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L'Usine de l'Energie

"Le gaz le plus vert de France" à Strasbourg

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Les premiers mètres cubes de biométhane produit à partir des eaux usées de la station d'épuration de Strasbourg-La Wantzenau (Bas-Rhin) ont été injectés dans le réseau de gaz naturel local mardi 8 septembre.

Jean-Louis Chaussade (Suez), Ségolène Royal et Olivier Bitz

Le groupe Suez, l'Eurométropole de Strasbourg et le distributeur alsacien de gaz naturel Réseau GDS ont mis en service mardi 8 septembre à La Wantzenau (Bas-Rhin) une unité capable de produire du biométhane à partir des eaux usées et de l'injecter dans le réseau local de gaz naturel, qui transporterait donc désormais "le gaz le plus vert de France".

Le projet, lancé en 2012 et dénommé Biovalsan, a nécessité un investissement de plus de 4 millions d'euros, dont 50 % apportés par le biais du programme Life+ de la Commission européenne.

Une première en France

C'est la première fois en France que l'on injecte dans un réseau de gaz naturel du biométhane issu d'une station d'épuration. Pour marquer le coup, c'est Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, qui a procédé au geste inaugural.

Exploitée par Suez dans le cadre d'une délégation de service public, la station de Strasbourg-La Wantzenau est la quatrième plus grande de l'Hexagone, avec une capacité de traitement d'effluents de l'ordre de 1 million d'équivalent-habitants.

La nouvelle installation, qui a nécessité un an de travaux, pourra produire 1,6 million de mètres cubes de gaz vert par an, soit l'équivalent des besoins de 5 000 logements BBC (bâtiment basse consommation). Biovalsan "permet aussi une réduction d'environ deux tiers des gaz à effets de serre", soit 7 000 tonnes par an, pointe Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez.

"Une pureté qui dépasse les 99 %"

"Nous sommes des pionniers, il a fallu défricher un certain nombre de domaines techniques et réglementaires", souligne Olivier Bitz, président de la société d'économie mixte Réseau GDS et adjoint au maire de Strasbourg.

Techniquement, il a fallu concevoir un épurateur capable de transformé le biogaz issu des boues d'épuration en biométhane. Pour cela, un procédé de filtration par membranes a été retenu. Séparé du dioxyde de carbone, le biométhane injecté dans le réseau de gaz naturel affiche "une pureté qui dépasse les 99 %", selon Olivier Pisani, de Réseau GDS.

Le cadre réglementaire a quant à lui été sécurisé par un décret de juin 2014 permettant aux fournisseurs de gaz naturel d'utiliser du biométhane issu des eaux usées.

Une technologie qui doit essaimer

Vantant un projet considéré comme "un symbole de l'économie circulaire" et rappelant l'obligation de lutter contre les gaz à effet de serre, Ségolène Royal estime que le modèle d'injection de biométhane à partir des stations d'épuration devait essaimer partout en France.

"Il paraît possible d'atteindre 6 à 8 térawattheures/an dans les réseaux d'ici à 2023, soit l'équivalent de 400 à 500 installations comme celle-ci, affirme la ministre. Je souhaite que les entreprises françaises puissent faire la preuve de leurs compétences sur le marché national pour ensuite conquérir des marchés internationaux."

En 2016, Réseau GDS verdira encore un peu plus son gaz avec l'injection de biométhane produit par des déchets agricoles.

Thomas Calinon

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1 commentaire

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15/09/2015 - 12h03 -

A la sortie du digesteur, le biogaz est un gaz sale. En effet, il est constitué de méthane CH4 (plus de 50%), de CO2 (plus de 25%), d'eau, de H2S (Sulfure d'hydrogène ), N2 (Diazote), O2 (Dioxygène), NH3 ( Ammoniac). Certains gaz comme l’ammoniac (NH3) … .
Dans le cas des digesteurs, H2S est produit par la fermentation anaérobie de la matière organique sous l'action de bactéries sulfato-réductrices . Il est également émis des sédiments marins, des égout … .
D'autre part, il existe de nombreuses activités industrielles qui peuvent émettre du sulfure d'hydrogène résultant dans ce cas, de réactions chimiques sur des composés soufrés, par exemple : cas du procédé Kraft, du tannage du cuir. L'ammoniac est également un gaz toxique.
Pour être injecté dans un réseau, le biogaz doit avoir les même caractéristiques que le gaz naturel. Pour ce faire, le biogaz doit subir des épurations poussées, pour devenir du Biométhane. Ces traitements nécessitent des investissements très importants.
Au final, le prix de revient du méthane « fossile » sera toujours très inférieure à celui du biométhane.
Conclusion
Le biogaz n'est pas propre, comme le prétendent, ses promoteurs.
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