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L'Usine Santé

Le laboratoire BioMérieux, premier partenaire français pour le président chinois

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Lors de sa première étape en France, au siège lyonnais de BioMérieux, le président chinois a mis l’accent sur la réforme de la santé qu’il veut conduire dans son pays. Une opportunité pour le spécialiste du diagnostic médical et les autres entreprises de la galaxie Mérieux.

Le laboratoire BioMérieux, premier partenaire français pour le président chinois © Institut Mérieux - Christian Ganet

Un moment fort et symbolique. En démarrant sa visite d’Etat en France par le siège lyonnais de BioMérieux, expert du diagnostic médical, le président chinois Xi Jinping a marqué les esprits. Cette étape, le dirigeant l’avait lui-même demandé en raison des liens particuliers qui unissent la famille industrielle Mérieux à la Chine depuis cinquante ans.

C’est donc en famille, avec sa femme et son fils Alexandre à ses côtés, que le président de l’institut Mérieux, Alain Mérieux, 76 ans, a accueilli ce mercredi matin Xi Jinping sur le campus de Marcy-l’Etoile. C’est ici que son grand père, élève de Pasteur, avait implanté ses activités de sérothérapie en 1917, explique-t-il. Avant de poursuivre, ému : "Mon fils Christophe [décédé depuis, NDLR], qui était médecin, partageait le tropisme de notre famille pour votre pays. Il a été à l’initiative de la création de deux laboratoires de recherche en Chine."

Une présence diversifiée des Mérieux en Chine

En Chine, c’est désormais une présence diversifiée dont dispose l’institut Mérieux, la holding du groupe. Une présence médicale grâce à sa fondation, qui collabore notamment avec le ministre de la Santé chinois dans la lutte contre les infections nosocomiales. Une présence industrielle, avec le siège Asie de BioMérieux à Shanghai, un site de production et une activité R&D dans le diagnostic in vitro, les laboratoires d’analyse de Mérieux Nutrisciences, filiale spécialisée dans les contrôles de sécurité alimentaire... Et une présence scientifique, avec la filiale à Shanghai de Transgène, la biotech du groupe dédiée à l’immunothérapie des cancers.

Pour Xi Jinping, "l’histoire de la famille Mérieux peut être qualifiée comme une bataille de l’homme contre le virus". Cet hommage est l’occasion pour le président chinois de mettre l’accent sur un axe fort de la politique qu’il mène depuis un an : une grande réforme du système de santé national, accompagnée de la construction de 11 000 hôpitaux pour couvrir le vaste territoire chinois. "Nous souhaitons renforcer nos capacités de lutte contre les grandes épidémies, pour accroître sans cesse le niveau de santé de la population", explique le dirigeant.

Participer à la lutte contre les grandes épidémies

L’Institut Mérieux est bien positionné sur ce combat. Il réalise déjà 155 millions d’euros de chiffre d'affaires en Chine, dont 150 millions grâce à BioMérieux. Ses produits permettent justement de détecter différentes pathologies et d’identifier les bactéries incriminées, afin de cibler les thérapies adéquates pour le patient. Et si aucun nouveau contrat n’est formalisé ce mercredi 26 mars au matin, l’entreprise se renforce en Chine, qui deviendra dès l’an prochain sa deuxième filiale en chiffre d'affaires, derrière les Etats-Unis mais devant la France.

Premiers produits conçus en Chine pour BioMérieux

Alors qu’il y produit déjà des tests rapides en bactériologie et des milieux de culture, le spécialiste du diagnostic entend renforcer ses capacités de production mais aussi sa R&D. Avec, d’ici peu, la conception et la fabrication sur place de produits en microbiologie pour les pays émergents. Les autres branches de l’Institut Mérieux suivent la tendance.

Mérieux Nutrisciences ne réalise encore que 5 millions d’euros de ventes en Chine, soit 1% de son chiffre d'affaires, mais compte profiter du renforcement de la sécurité alimentaire pour y étendre son réseau de laboratoires. "Notre philosophie est d’avoir trois pôles : français, américain, et asiatique par la Chine, confie Alain Mérieux. Dans les années qui viennent, nous allons renforcer ce dernier de façon forte." Mais sans jamais remettre en cause l’ancrage lyonnais, jure-t-il.

Gaëlle Fleitour

P4 chinois, le laboratoire sauvé par Alain Mérieux

C’était un projet soutenu par les présidents Chirac puis Sarkozy, qui n’a failli pas voir le jour : créer en Chine, à Wuhan, un laboratoire P4. Seulement neuf laboratoires de recherche de ce type existent dans le monde, et aucun en Asie. De très haute sécurité, ils permettent de travailler sur des germes mortels pour l’homme : virus ou encore bactéries multi-résistantes. La France dispose de sa propre unité à Lyon grâce à la fondation Mérieux, qui en a confié la gestion à l’Inserm. Elle avait donc promis à la Chine de lui apporter son savoir-faire pour l’aider à s’équiper. A Wuhan, une première pierre a été posée en 2011, mais la contribution française s’enlisait. Alain Mérieux l’a relancée. "J’espère sur le plan diplomatique que la France se rend compte que nous avons encore une présence médicale, scientifique et biologique forte en Chine", confie-t-il. L’inauguration est attendue pour l’automne.

 

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