Le jour où EDF a donné naissance au nouveau nucléaire français

A l’occasion d’un conseil d’administration, EDF devrait acter la reprise de la branche Areva NP, comme voulue par le gouvernement. Ce sera la troisième grande organisation nucléaire que connaîtra la France en 70 ans.

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Ce mercredi 27 janvier marque l'acte de naissance de la nouvelle filière nucléaire française. A l’occasion de son conseil d’administration, EDF va acter la reprise d’Areva NP, la branche Réacteurs et Services d’Areva. Début janvier les deux groupes s’étaient entendus sur une valorisation à hauteur de 2,5 milliards d’euros. Toutefois, cette somme pourrait être revue à la hausse si l’activité d’Areva se redresse plus vite qu’escompté.

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C’est le gouvernement de Manuel Valls qui, à l’été 2015, a décidé ce nouveau découpage de la filière française. Durant tout le second semestre, EDF, à qui cette charge était imposée, s’est attaché à délimiter précisément le périmètre à reprendre. En particulier, l’électricien a refusé d’assumer le poids financier de l’EPR en construction en Finlande à Olkiluoto. Un chantier qui affiche un retard de neuf ans et un surcoût d’environ 5 milliards d’euros.

Recapitalisation

Le nouvel Areva devrait garder environ 15 % de son ancienne branche, mais son cœur de métier sera désormais celui du cycle du combustible, des mines au retraitement. Dans la foulée de l’annonce du conseil d’administration d’EDF, le gouvernement pourrait annoncer la recapitalisation d’Areva à hauteur de 4 milliards d’euros environ. Entre la vente d’Areva NP et les subsides de l’Etat, Areva devrait retrouver la capacité d’aller se financer sur les marchés.

C’est la troisième organisation de la filière nucléaire que connaît la France. La première date de l’après-guerre. En 1946, la France réunit tous les actifs électriques du pays au sein d’Electricité de France. La même année, le Général de Gaulle crée le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Ce seront les deux parents du nucléaire français. Ils seront rejoints ensuite en 1958 par Framatome, spécialiste de la construction des réacteurs et, en 1976, par la Cogema, spécialiste de l’exploitation de l’Uranium en France.

La deuxième organisation prend forme en 2001 avec la réunion de Framatome, de la Cogema et d’une partie des activités industrielles du CEA au sein d’Areva. Une décision difficile à avaler par EDF, qui avait pour ambition de proposer ses propres modèles de réacteurs et d’être l’exportateur du savoir-faire français.

Les 15 années suivantes sont marquées par des relations difficiles entre l’ingénieriste nucléaire et l’électricien national. Les tensions culminent en 2009 quand la filière française échouera à vendre quatre EPR à Abu Dhabi, se faisant ravir le contrat par le coréen Kepco.

La convalescence d’Areva

Sous Nicolas Sarkozy, l’administration tâche alors d’organiser "l’équipe de France du nucléaire" en plaçant EDF à sa tête, mais avec un succès mitigé. Du côté d’Areva débute une longue chute, la société subissant de plein fouet les conséquences de mauvais choix stratégiques passés, le scandale de l’affaire Uramin et l’accident de Fukushima en mars 2011.

2016 marque donc la troisième naissance du nucléaire français. Le schéma mis en place est censé redonner les rênes des réacteurs nucléaires à EDF et permettre à un Areva exsangue de se refaire une santé grâce aux activités récurrentes et rentables du cycle du combustible.

Pas d’Hinkley Point

Lors du conseil d’administration d’EDF, les dirigeants auraient aussi dû acter la décision finale d’investissement pour la construction de deux EPR en Angleterre à Hinkley Point. Un projet de 24 milliards d’euros, co-financé avec des industriels chinois.

Mais ce massif investissement est difficile à monter alors que le groupe doit déjà mener de front le grand carénage pour prolonger la durée de vie des réacteurs, le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) et le rachat d’Areva NP. Ainsi, seul un point d’information devrait être fait sur ce dossier, la décision finale d’investissement étant reportée sine die.

Ludovic Dupin

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