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Le gouvernement rappelle à Renault les "lignes rouges" à ne pas franchir

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Publié le , mis à jour le 23/01/2013 À 18H01

Document Dans un document remis aux syndicats de Renault et que l'Usine Nouvelle s'est procuré, la direction du constructeur a bien indiqué qu'il ne pouvait pas garantir de ne pas fermer de sites en cas d'échec des négociations compétitivité actuellement en cours. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici et le ministre du Travail Michel Sapin ont rappelé ce mercredi matin que Renault s'est engagé à ne procéder à aucun licenciement et à ne pas fermer d'usines.

Le gouvernement rappelle à Renault les lignes rouges à ne pas franchir © Matignon

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Carton jaune pour Renault. Certains membres du gouvernement ont tenu ce mercredi 23 janvier à rappeler au constructeur français ses engagements. La veille, des représentants du personnel ont en effet révéle que Renault aurait menacé de fermer deux sites en cas d'échec des négociations compétitivité actuellement en cours. Le groupe a immédiatement démenti, indiquant "que l'objet de ces négociations est, en cas d'accord avec les partenaires sociaux, de ne pas fermer de sites et de ne pas licencier".

Le directeur des opérations France, Gérard Leclerq, a en outre expliqué dans une interview accordée à L'Usine Nouvelle que Renault n'a pas "de plan B en cas de non-signature, car cela montrerait un manque de confiance dans les négociations", que le constructeur souhaite boucler d'ici début février.

Pourtant, en conclusion du document remis par la direction de Renault aux représentants syndicaux hier en ouverture de négociations, et que L’Usine Nouvelle s’est procuré, la direction réaffirme que faute d’accord, elle devra fermer des sites, au pluriel, et que l'engagement de ne pas faire de plan social (PSE) "ne serait pas tenable".

Ci-dessous : un extrait du document remis par la direction de Renault aux représentants syndicaux et que L'Usine Nouvelle s'est procuré :

Rappel à l'ordre

Mais pour le gouvernement, qui s'était montré plutôt compréhensif envers Renault en comparaison avec le sort réservé à PSA, le constructeur - dont l'Etat est le principal actionnaire - ne doit surtout pas franchir "deux lignes rouges", a rappelé le ministre de l'Economie Pierre Moscovici sur RMC, "pas de licenciement d'une part et, deuxièmement, qu'il n'y ait pas de fermeture de sites".

De son côté, le ministre du Travail a condamné le constructeur sur la forme. "Il ne doit pas y avoir de chantage, il doit y avoir une négociation ferme mais loyale, il y a des solutions et je suis persuadé que cette négociation aboutira à un accord", a-t-il insisté à l'antenne de RTL.

Selon l'AFP, l'entourage du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déjà averti Renault la veille, en soulignant que les pourparlers ne devaient pas "s'apparenter à du chantage".

 

 

Dans l'après-midi, le président du Front de Gauche, André Chassaigne, a indiqué à l'AFP qu'il allait demander une audition du PDG de Renault, Carlos Ghosn, de plus en plus critiqué pour sa gestion du groupe.

"Par sa note, la direction de Renault met en oeuvre par anticipation ce que d'autres veulent mettre en oeuvre demain à partir de l'accord social signé en réalité par une minorité de syndicats", a estimé le député PCF du Puy-de-Dôme, faisant référence à l'accord emploi conclu le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats, mais rejeté par FO et la CGT.

"Le patronat, notamment sous l'influence du Medef, instrumentalise la signature de l'accord social et la perspective du projet de loi pour faire du chantage et considérer que la flexibilité est la réponse pour pouvoir résoudre les problèmes de compétitivité et de développement industriel dans notre pays", a encore commenté André Chassaigne

Julien Bonnet, avec Cécile Maillard

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