Le gaz de schiste américain pour réduire la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe ?

Dans le contexte de tension entre la Russie et le Vieux Continent, la Commission européenne annonce vouloir mettre en place un plan pour accroître son indépendance énergétique. Une décision nécessaire pour l'Europe qui importe plus de 50 % de ses hydrocarbures. En France, une hypothèse va bon train : se tourner vers le gaz de l’allié américain, croulant sous d’importantes productions de gaz de schiste.

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Le gaz de schiste américain pour réduire la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe ?

A l’occasion du sommet Européen des 20 et 21 mars, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé que la Commission européenne va élaborer d’ici le mois de juin un plan "pour réduire la dépendance énergétique de l’Europe, particulièrement à l'égard de la Russie". Cette volonté, qui s’inscrit dans l’urgence de la crise ukrainienne, est toutefois une nécessité croissante pour les économies européennes.

En effet, l’Union importe environ 55 % de son énergie primaire, surtout du pétrole et du gaz. Selon Herman Von Rompuy, cette dépendance pourrait atteindre 80 % en 2035 si rien ne change. Une des raisons est la déplétion rapide des champs de pétrole et de gaz en mer du Nord. L’année passée, le Vieux Continent ne s’est autoalimenté en hydrocarbures qu’à hauteur de 33 %.

27% de gaz russe

En 2013, les importations de gaz depuis la Russie, dont 70 % transitent par l’Ukraine, ont significativement cru, passant en un an de 23 % à 27 %. Le voisin russe est la première source d’approvisionnement, loin devant l’Algérie et le Qatar. Par contre, la France est moins exposée que l’Europe de l’Est et que l’Allemagne avec seulement 10 % de son approvisionnement en provenance de Russie. L’Hexagone tourne plutôt au gaz norvégien et algérien.

L’hypothèse d’une coupure des vannes de gaz depuis la Russie est peu probable. L’exportation d’hydrocarbures représentant la première rentrée d’argent pour le pays. La Russie et l’Europe sont interdépendants. L’Europe aurait même pour l’heure un tout petit avantage : l’hiver doux a permis de ne pas trop entamer les réserves de méthane. Toutefois, même de simples menaces de coupure auraient "un effet automatique sur le plan des prix qui n’irait pas dans le bon sens. Si la situation s’envenime, cela aura forcément un impact", explique Philippe Goebel, président de l’Union des Industries chimiques.

Du gaz de schiste pour la France

La volonté affichée de la Commission d’être plus indépendante dans ses approvisionnement en énergie est pour l’heure, avant tout une arme diplomatique vis-à-vis de la Russie. A Paris, une des hypothèses qui va bon train est de se tourner vers le gaz de l’allié américain. Croulant sous d’importantes productions de gaz de schiste, les Etats-Unis s’apprêtent à exporter une partie de leur ressource sous forme de gaz naturel liquéfié.

La cible première est l’Asie où ce gaz bon marché trouverait facilement sa place sur un marché où les prix sont élevés. Mais plusieurs méthaniers pourraient prendre la direction de Dunkerque et de Fos-sur-Mer. Ce scénario fait quand même grincer quelques dents. La France, - qui refuse toute exploitation du gaz de schiste et s’oppose même de façon générale à l’industrie pétrolière -, se sourcerait ironiquement dans un pays où la fracturation hydraulique est utilisée à grande échelle.

Ludovic Dupin

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