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Le "je t'aime moi non plus" entre les entreprises et les LGBT+

Christophe Bys

Publié le

Le BCG a mené pour la quatrième fois une grande étude auprès des talents LGBT+ sur leur vie au travail. Une proportion encore importante de salariés préfèrent rester discrets sur leur lieu de travail, même si plus de la moitié se disent prêts à parler de leur orientation sexuelle dans leur vie professionnelle. Les LGBT+ attendent de leurs entreprises des actions concrètes pour les qualifier de "sympathisante". Un critère essentiel pour choisir son employeur. 

Le je t'aime moi non plus entre les entreprises et les LGBT+
A quand une entreprise qui fera pavoiser le rainbow flag à son siège social pour indiquer qu'elle est LGBT+ friendly ?
© Wikipedia

Pour la quatrième fois, le Boston Consulting Group a réalisé une étude internationale sur la situation des salariés qualifiés, qui sont homosexuel.le.s, bisexuel.le.s, transexuel.le.s, neutres.. (ou LGBT+), sur le lieu de travail. Au vu des résultats obtenus, le BCG discute quatre situations types dans lesquelles se trouvent les individus : affirmés et heureux de l'être, affirmés et le regrettant, silencieux et à l'aise, silencieux et mal à l'aise. 

Ainsi, un peu plus de la moitié d'entre-eux ont fait leur coming-out (44 % s'en félicitent et 8% le regrette). Ce sont donc 48 % des personnes issues des minorités sexuelles qui ont choisi de ne rien dire sur leur lieu de travail. Pourtant l'étude révèle que 80 % des LGBT+ se diesent prêts à le faire. Il y a donc 30 % de personnes interrogées silencieuses mais qui ne devraient pas l'être. Sont-ce les 35 % qui se taisent tout en étant à l'aise qui pourraient sortir du placard ?

Très très discrets bisexuels

L'étude révèle que les femmes sont moins souvent déclarées que les hommes ou les "non-binaires". Ainsi, 86% des hommes en ont parlé avec au moins un collègue. La proportion tombe à 80 % pour les femmes et à 77 % pour les non-binaires. 17 % des transgenres n'ont rien dit à leur collègues et si 15 % des gays et des lesbiennes ont choisi le silence sur leur lieu de travail, ce sont 25 % des bisexuels qui sont dans cette même situation. 

Tout cela ne serait pas très grave si cela ne résultait que de choix personnels. Ce que l'étude du BCG révèle, c'est qu'il s'agit de la conséquence de craintes. 35 % des personnes pensent que parler de leur sexualité ferait courir un risque pour leur carrière et 46 % se disent prêtes à mentir sur leur orientation sexuelle lors d'une discussion informelle avec leur manager. 13 % se disent même prêtes à aller travailler dans un pays hostile au LGBT+ plutôt que d'indiquer leur orientation sexuelle. Rappelons que cette étude concerne des personnes identifiée comme étant un talent, exerçant des fonctions de cadres. 

 

La France moins bien classée que le Brésil !

Dans ce domaine, il n'y a pas vraiment d'exception française. Les réponses enregistrées classent la France dernière de ce que le BCG appelle des "pays en changement", loin derrière les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou l'Allemagne et même le Mexique ou le Brésil, devant l'Espagne et l'Italie. Pour mesurer la maturité d'un pays, l'étude range par ordre décroissant la part de LGBT+ prêts à faire leur coming out. Ils sont 93 % au Pays-Bas, 80 % au Mexique, et seulement 76 % en France et 62% en Espagne. 

De même, l'étude révèle que les LGBT+ français sont parmi les moins prêts à parler de leur relation sexuelle au travail. Ils sont 52 % à dire qu'ils mentiraient dans une conversation informelle. Aux Pays-Bas, cette proportion est de 39 %, et au Royaume-Uni elle n'est que de 37 %. 

 

Préférences pour le secteur public et non lucratif

L'étude s'intéresse aussi aux attentes des LGBT+ dans le monde professionnel. Les entreprises privées les attirent moins que les salariés non LGBT+. Ainsi, à l'échelle internationale, quand 69 % disent vouloir travailler dans une multinationale, la proportion tombe à 58 % pour les LGBT+. Idem pour les startups (respectivement 26 % et 19%). A l'inverse, les LGBT+ plébiscitent davantage le secteur public (40 % contre 34 % chez les non LGBT+) ou le secteur à but non lucratif (resp. 29 % et 19 %).

Pour choisir leur entreprise, les LGBT+ placent parmi les critères les plus importants de choix le niveau de salaire, la culture accueillante (ou friendly en anglais), ou l'emplacement géographique. Avant le prestige de l'employeur. Autrement dit, un employeur avec une image forte ne fera pas l'affaire s'il n'a pas une culture accueillante. Et il faut plus que des mots. Pour considérer qu'une culture d'entreprise est favorable au LGBT+, ils attendent que la non-discrimination soit explicitement écrite dans les règles de l'entreprise, avoir la garantie de ne pas travailler dans des pays hostiles et avoir des avantages sociaux "inclusifs". 

En France, les deux premiers critères cités précédemment sont les mêmes. Or, il faut rappeler qu'il s'agit de conditions légales : la discrimination sur la base de l'orientation sexuelle est interdite et un salarié LGBT+ peut refuser une mission dans un pays qui ne garantit pas les droits des personnes LGBT+. Cela pose la question de savoir si la loi est vraiment appliquée dans les entreprises ? 

 

Agir à tous les niveaux

Enfin, le BCG considère qu'il existe quatre degré de maturité des entreprises, des "extérieures au sujet" aux "avant-gardistes" en passant par les "solidaires" et les "alignées sur les standards". Pour déterminer, la catégorie d'une entreprise, il faut observer son attitude à quatre moments clés : le recrutement, les process internes, le développement de carrière et l'affiliation. L'inclusion des LGBT+ implique de s'intéresser à toutes ces dimensions en mettant en oeuvre des actions spécifiques. 

 

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Etude menée auprès de 4 000 personnes dans plus de 10 pays (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Brésil, Etats-Unis, France, Mexique.... ) entre juillet et septembre 2018. Questionnaire auto-administré et disponible sur Internet. 

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