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Le Grand Paris Express entre dans un tunnel de douze ans

Olivier Cognasse , ,

Publié le

Reportage Si rien ou presque ne sera prêt pour les Jeux Olympiques de 2024, le nouveau planning devrait permettre de boucler l’ensemble des lignes six ans plus tard. Si la gare de La Défense avance plus vite que prévu.

Le Grand Paris Express entre dans un tunnel de douze ans
Le chantier de la future gare d'Arcueil-Cachan sur la future ligne 15 Sud.
© O.C.

Sous un ciel gris et un léger crachin, le chantier de la future gare de Bagneux de la future ligne 15 Sud est en pleine ébullition. Le tunnelier Ellen est entré en action depuis février au départ du puits Robespierre à Bagneux et doit rejoindre avant l’été 2020 la gare de Fort d’Issy-Vanves-Clamart, 3,9 kilomètres plus loin. Mais son travail ne sera pas terminé. Il sera démonté et remonté pour assurer la liaison avec la gare d’Arcueil-Cachan.

A Bagneux, pour construire la future gare Lucie Aubrac qui sera en interconnexion avec la ligne 4 du métro, une tour de 15 étages a été détruite. Aujourd’hui, les ouvriers s’attèlent à assurer l’étanchéité de la dalle. Quant aux quais, ils se trouveront à 33 mètres de profondeur.

Une vingtaine de tunneliers en 2020

Quelques kilomètres plus loin, autour de la gare Arcueil-Cachan du RER B, le chantier de la future gare de ligne 15 Sud, la plus importante de la ligne, est un vaste trou, avec un convoyeur pour sortir les déblais et où l’on aperçoit une partie du tunnelier, qui entrera en service en avril pour rejoindre dans un an, la gare de Villejuif-Louis Aragon. Un trajet de 3,4 km au rythme de 16 mètres par jour.

Ce sera le quatrième tunnelier en activité sur les chantiers du Grand Paris Express, mais le rythme va s’accélérer. "Une quinzaine de tunneliers  seront en service en fin d’année, prévient Bernard Cathelain, membre du directoire de la Société du Grand Paris (SGP).
Et le pic sera atteint mi-2020 avec une vingtaine de machines. Ce qui implique un programme intense de formation du personnel. Un tunnelier fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il monopolise environ 120 personnes."

A Arcueil, le voisinage n’est pas prêt de retrouver sa tranquillité. En pleine activité, un ballet de 150 camions par jour est prévu. Mais il faut bien une gare capable d’accueillir 100 000 voyageurs par jour à l’horizon 2030 quand la ligne 15 sera totalement bouclée jusqu’à la Défense, contre 40 000 à 50 000 usagers par jour en moyenne pour l’ensemble des gares. Les quais se situeront à 25 mètres de profondeur, mais les parois moulées descendront à 50 mètres en raison de la complexité du sol.

Déplacer la future gare de la Défense

Car malgré les informations alarmistes diffusées dernièrement par la SGP sur les délais pour construire la gare sous les Quatre Temps de la Défense, des solutions doivent être trouvées pour éviter un chantier de "200 mois". "Quand on voit les difficultés pour réaliser la gare du RER Eole sous le CNIT, elles seront deux fois plus importantes si on garde ce projet, prévient Bernard Cathelain. Car jusqu’ici nous n’avions pas le retour d’expérience. Nous faisons de la reconnaissance. Mais l’objectif est toujours 2030, ce qui peut nous conduire à déplacer de quelques centaines de mètres son emplacement."

2030 reste donc une date quasi-définitive pour l’ensemble des lignes, d’après le nouveau planning défini par le Président du directoire, Thierry Dallard et ses équipes. Pour 2024, une partie de la ligne 16 jusqu’au Bourget doit être prête, de même que le prolongement de la ligne 14 du métro parisien, au sud jusqu’à Orly et au Nord jusqu’à Pleyel. Bernard Cathelain évoque même la possibilité d’un tronçon de la 17 entre Le Bourget et l’aéroport de Roissy, si on connait l’emplacement du terminal T4 suffisamment à l’avance.

Mi-2025, c’est donc la ligne 15 Sud qui entrera en service et sans doute la partie de la 16 jusqu’à Clichey-Montfermeil. La ligne 18 entre Massy et Orsay pourrait être prête en 2026, et la partie Massy-Orly un an plus tard. Et d’ici 2030, les autres tronçons seront terminés.

Mais le respect du planning doit se faire en réalisant 10% d’économies sur le budget de 26 milliards d’euros – sommes dont la SGP assure directement la maîtrise d’œuvre. Une première piste est de produire les voussoirs en béton fibré comme dans de nombreux pays anglo-saxons, avec des aiguilles métalliques. "Cela permet d’économiser deux à six millions d’euros tous les 10 kilomètres", indique-t-on à la SGP. A ce rythme, il faudra trouver encore beaucoup d’autres solutions… pour atteindre les 2,6 milliards d’euros.

 

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