Le géant marocain des phosphates OCP prévoit une amélioration de son activité et de ses marges en 2015

Avec un chiffre d'affaires en hausse de 6% et un marge d'Ebitda en progrès de 16%, l'Office chérifien des phosphates s'est relancé en 2014 en dépit d'un chute de ses profits nets. Pour cette année, il s'attend à une augmentation de son chiffre d'affaires ainsi que de sa rentabilité. Grâce notamment à une demande mondiale soutenue par de faibles niveaux de stocks, une tenue des prix et sa montée en puissance dans les engrais élaborés. Mais sa dette grimpe.

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Le géant marocain des phosphates OCP prévoit une amélioration de son activité et de ses marges en 2015

Un cru 2014 correct sans doute meilleur en 2015. C'est ce qui ressort de l'annonce des résultats financiers du géant marocain des phosphates publiés le 25 mars.

En effet, le chiffre d'affaires de l'OCP a enregistré en 2014 une croissance de 6% à 4,9 milliards de dollars. Sa marge d'Ebitda a de son côté connu un bond de 16%. Le cash-flow lui a crû de 34% à 1,02 milliard de dollars.

Par contre, le résultat net part du groupe, publié en monnaie marocaine, à 5 milliards de dirhams (508 millions de dollars) reste nettement en retrait comparé à 2013 (7 milliards de dirhams) et surtout 2012 (13,6 milliards de dirhams).

Point positif, au dernier trimestre 2014, la croissance du chiffre d'affaires en lissement s'est accélérée à +20% à 1,2 milliard de dollars et l'Ebitda a plus que doublé sur cette période. Pour rappel, sur la première moitié de l'année, le groupe avait vu son chiffre d’affaires reculer de 7% à 2,35 milliards de dollars. Mais depuis les cours du phosphates se sont redressés.

En 2015, le groupe prévoit "un chiffre d'affaires et un Ebitda en croissance, une rentabilité maximisée avec une optimisation des capacités de production et des marges ainsi qu'une amélioration de sa position concurrentielle grâce au programme d'investissement engagé".

En attendant, la croissance de 2014 a été rendu possible par des conditions de marché favorable. La demande internationale de phosphates est soutenue par un niveau des stocks jugé peu élevé. Et le groupe fait état d'une amélioration des marges sur les produits transformés comme les fertilisants ou les acides phosphoriques.

vaste programme d'investissement

Par source de revenu, le chiffre d'affaires du groupe détenu à 94% par l'Etat marocain se répartit pour l'essentiel entre les produits transformés en fertilisants à 45%, les phosphates bruts à 25% et les acides phosphoriques à 20%.

Quant au vaste programme d'investissement initié par Mostafa Terrab, patron du groupe en 2008, il a atteint selon l'OCP rien que l'an dernier 2,3 milliards de dollars.

Le groupe public dont l'imposant siège se trouve en périphérie de Casablanca prévoit une enveloppe globale de 12 milliards de dollars entre 2010 et 2020. Ce plan comprend aussi bien des extensions de capacité, la diversification des outils de production en aval (engrais) ou la modernisation des installations.

En 2014, l'année a été notamment marquée par la mise en service, en avril, du pipeline géant de 187 km (slurry pipeline) reliant les mines et installations de traitement de Khouribga au sud-est de Casablanca au port atlantique de Jorf-Lasfar.

Par ailleurs, dans les engrais deux unités dotées d'une capacité de production d'un million de tonnes de phosphate diammonique (DAP) chacune sont montées en puissance. Cette intégration vers le secteur des engrais permet à l'Office chérifien de compenser la volatilité des cours. Pour mémoire, après un creux vers les 350 dollars la tonne au dernier trimestre 2013, le cours mondial du phosphate (DAP) s'est redressé à 472 dollars la tonne fin 2014.

Le groupe marocain a vu ses exportations d'engrais suivre une croissance régulière ces dernières années. De 2 millions de tonnes en 2004, celles-ci sont passées à 4,8 millions de tonnes en 2014. Sur ce volume, 16,6% (0,8 million de tonnes) sont qualifiés de "nouveaux produits" par l'OCP comme les superphosphates simples et triples (SSP, TSP) et les phosphates d’ammonium (MAP, DAP), en croissance de 20% l'an dernier.

A noter enfin que tous ces investissement ont un prix. La dette du groupe chérifien a été multipliée par 2,23, en l'espace d'un an à 2,9 milliards de dollars, soit un taux d'endettement d'un peu plus de 60% en fin d'année. Pas inquiétant. Pour l'instant.

Noté BBB- à la limite inféirieure du grade investissement par Standard & Poor's, le groupe avait facilement levé 1,25 milliards de dollars d'obligation à 10 ans au taux de 5,625% en avril de l'an dernier;

Nasser Djama (avec P.-O.R.)

75% des réserves mondiales
Selon le service géologique américain (USGS) , le Maroc est, derrière la Chine, le deuxième  producteur mondial de phosphates. La production du royaume est estimée par cette source à 28 millions de tonnes en 2014 contre 100 millions de tonnes pour l’ex-Empire du milieu. Les deux autres producteurs majeurs sont les Etats-Unis à 27 millions de tonnes et la Russie à 10 millions de tonnes. Une vingtaine d’autres pays se partagent le reste de la production mondiale chiffrée au total à 220 millions de tonnes l’an dernier. Toujours selon l’USGS, les réserves du Maroc, incluant le Sahara occidental se chiffrent à 50 milliards de tonnes, soit 74% du total mondial et plus de 1500 années de production au rythme actuel !

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