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Quotidien des Usines

Le gouvernement n'autorisera la reprise de l'usine de Mourenx de Sanofi qu'à certaines conditions

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le , mis à jour le 10/07/2018 À 09H04

Accusé de pollution et de "rejets toxiques" massifs, Sanofi a dû stopper la production, dès le 9 juillet au soir, de son usine de Mourenx (Pyrénées Atlantiques) qui fabrique l'anti-épileptique Dépakine, afin de régler la situation au plus vite. Le gouvernement veille et n'autorisera la reprise qu'à certaines conditions.

Le gouvernement n'autorisera la reprise de l'usine de Mourenx de Sanofi qu'à certaines conditions
L'usine de Sanofi à Mourenx, dans les Pyrénées Atlantique, fabrique la Dépakine
© Sanofi

A Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), la production de la Dépakine, l'anti-épileptique phare de Sanofi, s'est finalement arrêtée dès ce 9 juillet, a indiqué Sanofi dans un bref communiqué publié le jour même en début de soirée. "Sanofi Chimie décide d’engager dès aujourd’hui l’arrêt de la production de son site de Mourenx, et d’opérer les améliorations techniques annoncées et indispensables à un retour à la normale. Par ailleurs, Sanofi Chimie a diligenté une enquête pour mieux comprendre les causes et l’historique de la situation", indique le numéro un français de la pharmacie.

Une décision dont "prend acte" le gouvernement, indiquent dans un communiqué commun les ministres de la Santé et de l'Environnement le 10 juillet. Ces derniers ont décidé de s'emparer du dossier. "Toutes les conditions en matière d’émissions et d’absence de risques pour les salariés et les riverains devront être réunies pour que l’État puisse autoriser une reprise de l’activité du site, indiquent-ils. Des prélèvements et analyses seront effectués par des laboratoires indépendants sur le site et dans son voisinage pour s’en assurer."

Deux procédures en parallèle

Rappel des faits. L'association France Nature Environnement comptait porter plainte ce 9 juillet contre cette usine du groupe pharmaceutique située dans le bassin de Lacq, avait révélé franceinfo le 8 juillet. Selon le média, l’usine aurait en effet "rejeté, en avril dernier, jusqu’à 190 000 fois la norme autorisée de bromopropane, une substance inodore mais classée comme cancérigène mutagène et avec des effets susceptibles d’altérer la fécondité". Cinq polluants, susceptibles d’aggraver la pollution atmosphérique et de provoquer des problèmes respiratoires chez les habitants, seraient suspectés. Un rapport de la Dreal a ainsi été révélé en parallèle par Mediapart.

Le gouvernement confirme dans son communiqué. "En avril 2018, l’État a mis en demeure l'industriel, par arrêté préfectoral, de respecter les valeurs limites d’émission de différents composés organiques volatils (COV) sous 3 mois sous peine de fermeture administrative, précise le communiqué des ministres. Cette procédure faisait suite à un contrôle de l’inspection des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui avait révélé une situation de dépassement inacceptable des normes de rejets pour plusieurs composés organiques volatils et notamment pour le bromopropane. Les mesures et analyses effectués immédiatement ont établi que ces dépassements ne présentaient pas de dangers pour les riverains à court terme."

Par ailleurs, cette usine "fait aussi l’objet d’une procédure concernant ses rejets dans l’environnement de valproate de sodium, principe actif de la Dépakine. Dans ce cadre, le gouvernement a saisi en juin à la fois l’ANSES, l’ANSM et l’INERIS pour évaluer les données transmises par SANOFI." Leurs conclusions seront rendues jeudi 12 juillet, "ce qui permettra à l’État de fixer des prescriptions supplémentaires à l’industriel", indiquent les ministres.

Une étude d'impact sanitaire diligentée par Sanofi

Interrogé par L’Usine Nouvelle, Sanofi confirmait le 9 juillet au matin avoir identifié fin 2017, à l’occasion d’analyses dans le cadre d’un projet d’investissement, "un problème de dépassement localisé des seuils de rejet de vapeur de solvants, en particulier bromopropane, sur notre site de Mourenx. Le bromopronane est un solvant couramment utilisé dans l’industrie, et notamment pour la fabrication du valproate de sodium sur le site de Mourenx." Or "ces rejets localisés se sont révélés supérieurs aux concentrations autorisées par l’arrêté préfectoral d’exploitation applicable au site", reconnaissait Sanofi.

Le groupe estimait avoir depuis procédé aux communications nécessaires avec les Services concernés de l’Etat, et "diligenté une étude d’impact sanitaire auprès d’un organisme indépendant qui a conclu que les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation française".

Les associations mobilisées

En parallèle, dans son usine, "un plan d’actions a immédiatement été engagé par le site qui a mis en place une unité de collecte et de traitement des rejets afin de les réduire significativement, précisait Sanofi ce lundi matin. Cette unité est en cours de démarrage." La période annuelle de maintenance avait ainsi été avancée au 13 juillet, et devait permettre de "procéder à des analyses et des installations d’équipements complémentaires pour continuer à réduire drastiquement les rejets associés à l’activité du site", selon Sanofi.

Les associations, quant à elles, demanderaient à ce que la justice tranche sur l’impact présenté par ces rejets pour la santé, selon France Info. Une réunion serait d’ailleurs prévue mercredi 11 juillet entre les associations, les élus et les services de l'état. "Sanofi Chimie est mobilisé pour agir avec la plus grande attention et travailler en étroite relation avec les représentants des Autorités et des organisations locales", assure pour sa part le premier groupe pharmaceutique français. Devant le tollé suscité par l'affaire, le groupe semble enfin pris la mesure de la situation et compris qu'il se devait d'agir encore plus vite, d'où la fermeture immédiate annoncée. Il n'y aura pas de chômage technique, et la production devrait reprendre mi-août, indique Sanofi.

Sanofi est le premier industriel à s’être implanté sur la plate-forme SOBEGI (devenue Chem’Pôle 64) dès sa création en 1975, explique l'industriel sur son site internet. L’unité de Mourenx, d'une cinquantaine de salariés, est historiquement rattachée à l’établissement de Sisteron situé dans les Alpes-de-Haute-Provence.

La Dépakine, médicament anti-épileptique, est par ailleurs mise en cause pour ses effets sur les enfants des femmes qui l'ont pris pendant leur grossesse.

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