Le gouvernement espagnol gracie des séparatistes catalans

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé mardi lors d'une allocution télévisée la grâce de neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés depuis qu'ils ont été condamnés pour leur implication dans le référendum d'autodétermination d'octobre 2017.

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Le gouvernement espagnol gracie des séparatistes catalans
Le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez (photo) a annoncé mardi lors d'une allocution télévisée la grâce de neuf dirigeants indépendantistes catalans emprisonnés depuis qu'ils ont été condamnés pour leur implication dans le référendum d'autodétermination d'octobre 2017. /Photo prise le 22 juin 2021/REUTERS/Juan Medina

Les neuf dirigeants concernés par cette grâce conditionnelle, qui purgent actuellement des peines allant de neuf à 13 ans de prison, restent en revanche interdits d'occuper une fonction publique. Ils devraient être libérés de prison après la publication de cette décision au Journal officiel.

Pedro Sanchez avait précisé que cette grâce - à laquelle une majorité d'Espagnols restent opposés - constituait un signe de bonne volonté et un premier pas vers la résolution du conflit politique entre les autorités de Madrid et la province prospère du nord-est de l'Espagne.

L'un des indépendantistes gracié, Raul Romeva, qui avait écopé de 12 ans de prison en tant qu'ancien responsable des Affaires étrangères pour la Catalogne, a déclaré que la province continuerait son combat pour l'autodétermination.

"En graciant neuf personnes, ils ne masqueront pas la répression qu'ils continuent d'exercer contre des centaines de séparatistes. Nous n'abandonnerons pas le combat: amnistie et auto-détermination", a-t-il écrit sur Twitter.

A Madrid, l'opposition conservatrice a annoncé qu'elle comptait contester cette grâce devant la justice tandis que des milliers de séparatistes ont manifesté lundi à Barcelone, jugeant l'initiative du gouvernement socialiste insuffisante et réclamant un nouveau référendum d'indépendance.

Les neuf responsables politiques et militants graciés avaient été condamnés en 2019 pour sédition et utilisation inappropriée des fonds publics lors de l'organisation du référendum d'autodétermination de la Catalogne en octobre 2017.

Bien qu'interdit par Madrid, ce scrutin avait été suivi d'une déclaration d'indépendance de courte durée de la province, déclenchant une crise politique sans précédent depuis des décennies en Espagne.

Les autorités catalanes réclament toujours l'organisation d'un nouveau référendum d'indépendance sous l'égide des autorités nationales.

(Reportage par Inti Landauro, Joan Faus et Luis Felipe Castilleja ; version française Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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