Le GIEC réclame une révolution écologique pour sauver la planète

Le dernier rapport du GIEC publié ce lundi 8 octobre 2018 à Incheon, en Corée du Sud, laisse encore quelques espoirs aux Terriens pour sauver leur planète, en limitant les hausses des températures à 1,5°C.

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Le GIEC réclame une révolution écologique pour sauver la planète
Le mauvais exemple donné par Donald Trump en se retirant de l'Accord de Paris n'est pas partagé par tous les Américains.

Après quelques âpres discussions, notamment avec l’Arabie Saoudite, pour valider le texte du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport spécial sur le réchauffement planétaire de 1,5°C, qui a été approuvé par les gouvernements, est publié lundi 8 octobre à 10 heures à Incheon en Corée du Sud (3 heures du matin en France). "Ce sera une contribution scientifique clé pour la conférence de Katowice [COP24 en décembre prochain, ndlr] sur le changement climatique", indique le GIEC. Notamment pour analyser ce qui s’est passé au cours de ces trois dernières années.

Le premier producteur de pétrole ne souhaitait pas voir rappelé les insuffisances des engagements sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour maintenir la hausse des températures à 1,5°C. Il a finalement levé son blocage en sachant que son nom serait indiqué en note de bas de page. Pas la meilleure publicité pour un pays…

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Plus de 6 000 études consultées

Le rapport spécial du GIEC a bien mis l’accent sur la différence des conséquences entre une hausse de 1,5 °C et un scénario à + 2°C. Or, pour arriver à maintenir une augmentation de 1,5°C en 2100 par rapport à la période préindustrielle, le temps est plus que compté, surtout quand on constate le peu de progrès accompli depuis le 12 décembre 2015, jour de la signature de l’Accord de Paris (COP 21). Au cours de deux dernières années, les émissions de GES sont reparties à la hausse.

Ce rapport est sans conteste une référence et une mine d’informations inestimables dans la lutte contre le dérèglement climatique. Les 91 auteurs de 40 pays se sont basés sur plus de 6 000 études. Il analyse déjà une situation présente avec +1 °C de hausse des températures, aux conséquences avec des conditions météorologiques plus extrêmes, la montée du niveau de la mer ou la diminution de la banquise.

Entre 1,5°C et 2°C, un fossé énorme

La différence entre un scénario et 1,5 °C et un autre à 2°C n’a pas du tout les mêmes implications. Un exemple, l’élévation globale du niveau de la mer serait 10 centimètres plus bas avec le premier scénario. Les récifs coralliens diminueraient de 70 à 90 % dans le premier cas, mais de quasiment 100 % dans le second. Si nous ne réagissons pas, les +1,5°C seront atteints en 2040 et les +2°C en 2075.

Alors pour rester dans les clous, dirigeants de la planète et des villes, sociétés civiles, entreprises vont devoir se mobiliser bien plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici. Le GIEC demande "une action rapide et de grande portée". Elle passe par une transition écologique de très grande envergure et des changements radicaux de comportements avec une décarbonation des secteurs clés de l’énergie, des transports et de l’agriculture. "Les prochaines années sont probablement les plus importantes de notre histoire", a déclaré Debra Roberts, coprésidente du groupe de travail II du GIEC.

Il faut imposer des décisions importantes pour réduire drastiquement la consommation des énergies fossiles, à commencer par le charbon et le pétrole, mais aussi par l’utilisation de technologies qui permettent le captage du CO2.

Car pour maintenir la planète dans un état acceptable (+1,5°C), le scénario du GIEC se base sur une baisse des émissions de CO2 à partir de 2020 avec une baisse très rapide pour arriver à la neutralité carbone entre 2040 et 2055. C’est bien une révolution écologique que le monde va devoir mener très rapidement avec des politiques de restriction de l’utilisation des énergies fossiles, l’interdiction à terme des modes de transport polluants, une complète métamorphoses des pratiques de l’agriculture et de l’élevage. A moins que l’évolution des technologies soit suffisamment efficace pour limiter en partie les contraintes…

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