Le label MSC veut renforcer son image auprès des consommateurs de poisson

A l'occasion de son vingtième anniversaire, le label britannique MSC, dédié à la pêche durable, renforce ses efforts en direction des consommateurs finaux.

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Le label MSC veut renforcer son image auprès des consommateurs de poisson

A vingt ans, le label MSC (Marine Stewardship Council), dédié à la durabilité de la pêche, veut renforcer sa position dans un univers marqué par l’essor de nombreux labels et aux divergences affichées par certaines autres ONG, comme le français Bloom, qui s’oppose au système de certification de sa consœur britannique à grands renforts de communication digitale. Aujourd’hui, le MSC représente 12% des captures mondiales, avec un objectif de parvenir à 20% des captures mondiales certifiées et en évaluation d’ici à 2020, et 30% d’ici à 2030. 55% des captures mondiales de poissons blancs, 46% des prises de homards et de langoustes, 38% du saumon, de la truite et de l’éperlan, et 16% des prises de thon le sont.

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 31% des stocks mondiaux de poisson sont surexploités, et 51% sont pleinement exploités. L’enjeu est de taille : en volume, le poisson représente 10 fois les échanges de café sur les marchés de matières premières. Pour Edouard Le Bart, directeur du programme en France, qui a créé le bureau parisien du MSC en 2009, c’est une démarche bottom-up qui peut faire changer la situation. "L’incitation par la demande du consommateur est primordiale. Les consommateurs commencent à connaitre la problématique de la surpêche, mais il leur manque une solution : c’est là que la labellisation devient utile. Les industriels doivent être conscients du problème de la surpêche, et les pêcheurs doivent être impliqués. On a fait un gros travail en B2B", explique-t-il.

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La notoriété, cheval de bataille

Le label accorde son sceau, pour une durée de cinq ans, à des pêcheries. Celles-ci sont définies par quatre éléments : l’espèce ciblée, la zone géographique, la technique de pêche et le porteur du certificat (une organisation de producteurs, par exemple). Les industriels, les distributeurs, les grossistes et les restaurateurs disposent de leur propre cahier des charges pour pouvoir fabriquer et commercialiser des produits au moyen du logo bleu, lequel assure 75% des revenus de l’ONG au moyen de royalties. Les marques reversent ainsi 0,5% de la valeur du produit fini au MSC. Des bureaux de vérification se chargent des audits, à la charge des demandeurs.

"78% des consommateurs de produits de la mer en France savent qu’en choisissant des produits pêche durable, ils protègent les océans. 68% des consommateurs se disent prêts à changer leurs habitudes d’achat : nous devons leur montrer que le MSC impulse des améliorations concrètes pour l’océan.", précise Stéphanie Poey, responsable communication pour la France. Elle compte sur les efforts fournis par la profession (le mareyeur Océalliance, le grossiste Pomona, la marque Petit Navire ou bien encore les distributeurs Carrefour et Lidl disposent d’activités certifiées) pour mieux faire connaitre le label, dont le taux de notoriété en France s’élève à 30%. Une campagne de publicité au cinéma ainsi que des opérations menées par divers partenaires seront lancées en octobre.

Toutefois, "le risque de confusion entre les labels existe : le nôtre est assez clair, nous parlons de pêche durable. D’autres labels aborderont d’autres problématiques : les démarches peuvent être compatibles, mais il faut faire attention à ce que les consommateurs ne s’y perdent pas", indique Edouard Le Bart.

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