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L'Usine Matières premières

A Killem, le lin dans tous ses états

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le , mis à jour le 06/04/2018 À 07H40

Reportage A Killem, dans le Nord, au siège de l’entreprise Van Robaeys, se situe l’un des principaux sites de production de lin. Un savoir-faire hexagonal valorisé au-delà de l’industrie textile.

A Killem, le lin dans tous ses états

Chaque année, en juin, de délicates fleurs bleues éclosent sur les champs de lin qui s’étendent au nord de la France. Elles ne durent qu’une journée. Pendant quelques semaines, l’alternance de pluie et de soleil va ensuite opérer un phénomène de rouissage au sol, dégradant naturellement les molécules qui lient la fibre de lin à son bois. Des conditions climatiques idéales qui justifient que 80% de la production mondiale de lin se situent sur une zone allant de Caen à Amsterdam, avant de rejoindre les usines de filature situées majoritairement en Asie. Ce lin reviendra ensuite dans nos grands magasins sous forme de linge de lit ou de table, de vêtements…

Des conditions climatiques idéales expliquent que 80% de la production mondiale de lin se situe entre Caen et Amsterdam.

A Killem (Nord) se trouve le siège tout en briques rouges de l’un des champions mondiaux mais méconnus de la culture et de la production de lin. Van Robaeys est une entreprise centenaire aux 22 millions d’euros de chiffre d’affaires, dirigée par l’arrière-petit-fils du fondateur. Ici, on travaille avec 550 agriculteurs des environs sur 6 000 hectares (soit 6% de la sole française) pour récolter et constituer, à l’aide de tracteurs spécifiquement équipés, de larges bobines de paille de lin, emportées par camion jusqu’au site de Killem. Au sein de ce dernier, les opérations purement mécaniques se succèdent pour transformer la récolte en différents produits… "Fibres, graines, bois, même nos poussières, tout est utilisé ou valorisé, nous n’avons aucun déchet", précise Pierre d’Arras, le PDG de Van Robaeys, qui fournit aussi des huiles pour peinture ou de la litière pour animaux.

Valoriser jusqu’aux déchets

Sur plusieurs petites lignes de production s’effectue le teillage, la séparation mécanique de la fibre du bois par broyage du squelette du lin entre des rouleaux cannelés. Un opérateur a préalablement déroulé la bobine en nappe, dont il a retiré les graines. L’opération dégageant beaucoup de poussière, le site a revu à neuf son installation de traitement de l’air avec l’entreprise voisine Neu Air Moving Technologies, qui valorise ainsi ces déchets comme engrais naturel. Direction la carderie où est réalisé le cardage, qui consiste à démêler et aérer les fibres. Les fibres courtes ou "étoupes de teillage" ne seront pas tissées mais mélangées à d’autres fibres pour diverses industries. Prisées pour leur légèreté, leur résistance et leur qualité acoustique, certaines serviront directement à l’industrie automobile allemande pour fabriquer des accoudoirs, fonds de coffre… Tandis que les fibres longues, appelées "filasse", sont mélangées à Killem dans de grandes machines automatisées, pour donner des fibres à tisser de meilleure qualité, aux reflets bleus.

L'entreprise réalise des fibres, longues appelées filasses, ou courtes parfois affinées

Conditionnées en balles, elles sont stockées sur place avant d’être négociées de gré à gré avec des acheteurs de la filière textile et de rejoindre des filatures d’Italie ou d’Asie… "Nous sommes les seuls à réaliser à la fois l’affinage et le cardage pour diversifier notre chiffre d’affaires et aller chercher de nouveaux marchés", précise Pierre d’Arras. à Killem, un centre R&D a ainsi vu le jour, afin qu’une partie des 40 000 tonnes de paille teillées ici chaque année (dont 90% sont encore destinées à la mode et l’ameublement) partent vers les secteurs de l’aéronautique, des composites (grâce à la capacité de cette fibre à absorber les chocs, notamment dans une planche de surf ou un ski), de l’habitat (dalles de faux plafond) ou encore pour composer 27% du billet du dollar américain ! Des marchés en croissance qui permettent à l’entreprise à la centaine de salariés sur deux sites de production de continuer à recruter.

Photos: Eric Flogny

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