Le Japon envisage d’exclure Huawei et ZTE de l’équipement de ses réseaux 5G, à qui le tour?

Après les Etats-Unis, l’Inde et l’Australie, le Japon envisage à son tour d’interdire les équipements de Huawei et ZTE dans ses réseaux 5G. Et d’autres pays proches de Washington pourraient suivre son exemple. Un effet domino qui fait voler en éclats le rêve de la Chine de dominer la prochaine génération de mobiles.

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Le Japon envisage d’exclure Huawei et ZTE de l’équipement de ses réseaux 5G, à qui le tour?
Les équipements 5G de Huawei risquent d'être interdits à la vente au Japon

Encore une mauvaise nouvelle en perspective pour Huawei et ZTE. Les deux équipementiers chinois des télécoms sont dans le collimateur du Japon. Selon le Nikkei Asian Review, le gouvernement de Shinzo Abe envisage d’interdire leurs équipements dans les réseaux mobiles 5G de l’archipel nippon. Il justifierait sa décision par des préoccupations de sécurité nationale. Grand allié des Etats-Unis, Tokyo reprendrait à son compte les griefs de Washington qui soupçonne Huawei et ZTE de servir de Cheval de Troie à la politique de cyberespionnage du gouvernement chinois.

Pression américaine sur le Japon

Si le projet se confirmait, le Japon serait le quatrième pays après les Etats-Unis, l’Inde et l’Australie à interdire les équipements chinois dans leurs réseaux télécoms. En Corée du Sud, un autre grand allié de Washington, la situation évolue en défaveur de Huawei et ZTE. "L’interdiction y est déjà partielle, confirme à L’Usine Nouvelle Stéphane Téral, analyste au cabinet IHS Markit. SK Telecom, l’un des trois opérateurs télécoms du pays, a décidé de n’utiliser que les équipements de Nokia, Ericsson et Samsung."

Et le boycott pourrait ne pas s’arrêter là. "Il pourrait s’étendre à tous les pays proches des Etats-Unis et qui ne voudront pas se froisser avec Trump, prévoit Stéphae Téral. La pression américaine est très forte sur le Japon. Le gouvernement japonais se trouve dans une position très délicate car Huawei est très impliqué dans la R&D sur 5G dans le pays. On s’oriente vers une nouvelle sorte de guerre froide entre d’un côté la Chine et de l’autre les Etats-Unis et leurs plus proches alliés comme le Japon, la Corée du Sud, l’Australie... A terme, il y aura également des pressions sur l’Europe qui jusqu’à maintenant ne s’est pas manifestée. Le débat est déjà vif en Angleterre où le gouvernement ignore les menaces de Trump, laissant les opérateurs télécoms continuer à déployer et utiliser des équipements chinois."

C’est cet effet domino que Pékin craint le plus. La Chine mise sur la 5G pour asseoir sa domination dans la prochaine génération de mobiles, vue comme le fondement de la révolution de l’Internet des objets. Les boycotts en chaine risquent de faire voler en éclats ce rêve. De quoi priver Huawei et ZTE d’une partie du pactole de la 5G estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars par IHS Markit. Rien qu’en 2022, les investissements d’équipements matériels dans les réseaux 5G atteindraient 11 milliards de dollars selon le cabinet.

Tout le monde perdant à long terme

Dans les réseaux 4G, le poids des équipementiers chinois est imposant mais pas dominant. Selon Stéphane Téral, Huawei reste numéro deux mondial des équipements matériels, au coude à coude avec Nokia, numéro un, et Ericsson, numéro trois. Mais il s’impose comme le leader du marché incluant les logiciels et services. Quant à ZTE, il reste à la traine et vient d’être détrôné au deuxième trimestre 2018 de la quatrième place mondiale par Samsung. Peut-être la conséquence du boycott technologique dont il a fait l'objet de la part du gouvernement américain.

A court terme, le boycott de Huawei et ZTE devrait bénéficier à Ericsson, Nokia et Samsung, selon l’analyste d’IHS Markit. "Mais à long terme, personne n’en bénéficiera car il n’y aura plus d’économies d’échelles qui permettent de réduire les couts de fabrication des équipements que ce soit pour le consommateur ou pour les opérateurs télécoms, prévient-il. L’innovation risque également d'en prendre un coup car il y aura de moins en moins d’échanges entre les différents centres de recherche."

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