accompagner les projets d’investissement de plus de 3 millions d’euros.

Pas de quoi créer une vague de relocalisation. Pour le cabinet d’Arnaud Montebourg, à l’origine du logiciel, on se montre pourtant plutôt satisfait, même si pour l’instant, aucun cas n’a débouché sur un réel projet. "Le recul est très court. Les projets d’investissement sont longs à aboutir en général", estime-t-on dans son entourage.

Score de faisabilité de la relocalisation

Le logiciel permet aux industriels d’évaluer les coûts ou les avantages d’un rapatriement en France de sa production, au travers de questions comme "comment qualifieriez-vous l'organisation de votre production ?", "quel niveau de gain de productivité par l’automatisation de votre processus de production en France serait susceptible de déclencher le rapatriement d’une partie de votre production en France ?" ou "comment qualifieriez-vous le taux de non-conformité de la production hors de France de la gamme relocalisable ?". Un score à la fin indique la faisabilité du projet et le contact du référent unique de la région d’implantation.

"Ce logiciel permet de faire de la communication auprès des entreprises. Cela les incite à se poser la question et voir si cela vaut le coup", estime Olivier Martiel, le référent unique aux investissements pour la Picardie, qui suit actuellement 5 projets d’investissements au-delà de trois millions d’euros dans sa région. Pour l’instant, Colbert 2.0 ne l’a pas sollicité. "Mais nous avons un cas qui rentre parfaitement dans une démarche de la relocalisation sans avoir eu besoin du logiciel", estime le fonctionnaire. Une entreprise spécialisée dans les produits alimentaires pour allergiques envisagerait de s’implanter sur son territoire.

La Haute-Normandie de son côté n’a reçu qu’un dossier par l’intermédiaire du site internet du ministère. Et encore est-il encore loin d’être finalisé. Plus que la relocalisation d’activités industrielles, qui reste difficile à quantifier, la région mise sur les nouveaux arrivants. "Nous travaillons beaucoup pour réussir à finaliser l’arrivée du terminal de vrac liquide du norvégien Odfjell ou le projet d’Areva de construction d’éolienne en mer", confirme Marc Glita, le représentant unique de Haute-Normandie.

Solène Davesne

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