Le japonais TDK prend le contrôle du français Tronics mais Thales en reste actionnaire

Via sa filiale allemande Epcos, le fabricant japonais de composants électroniques TDK a pris le contrôle du français Tronics. Mais il devra partager le pouvoir avec Thales qui a choisi de rester un actionnaire stratégique du spécialiste isérois des Mems professionnels.

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Le japonais TDK prend le contrôle du français Tronics mais Thales en reste actionnaire

Ça y est, le spécialiste isérois des Mems professionnels Tronics est tombé dans l’escarcelle de TDK. Au terme de l’offre publique d’achat lancée le 1er août 2016 par sa filiale allemande Epcos, le fabricant japonais de composants électroniques, qui compte 92 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 10,2 milliards de dollars sur son exercice fiscal clos en mars 2016, détient 72,4% du capital de la PME française. Ce qui représente un investissement de 33,4 millions d’euros. Il dépasse ainsi le seuil de 65,4% du capital qu'il a fixé pour la réalisation de l’opération.

Une pépite des Mems professionnels

Fondée en 1997 à Crolles près de Grenoble, Tronics se spécialise dans les Mems professionnels, composants électromécaniques fabriqués avec les procédés des semiconducteurs pour faire office de détecteurs de mouvement. Cette PME, qui emploie une centaine de personnes et affiche un chiffre d’affaires de 7,8 millions d’euros en 2015, mène deux activités en parallèle : une activité de fonderie, c’est-à-dire de fabrication en sous-traitance de Mems, et une activité de développement de Mems sur mesure pour des applications critiques comme l’avionique, la défense, le médical ou l’instrumentation pétrolière. « C’est une belle pépite avec des compétences reconnues dans les Mems professionnels et des projets de développements prometteurs dans la défense, le médical ou la sécurité, affirme Jean-Christophe Eloy, PDG de Yole Développement, un cabinet français d’analyse de marchés électroniques. Ce segment représente un marché mondial de 200 millions de dollars dominé par les américains Honeywell et Northrop Grumman, et le français Sagem. »

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15 familles de brevets

Tronics se targue de détenir un portefeuille de 25 familles de brevets, fruit d’un investissement cumulé de 15 millions d’euros et de 15 ans de R&D menée étroitement avec le Leti, le laboratoire d’électronique du CEA à Grenoble. C’est sur ce savoir-faire que TDK met la main. « Le groupe japonais est aujourd’hui présent dans les capteurs classiques, notamment à travers l’acquisition en décembre 2015 de Micronas, spécialiste suisse des capteurs magnétiques à effet Hall, mais peu dans les capteurs en technologie Mems, note Jean-Christophe Eloy. L’acquisition de Tronics comble ce manque et lui donne les moyens de conforter son développement stratégique dans les capteurs. »

Thales reste, Safran part

Mais TDK devra composer avec Thales. Comme prévu, l’équipementier français d’électronique de défense, qui détient 20,9% du capital de Tronics, a décidé d’en rester un actionnaire stratégique. Une façon de sécuriser l’accès à une technologie de Mems indispensable aux centrales inertielles de ses systèmes avioniques. Un pacte d’actionnariat est en cours de discussion entre les deux parties. Le conseil de surveillance, où Thales détient un siège, va être remanié pour refléter le nouvel actionnariat.

Thales est entré dans le capital de Tronics lors de l’introduction de la PME en Bourse, sur l’Euronext de Paris, en février 2015. « Mais il collabore de longue date avec Tronics, affirme le patron de Yole Développement. Pour subvenir à ses besoins en Mems. Mais aussi rester au courant de ce qui se passe sur le marché et surveiller ce que font ses concurrents. » Safran, son concurrent français, était en effet actionnaire de Tronics à hauteur de 6,1% du capital, alors qu’il dispose, avec Sagem, d’une source interne de Mems. Mais contrairement à Thales, il semble, lui, avoir choisi de vendre ses parts à TDK.

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