Le groupe PSA veut-il supprimer 3 700 postes chez Opel en Allemagne ?

Le chiffre de 3700 suppressions de postes a été évoqué par Wolfgang Schäfer-Klug, le président du conseil d'entreprise d'Opel. Dans un communiqué, le groupe PSA considère que les propos qui "circulent actuellement" sont des "spéculations". 

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Le groupe PSA veut-il supprimer 3 700 postes chez Opel en Allemagne ?
PSA Peugeot Citroën a exigé que 3 700 emplois soient supprimés chez Opel en Allemagne d'ici 2020, selon le président du conseil d'entreprise d'Opel.

3 700. C’est le nombre d’emplois qui devraient être supprimés d’ici 2020 en Allemagne chez Opel dans le cadre du plan présenté par le groupe PSA, a déclaré Wolfgang Schäfer-Klug, le président du conseil d'entreprise du constructeur, lors d'une conférence de presse vendredi 20 avril. Des propos démentis par le groupe PSA dans un communiqué. "À la lumière des spéculations qui circulent actuellement, le groupe PSA confirme qu'Opel, respecte actuellement toutes les conventions collectives existantes en matière de production. Toute autre information n’est que pure spéculation", est-il indiqué dans le document.

Plus tôt dans la journée, Wolfgang Schäfer-Klug a tiré à boulets rouges sur PSA, un peu plus d’un an après le rachat d’Opel auprès de son propriétaire historique General Motors. "On va satisfaire sans problème l'objectif de réduction d'effectifs", a-t-il déclaré, ajoutant que "le problème, c’est que les gens s'enfuient d'Opel". D’après lui, les plans de retraite anticipée et autres mesures ont déjà entraîné la disparition de 2 000 postes sur les sites allemands. Une tendance qui devrait se poursuivre : "Il est probable que 2 000 personnes supplémentaires accepteront des plans de départ", a indiqué Wolfgang Schaefer-Klug vendredi 20 avril.

Et de s’interroger: "Je ne suis pas inquiet quant à la capacité à tenir les objectifs de coûts, l'ampleur du taux d'acceptation (des plans de départ) conduit à se demander s'il va rester suffisamment d'effectifs pour gérer l'actuelle charge de travail". Au total, "ce qui manque, c'est une vision claire de l'avenir pour Opel en termes d'utilisation des capacités de production et de garanties en matière d'emploi au-delà de 2020", a mis en avant le responsable du comité d’entreprise.

Négociations tendues

D’après lui, les propositions du PSA permettent de garantir "seulement 1 800 emplois", sur les plus de 19 000 que compte Opel sur le sol allemand. Ces critiques interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le groupe PSA et le syndicat IG Metall autour de l’avenir de l’outil de production allemand. Le groupe tricolore compte sur un retour de la rentabilité pour sa nouvelle marque allemande d’ici 2020, après deux décennies de pertes. Et veut y parvenir en utilisant des méthodes déjà éprouvées dans les usines françaises produisant les Peugeot, Citroën et autres DS.

Au programme, passage des modèles sur l’architecture PSA, compactage des usines et augmentation de leur taux d’utilisation, recours à des départs volontaires et report des augmentations de salaires. Autant de sujets qui crispent les négociations entre PSA et le puissant syndicat allemand IG Metall. Dernier point de tension en date : le refus de renoncer à une hausse de 4,3% des rémunérations de la part de l’organisation syndicale, en échange de l’attribution d’un nouveau modèle au sein de l’usine d’Eisenach, au centre de l’Allemagne. Celui-ci produit actuellement les modèles Corsa et Adam, mais pourrait ne produire plus qu’un seul véhicule, le Grandland. Une menace pour les 1800 employés.

Le représentant d’IG Metall, Berthold Huber, voit dans cette demande une forme de "chantage" de la part des responsables d’Opel et de PSA. Des échanges qui ont conduit la chancelière allemande Angela Merkel à intervenir en milieu de semaine. Elle a invité le groupe PSA à respecter les engagements pris au moment du rachat d’Opel en 2017. A l’époque, Carlos Tavares avait insisté sur la préservation des emplois et des sites de production, en vertu d’accords existants courant respectivement… jusqu’en 2018 et 2020.

Avec Reuters

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