Le gouvernement face à son premier défi énergétique

L’équipe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault va devoir se positionner sur le sujet, toujours brulant, des tarifs du gaz. Ces  derniers vont progresser pour refléter la flambée globale des cours du pétrole depuis début 2012.

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Le gouvernement face à son premier défi énergétique

Le 1er juillet 2012, les tarifs du gaz pour les particuliers devraient mécaniquement augmenter. Sur demande de GDF Suez (qui applique une règle de calcul légale) et après avis de la commission de régulation de l’énergie (CRE), le gouvernement devra avaliser une hausse des prix de 2 à 5 %. Elle reflète les coûts d’acheminement du gaz et la hausse de cours de la matière première.

Mais entre la mécanique théorique et l’application, il y a une marche importante que le gouvernement va devoir franchir avec habilité. A la sortie des élections législatives, le ministère de l’Environnement et de l’Energie, de Nicole Bricq devra expliquer une situation paradoxale. Alors que les prix de l’essence baissent et que le baril de pétrole semble s’installer sous les 100 dollars, les 10 millions de foyers chauffés au gaz vont subir une envolée des prix.

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Le gaz, une histoire de formule de calcul
Les prix du gaz sont calculés pour refléter les coûts d’approvisionnement de GDF Suez. La société s’alimente, d’une part, sur des contrats à long terme indexés sur le prix du  pétrole et, d’autre part, sur les marchés spots à des coûts bien plus faibles. La formule de calcul a été revue à de multiples reprises pour refléter les prix bas des prix spots. Ces derniers représentent désormais plus de 25 % du calcul, contre seulement 10 % auparavant.
Tout s’explique ! La formule de calcul doit refléter la hausse générale des cours du pétrole sur l’ensemble du premier semestre, et non sur la situation présente. Une lourde charge pour les 4 millions de foyers en précarité énergétique, c’est-à-dire ceux qui dépensent plus de 10 % de leurs revenus dans l’énergie.

Face aux augmentations des tarifs, le précédent gouvernement avait choisi de ne pas respecter la « règle du jeu ». En janvier 2011, la hausse avait été limitée à 4,4 % au lieu des 10 % prévus. Quant à l’augmentation de mars, elle avait été tout simplement gelée. Des décisions successives qui ont provoqué l’ire de GDF Suez et d’autres fournisseurs comme Direct Energie… Ces derniers ont déposé un recours au Conseil d’Etat. En faisant les mêmes choix que François Fillon, le nouveau gouvernement risque d’entrainer de nouveaux recours… et d’écorcher encore la bourse de GDF Suez. Ce dernier a perdu 290 millions d’euros en France au second semestre 2011.

Lors du débat sur la transition énergétique prévu pour le second semestre 2012, le calcul des prix du gaz pour les particuliers devrait être repensé. Pendant la campagne électorale, François Hollande avait proposé la mise en place d’une tarification progressive pour différencier la consommation de base de celle des usages de confort.

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