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Le gaz de schiste américain, une aubaine pour les PME françaises

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Les petites entreprises françaises spécialisées dans les services parapétroliers surfe sur l'aubaine que constitue la révolution des gaz de schiste aux Etats-Unis.

Le gaz de schiste américain, une aubaine pour les PME françaises © D. R.

Le marché américain des gaz et pétroles de schiste a attiré les grands noms de l'industrie parapétrolière française comme Technip ou CGGVeritas. Mais des entreprises anonymes, à l'image de la société stéphanoise SNF, ont réussi à se tailler la part du lion ces dernières années.

Cette PME indépendante, fondée en 1978, a débuté son activité par la production de polymères - de minuscules particules de plastiques - destinées à l'industrie de l'eau, qui les utilise pour rendre les liquides plus visqueux et alléger ainsi les coûts de transport.

Ces "polymères hydrosolubles", qui connaissaient depuis plusieurs décennies une croissance solide mais stable, ont vu leur demande exploser avec le développement soudain de la fracturation hydraulique aux Etats-Unis, qui utilise l'eau sous haute pression pour libérer le gaz emprisonné dans la roche.

"Ce qui s'est passé depuis à peine trois ans, c'est une accélération massive du déploiement (de cette utilisation) aux Etats-Unis. Nos ventes ont été multipliées par quasiment cinq", explique à Reuters le directeur général de SNF, Pascal Rémy.

Implantée aux Etats-Unis peu après sa création, SNF était l'une des seules sociétés prête à ouvrir rapidement un nouveau site de production pour répondre à la demande. Le groupe a inauguré il y a deux ans un site en Louisiane.

SNF, dont le chiffre d'affaires a atteint 2,5 milliards de dollars cette année, contrôle aujourd'hui un tiers du marché américain de ces polymères, dit Pascal Rémy, soulignant que ce marché croît de 20 % chaque année.

ADAPTER LES TECHNIQUES

SNF s'est imposé face à son unique concurrent européen, le géant allemand BASF, en se concentrant sur un secteur d'activité sans jamais chercher à se diversifier et en investissant dans des capacités de production sur tous les continents, dit-il.

"Nous avons la chance de ne pas avoir de grands groupes chinois parmi nos concurrents", admet le directeur général, soulignant que les sociétés chinoises du secteur s'aventurent rarement au-delà de leurs frontières.

Il précise que son groupe s'implante justement en Chine mais aussi en Argentine, des pays qui n'ont pas interdit la fracturation hydraulique.

Cette technique, la seule actuellement utilisée dans l'extraction des gaz de schiste, a été interdite en France en 2011 en raison des risques qu'elle représente pour l'environnement.

"Le débat est un peu stérile aujourd'hui. On ne voit pas très bien pourquoi ce débat ne s'engage pas sur des bases plus techniques et sur la mise au point de technologies qui pourraient être adaptées à des bases réglementaires plus strictes", interroge Pascal Rémy.

François Hollande a appelé les chercheurs à étudier des techniques alternatives à la fracturation hydraulique mais la recherche publique reste embryonnaire, faisant craindre une absence d'expertise indépendante si l'exploitation était autorisée à terme.

RUSTINES GONFLABLES

Les hydrocarbures représentent 90 % environ du déficit de la balance commerciale française. Les défenseurs des gaz de schiste mettent en avant l'impact de leur exploitation sur la compétitivité, qui a récemment fait l'objet d'un plan du gouvernement.

SNF souligne que ses sites de production en France sont compétitifs et que le coût du travail, qui ne représente que 7 % de son chiffre d'affaires, n'est pas un handicap face aux entreprises chinoises, qui doivent s'acquitter à l'étranger de taxes douanières et de coûts de transport élevés.

La société stéphanoise emploie environ 3 500 personnes dans le monde et embauche entre 50 et 60 nouveaux salariés chaque année en France, dit Pascal Rémy.

D'autres petites sociétés comme Saltel Industries, qui produit en Bretagne des rustines gonflables permettant de boucher les fuites dans les puits, ou le spécialiste du forage Diestwell basé près de Paris, ont également misé sur le boom des gaz de schiste à l'étranger.

"La bonne nouvelle, c'est que le gaz sera toujours là, il ne partira pas, donc on peut se dire qu'à un moment la raison l'emportera sur la passion", conclut le directeur général de SNF.

(avec Reuters, par Michel Rose, avec Marion Douet, édité par Yves Clarisse)

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