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L'Usine Agro

Le gouvernement demande des sanctions dans l'affaire Lactalis

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Publié le , mis à jour le 12/01/2018 À 06H58

Le gouvernement a demandé jeudi 11 janvier des sanctions dans l'affaire de la contamination par des salmonelles de lait pour bébé Lactalis, qui vire à la catastrophe industrielle pour le premier groupe laitier français et jette une ombre sur toute une filière.

Le gouvernement demande des sanctions dans l'affaire Lactalis
Le gouvernement a demandé jeudi des sanctions dans l'affaire de la contamination par des salmonelles de lait pour bébé Lactalis, qui vire à la catastrophe industrielle pour le premier groupe laitier français et jette une ombre sur toute une filière. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau
© CHARLES PLATIAU

"Cette affaire est grave", a déclaré jeudi 11 janvier le ministre de l'Economie et des Finances à la presse. "Elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés." Cette affaire du lait pour bébé Lactalis contaminé par des salmonelles vire à la catastrophe industrielle pour le groupe laitier et éclabousse toute la filière. Cette crise touche aussi la grande distribution, dont les principales enseignes (Leclerc, Auchan, Carrefour, Système U) ont reconnu avoir écoulé des produits Lactalis malgré les rappels successifs de ces produits depuis début décembre.

Bruno Le Maire s'en est remis pour les sanctions à la justice, qui a ouvert le 22 décembre une enquête préliminaire pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "inexécution d'une procédure de retrait".

Bruno Le Maire et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, recevaient ce jeudi en fin d'après-midi les acteurs de la grande distribution "pour faire un point sur la situation et les rappeler à leurs obligations".

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) effectuera à partir de la semaine prochaine 2.500 contrôles supplémentaires. Les 2.500 contrôles déjà effectués depuis le 26 décembre par la DGCCRF ont permis d'identifier 30 grandes surfaces, 44 pharmacies, deux crèches, 12 hôpitaux et trois grossistes qui détenaient encore des boîtes de lait infantile suspects, a précisé Bruno Le Maire.

Chômage partiel à Craon

Stéphane Travert avait auparavant dénoncé, lors d'une autre conférence de presse, un "dysfonctionnement majeur" et "une défaillance sur l'ensemble de la distribution". "Il importe que (...) les industriels, les intermédiaires, les distributeurs, fassent toute la lumière sur les défaillances qui ont été constatées", a-t-il dit. "Nous regarderons sur la grande distribution comment les choses doivent évoluer."

Le PDG d'Intermarché, Thierry Cotillard, a pour sa part mis en cause une "gestion chaotique" de la crise par Lactalis. Il a annoncé mercredi qu'Intermarché arrêterait "définitivement" de commercialiser des laits pour bébé Lactalis de marque Milumel et bloquerait en caisse tout produit objet d'une mesure de retrait.

Le président de l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, Alain Bazot, a jugé "stupéfiants mais pas étonnants" les dysfonctionnements constatés. Interrogé par plusieurs médias, il a dénoncé des "défaillances dans le suivi" des décisions de rappel des produits suspects et "les moyens indigents" de la DGCCRF.

Des critiques rejetées par Bruno Le Maire, selon qui l'Etat a pleinement assumé ses responsabilités, notamment en se "substituant à l'entreprise défaillante" Lactalis - dont il recevra la direction vendredi - pour ordonner le 9 décembre le retrait de 625 lots de lait. Un premier rappel de douze lots avait déjà été décrété le 2 décembre et le dernier des trois rappels réalisés, ordonné le 21 décembre, a concerné 720 lots.

De son côté, le groupe laitier a assuré avoir collaboré avec les services de l'Etat. "Depuis le début (...) nous avons travaillé en parfaite collaboration avec les services de l'Etat (...) Si l'enquête préliminaire qui a été ouverte venait à montrer qu'effectivement il y avait des responsabilités, notre groupe a agi depuis le début comme un groupe responsable et donc bien entendu il continuera à l'être", a déclaré Michel Nalet, porte-parole de Lactalis, lors d'un point presse jeudi après-midi.

"Nous n'avons pas cessé de travailler et nous continuons à travailler pour trouver toutes les explications sur cet événement grave", a-t-il assuré. Lactalis a annoncé la mise en chômage partiel de 250 salariés de son usine de Craon (Mayenne), où a été fabriqué le lait contaminé et qui est à l'arrêt depuis le 8 décembre.

Transparence

La collecte de lait a été maintenue et répartie sur d'autres sites du groupe, a précisé Michel Nalet, en expliquant que la situation n'avait pas d'impact pour les producteurs de lait qui travaillent avec le groupe familial.

Bruno Le Maire a reconnu que la filière laitière et tout un pan de l'industrie agroalimentaire française risquaient d'être affectés, au-delà de Lactalis. Plus de la moitié des 14.500 tonnes de lait concernées par le rappel ont été exportées. "Il y a des enjeux à l'exportation, notamment sur le lait infantile en Chine", a-t-il déclaré. "Je pense que la meilleure réponse c'est la transparence sur les décisions que nous prenons et la rigueur des décisions que nous prenons."

"Je ne regrette pas d'avoir frappé aussi fort le 9 décembre parce que c'est à la fois une garantie pour la sécurité sanitaire des consommateurs (...) et un gage de confiance vis-à-vis de nos partenaires étrangers", a ajouté le ministre. "Les enjeux sur la réputation de la filière agroalimentaire française, sur les exportations et donc sur l'emploi (...) sont suffisamment importants pour (...) qu'on aille jusqu'au bout de cette affaire, qu'on établisse les responsabilités de chacun."

Selon Santé publique France, l’agence nationale de santé publique, 35 nourrissons ayant consommé des laits Lactalis venant du site de Craon ont été identifiés comme ayant été contaminés par des salmonelles entre la mi-août et le 2 décembre 2017, dans dix régions différentes.

Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis la mise en œuvre du rappel, précise la Direction générale de la Santé.

Pour Reuters, Julie Carriat, Gus Trompiz, Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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