Economie

Le gouvernement n'a pas convaincu les Pigeons

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Face à la fronde des "Pigeons entrepreneurs", le gouvernement s’est engagé à revoir sa copie du PLF2013. Toutefois, business angels et autres capital-investisseurs restent sceptiques et certains réclament la remise à zéro du projet de budget.

Le gouvernement n'a pas convaincu les Pigeons © D.R.

Une petite semaine. C’est le temps record qu’il a fallu aux "Pigeons entrepreneurs" -ces créateurs de start-up révoltés contre le projet de loi de finances (PLF) 2013 présenté le 28 septembre- pour faire plier le gouvernement.

Après avoir rencontré jeudi 4 octobre un groupe de chefs d’entreprises, c’est en effet ce que laissaient entendre les ministres de Bercy. Ces derniers prenaient toutefois toutes les précautions pour ne pas parler de "reculade". Reste que cette réunion a vraissemblablement sonné le glas du projet de relever la fiscalité s’appliquant plus-values de cession, principale revendication des Pigeons.

Un revirement surprenant

Pourtant, la partie n’était pas gagnée d’avance, la taxation égale des revenus du travail et du capital faisant partie du programme de campagne du candidat Hollande. Au lendemain de cette annonce, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly était ainsi particulièrement étonné de ce revirement brutal.

Mais avec une situation critique sur le front de l’emploi, le gouvernement a sans doute vu dans la fronde de ces volatiles 2.0… un oiseau de mauvais augure. Signe que ce sujet n'est définitivement pas pris à la légère par Bercy, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a laissé la porte ouverte ce lundi 8 octobre sur France 2 à une modification supplémentaire de la réforme sur la taxation des plus-values sur les cessions d'entreprises.

Les chefs d'entreprises sceptiques

Il faut dire que les premières annonces d'assouplissement de ces mesures avaient reçu un accueil pour le moins mitigé de la part des entrepreneurs. La diffusion de son texte publié sur le site de La Tribune "Une loi de finances anti start-up"  ayant largement contribué au succès du mouvement des Pigeons, Jean-Christophe Chamboredon, patron du fonds des entrepreneurs internet ISAI, a récidivé, décrétant que "la fin de partie n'est pas sifflée".

Rappelant qu'en l'état actuel, "le PLF 2013 est extrêmement dangereux pour l'écosystème des start-ups", il y annonce qu'il a accepté "de devenir le porte-parole officiel des Pigeons" aux côtés d'Olivier Mathiot, co-fondateur de Price-Minister. Et pour cause, les Pigeons ne sont pas prêts de retouver leurs nids.

"La réponse apportée par le gouvernement en fin de semaine aux mouvements des Pigeons est clairement plus une "pirouette" qu'une prise en compte de l'immense différence qu'il y a entre le financement en fonds propres de start-up et l'achat suivie d'une revente d'actions de "vieilles sociétés" cotées en bourse", écrit Jean-Chrisophe Chamboredon avant d'énumérer les points d'incompréhension qui subsistent entre entrepreneurs et pouvoirs publics.

"De simples aménagements mènent à l'impasse"

Olivier Duha, président de CroissancePlus et présent lors de la réunion à Bercy jeudi 4 octobre, est également d'avis que la réponse du gouvernement est loin d'être à la hauteur. Selon lui, elle fait même apparaître un certain nombre de "contre sens économiques". Il cite ainsi l'exemple du projet d'abattement en fonction du taux de détention. "Si un entrepreneur génère 10 millions d'euros de chiffres d'affaires et 500 emplois au bout de cinq ans, et un autre au bout de dix ans, ce dernière bénéficiera d'une fiscalité plus avantageuse, alors même qu'il aura mis plus de temps pour le même résultat", explique-t-il.

Face à ce type d'incohérences, il réclame une remise à plat du projet. "De simples aménagements mènent à l'impasse", insiste Olivier Duha. Il prévient : "Ce que le gouvernement doit garder à l'esprit, c'est qu'en affaiblissant le système entrepreneurial, il prend le risque d'une contraction de toute l'économie". Une équation complexe à résoudre pour les ministres concernés, qui, s'ils annulent leur projet, ne pourront plus faire mine de ne pas avoir reculé.

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