Le gaz de schiste évince le nucléaire aux Etats-Unis

Cinq réacteurs nucléaires ont fermé en 2013 aux Etats-Unis à cause de l'hyper-compétitivité du gaz de schiste. Les hydrocarbures non conventionnels auront stoppé net la renaissance du nucléaire outre-Atlantique.

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Le gaz de schiste évince le nucléaire aux Etats-Unis

Ces huit derniers mois, 5 des 104 réacteurs nucléaires américains ont été arrêtés ou fermés. Dernière en date, la centrale de Vermont Yankee à Vernon (Vermont), détenue par l'électricien Entergy. Ce dernier y avait pourtant investi 400 millions de dollars ces dix dernières années et venait d'obtenir une prolongation de 20 ans d'exploitation. Entergy avance le fait que la centrale n'est plus compétitive face au prix extrêmement bas du gaz naturel, lié à la production massive de gaz de schiste.

Avant l'essor des gaz de schiste, un renouveau du nucléaire américain était en marche. Le premier pays nucléarisé du monde devait renouveler son parc nucléaire vieillissant. Mais l'accident de Fukushima puis la manne des hydrocarbures de roche-mère ont mis fin à cet élan. EDF, qui fondait de grands espoirs dans le pays, l'a bien compris en se retirant de l'atome américain.

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Lors des résultats semestriels, fin juillet 2103, le PDG Henri Proglio expliquait : "Les Etats-Unis sont marqués par une vraie révolution énergétique liée à l’essor vertigineux du gaz non conventionnel [… ] On assiste à une restructuration du paysage énergétique aux Etats-Unis au détriment de toutes les énergies alternatives."

Un gaz qui remodèle l’économie américaine

Avec cette éviction progressive du nucléaire, les hydrocarbures non conventionnels continuent leur rapide travail de remodelage du paysage énergétique et économique américain. Tout d'abord, ils ont stimulé la réindustrialisation et l'amélioration de la compétitivité américaine. Les coûts de production industrielle y sont désormais à peine 5 % supérieurs à ceux de la Chine.

Ensuite, avec la faiblesse des prix du gaz, la production d'électricité américaine a peu à peu délaissé le charbon. Un des effets a été une soudaine réduction des émissions de CO2. Ainsi, ces dernières ont diminué de 13 % depuis 2007, une performance que bien de pays européens envient. C'est aussi un sacré pied de nez de la part de l'Oncle Sam, qui n'a jamais ratifié le protocole de Kyoto.

Enfin, le pétrole et le gaz de schiste sont en train de conduire le pays vers une quasi-indépendance énergétique. D'ici à cinq ans, les Etats-Unis pourraient même devenir le premier producteur mondial de pétrole, devant la Russie et l'Arabie Saoudite.

Ludovic Dupin

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