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Le Gers aussi profite de l'aéronautique

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Grâce à sa proximité avec le bassin aéronautique de l’ouest toulousain, le département attire de plus en plus de sous-traitants et d’équipementiers.

Le Gers aussi profite de l'aéronautique
À Gimont, Latécoère a transféré des lignes de production initialement implantées à Toulouse.

Laéronautique, devenue deuxième secteur industriel du Gers après l’agroalimentaire, ne cesse de se renforcer. Dernière implantation en date, celle du groupe d’ingénierie mécanique Excent (64?millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, 650?salariés) sur la zone du Roulage, à Pujaudran, à deux pas de la nationale?124. « Nous étions beaucoup trop à l’étroit à Colomiers [banlieue ouest de Toulouse], il devenait nécessaire de trouver une solution pour accompagner notre croissance », explique Éric?Sansay, le directeur général délégué, en charge des finances chez Excent. La société a investi 7,7?millions d’euros dans 4 000?m2 de locaux, dont 2 000?m2 d’ateliers d’intégration et d’assemblage, sur un terrain de 1,8?hectare. « Difficile de trouver des surfaces de cette dimension à un prix abordable sur la proche agglomération toulousaine, insiste Éric Sansay. Ici, nous avons pu voir les choses en grand et soigner nos salariés, avec un terrain de sport et une cafétéria. »

Une main-d’œuvre qualifiée

Spécialisé dans les outillages industriels, Excent réalise plus de 60 % de son chiffre d’affaires dans l’aéronautique, auprès d’Airbus et de grands équipementiers. Il a notamment signé avec Safran un marché de maîtrise d’œuvre des lignes d’assemblage du moteur Leap. Quelque 150?salariés ont déjà rejoint le nouveau site gersois. Ils seront 200 d’ici la fin 2018 et une deuxième tranche est déjà à l’étude. Non loin de là, un autre chantier vient de démarrer : celui d’é (50?salariés, 6,3?millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016). Également positionné sur les outillages, ce sous-traitant a lui aussi choisi de quitter Colomiers (Haute-Garonne), où il manquait de place. Le déménagement est prévu pour fin?2018, avec un investissement de 6?millions d’euros. Air Support (16,6?millions d’euros de chiffre d’affaires, 110?salariés), spécialisé dans la réparation d’équipements cabine et d’équipements systèmes, avait inauguré ce parc du Roulage à Pujaudran dès 2013. « Ici, nous avons la possibilité, si besoin, de tripler nos locaux », témoigne Sabine?Tertre, la présidente d’Air Support.

Avant elles, d’autres sociétés avaient déjà sauté le pas à une petite dizaine de kilomètres de là, près de L’Isle-Jourdain, comme l’équipementier Equip’Aéro (160?salariés), la centrale d’achat Air Cost Control (160?salariés, dont 85 au siège de L’Isle-Jourdain) et Lauak. Ce sous-traitant de rang 1 et 2, arrivé en 2010 par le biais d’une croissance externe, continue de se développer sur ce site, où l’effectif de 150?salariés devrait être porté à 200 d’ici à 2020. Le groupe basque vient de concrétiser une seconde acquisition dans le Gers, à Saint-Germé, avec le rachat d’Alisaero (130 salariés, 13?millions d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé dans les pièces pour les moteurs d’avions et hélicoptères. Là encore, des investissements sont à l’ordre du jour et les effectifs à la hausse. L’aéronautique dans le Gers, c’est aussi Cousso (usinage de précision) à Nogaro, adossé au groupe lyonnais Mécapole, Amac Aerospace (aménagement intérieur d’avions de luxe) à Auch, et Latécoère, qui a installé l’une de ses usines à Gimont. Un site spécialisé dans la production de grandes pièces de structure et l’assemblage de tronçons et sous-ensembles, qui emploie environ 170?salariés.

L’aéronautique compte près de 2 000?emplois dans le département, principalement concentrés dans une vingtaine de sous-traitants de rang 1 et d’équipementiers, contre moins d’une dizaine en 2005. Mais les recrutements ne sont pas simples. Les tensions du marché aéronautique s’ajoutent aux difficultés propres au département selon Pôle emploi. Le taux de chômage est de 7,2 % seulement, contre 11 % sur l’ensemble de l’Occitanie. Pour répondre aux besoins en main-d’œuvre qualifiée, il faut multiplier les initiatives. Le dispositif Aéro’Diag, initialement développé à Toulouse, a été adapté au département. Il s’agit de détecter des demandeurs d’emploi qui ont des compétences ou présentent des capacités à intégrer des formations. Des méthodes de recrutement par simulation ont également été développées.

Des difficultés de recrutement

Une plate-forme emploi formation compétence a été mise en place par la communauté de communes d’Arrats-Gimone (Gimont), en lien avec l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). En octobre?2017, la chambre de commerce et d’industrie du Gers a organisé Aerogers, un forum dédié à l’industrie aéronautique gersoise. « Notre ambition est d’accompagner ces entreprises qui ont plébiscité fortement le Gers, d’être à l’écoute de leurs besoins et de favoriser les échanges entre elles », explique Rémi?Branet, le président de la CCI du Gers et président de Gers Développement. Le déploiement en 2018 d’un campus de formation sur Auch pourrait bien être une première réponse à leurs problématiques de recrutement. 

Un nouveau campus sur l’aéroport d’Auch 

Les premiers stagiaires sont attendus en février?2018. Le nouveau campus AéroGers, labellisé par l’Apave, va ouvrir ses portes sur l’aéroport d’Auch, qui met à sa disposition 600?m2 de salles de cours, 1 400?m2 de hangars et un accès direct aux pistes. L’idée est de mutualiser les moyens pour développer des formations à la fois aux métiers de l’aéronautique (mécaniciens, mais aussi personnels navigants et pilotes) et aux emplois des plates-formes aéroportuaires (agents de sécurité et pompiers d’aéroport). « Les stagiaires pourront aborder toutes les disciplines dans les conditions réelles grâce à cette proximité immédiate avec un aéroport en fonctionnement, dédié à la fois à l’aviation d’affaires et à l’industrie », souligne Grégory?Mérélo, le directeur de l’aéroport auscitain. Un partenariat est prévu avec l’École de formation à la sécurité aérienne (Eforsa) qui forme des sapeurs-pompiers et accueille déjà, sur ce site, doté d’une maquette à l’échelle?1 d’un A 320 et de plusieurs tronçons d’appareils, plus de 500?stagiaires par an, venus du monde entier. Assytem Technologies prévoit aussi d’y développer certains modules de formation et des contacts sont engagés avec le lycée Airbus de Toulouse et l’IUT d’Auch. De son côté, Apave Formation a engagé les procédures de transfert des agréments de la Délégation générale à l’aviation civile (DGAC) dont elle dispose sur ses autres centres de formation, notamment à Toulouse, pour déployer certains modules à Auch. 

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