Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le grand bond en avant du cloud chinois

, , , ,

Publié le

En état de léthargie, l’informatique dématérialisée chinoise se réveille de sa torpeur. Les Alibaba, Huawei ou Ucloud s’attaquent à l’international. De quoi bousculer les géants américains.

Le grand bond en avant du cloud chinois
Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir Legende Noir
© L’offre de Huawei Technologies a été dévoilée et traduite en cinq langues lors du Huawei cloud congress 2015, en septembre à Shanghai.

Les Chinois s’engagent à leur tour dans la bataille mondiale du cloud. Au front, figurent des géants de l’internet comme Alibaba, des équipementiers du numérique comme Huawei Technologies, et même des start-up comme Ucloud. Pour tous, un même mot d’ordre : battre les américains Amazon, Microsoft, IBM et Google, qui dominent aujourd’hui le marché.

En tête de l’offensive figure ­Alibaba. Le géant chinois de ­l’e-commerce est présent depuis six ans dans le cloud computing à travers sa filiale Aliyun, l’équivalent d’Amazon Web Services chez Amazon. Mais jusqu’ici, il se cantonnait à son marché local. Avec succès. En 2014, il gagne la bataille en Chine en se hissant à la première place avec, selon IDC, 23 % du marché, devant les deux plus grands opérateurs télécoms du pays, China Telecom et China Unicom. Le moment est venu de s’attaquer à l’international en s’installant sur les terres d’Amazon, les États-Unis, le plus gros marché du cloud. C’est dans la Silicon Valley qu’il ouvre, en mars?2015, son premier datacenter en dehors de la Chine et, en octobre, son second outre-Atlantique. Une première étape d’un plan d’expansion mondiale. Avec, à la clé, un investissement de 1?milliard de dollars et des projets de datacenters en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Simon Hu, le président d’Aliyun, répète haut et fort ses ambitions : « Nous voulons détrôner Amazon dans quatre ans, tant en nombre de clients qu’en technologies ou en taille mondiale. »

Encore discrets, les autres géants chinois de l’internet comme Tencent, Sina ou Baidu nourrissent les mêmes desseins. Avec la même tactique : s’attaquer d’abord aux États-Unis et à Amazon Web Services qui s’arroge, selon Synergy Research, 29 % du marché mondial, devant Microsoft (12 %), IBM (7 %) et Google (6 %). Ils ne devraient pas tarder à passer à l’action.
 

Une offre présentée en fanfare

C’est ce que Huawei Technologies vient de faire. Le premier équipementier chinois de télécoms a osé l’impensable : entrer dans le cloud public. Et son offre de services ne s’arrête pas aux couches d’infrastructure et de plate-forme. Elle s’étend à la couche de logiciel à la demande via une place de marché, à l’instar de ce que font Amazon Web Services ou IBM. Elle est commercialisée en Chine depuis juillet?2015. Mais c’est lors de l’événement HCC à Shanghai, en septembre?2015, qu’elle a été présentée en grande fanfare devant 20 000 invités venus du monde entier. Et pour le faire savoir à toute la planète, la conférence plénière était traduite en cinq langues simultanées, dont l’anglais, l’espagnol, le russe et l’arabe. « Nous avons l’ambition de devenir un leader mondial du cloud public et nous avons tous les atouts pour battre les acteurs issus du monde de l’internet », clame Eric Xu, le CEO du groupe, en allusion à des compétiteurs comme Amazon Web Services et Google aux États-Unis, Alibaba et Baidu en Chine. Li Yang, le directeur marketing, se montre plus explicite : « Notre objectif sur le marché chinois est de nous hisser dans le Top 3 en 2020, avec un chiffre d’affaires de 1,2?milliard de dollars. »

Le pari de Huawei Technologies est osé. Il devient concurrent de ses clients à qui il fournit ses équipements de réseaux, de stockage, de serveurs et de logiciels pour la construction de leurs plates-formes de cloud public. Ce que ses concurrents Cisco, Dell ou HP évitent, se contentant de jouer le rôle de plombiers. Les dirigeants du constructeur chinois sont conscients des risques. Mais pas question de s’enfermer en Chine. Pour ménager les clients étrangers, son offre sera commercialisée à l’international par le biais des opérateurs télécoms locaux. Un accord a déjà été conclu avec l’opérateur télécoms allemand historique Deutsche Telekom.

L’offensive chinoise implique aussi des start-up pure players. Ucloud en est un bel exemple. Fondé en 2012 par des anciens de Tencent, il joue d’emblée la carte internationale, avec un pied aux États-Unis et un autre en Chine. Il a levé 60?millions de dollars de fonds sino-américains et envisage de s’introduire en Bourse, sur le Nasdaq de New York, à l’instar de ses compatriotes Weibo, JD.com ou Alibaba.
 

À l’assaut du cloud mondial

Si les Chinois se lancent à l’assaut du cloud mondial, ce n’est pas parce que le marché local est saturé, loin s’en faut. Paradoxalement, bien qu’elle soit un géant des mobiles, avec un parc de 1,4?milliard de terminaux, selon Gartner, la Chine reste un nain dans l’informatique à la demande. Selon IDC, le marché local du cloud – tous segments confondus – a atteint seulement 900?millions de dollars en 2014. À peine 3 % du marché américain ! « La Chine n’a pas encore le même niveau de maturité dans le numérique que les États-Unis ou l’Europe, analyse Li Yang. Mais, avec les programmes du gouvernement qui incitent les entreprises à améliorer leur compétitivité par le numérique, elle va vite rattraper son retard. »

Avec l’initiative « Internet Plus », lancée en mars?2015, Pékin encourage la migration vers le cloud. L’objectif est aussi de favoriser le développement de l’offre locale. Le cloud chinois s’est d’abord développé de façon endogène, à l’écart de la compétition mondiale. La donne est en train de changer avec l’arrivée récente des géants américains IBM, Microsoft et Amazon Web Services, et du japonais NTT. De quoi contribuer à réveiller le cloud chinois de sa torpeur. Selon IDC, le marché local devrait dépasser 2?milliards de dollars en 2018. 

Les Américains ont déjà pris pied en Chine


 

Le marché du cloud chinois, aujourd’hui ridiculement petit, offre un potentiel énorme. De quoi susciter la convoitise des géants américains. Trois des « big four » du cloud y ont déjà pris pied dès 2012 : IBM, Microsoft et Amazon Web Services (Google étant toujours interdit en Chine). Pour contourner les barrières strictes à l’entrée, ils ont dû s’allier à des partenaires locaux : Tencent pour IBM, 21Vianet pour Microsoft et Sinnet pour Amazon Web Services. Par cette ouverture, Pékin espère stimuler son marché local et aider l’industrie locale du cloud à se développer plus rapidement. Par rapport aux acteurs chinois, dont la couverture mondiale reste limitée et l’offre de services rudimentaire, les leaders yankees disposent d’une grande avance qui explique leur ascension rapide en Chine. Selon IDC, Microsoft et Amazon Web Services ont réussi en 2014 à se hisser dans le Top 5 local, respectivement à la quatrième et à la cinquième place, derrière Alibaba, China Telecom et China Unicom. 

Un pactole convoité

Un marché annuel de 20?milliards de dollars dans le monde

54 % détenus par les américains Amazon Web Services, Microsoft, IBM et Google

Amazon Web Services, leader avec 29 %
 

Source : Synergy Research

 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle