Le G20 veut s'engager contre les dévaluations compétitives

par David Lawder et Abhijit Neogy

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GYEONGJU, Corée du Sud (Reuters) - Le communiqué de la réunion des ministres des Finances du G20 en Corée du Sud va faire état samedi d'un accord entre ses membres pour "s'abstenir de toute dévaluation compétitive" de leur monnaie, a-t-on appris de source proche des discussions du G20.

"Nous nous engageons tous à progresser sur la voie de taux de change déterminés par les marchés qui reflètent les fondamentaux sous-jacents (de nos économies) et à nous abstenir de toute dévaluation compétitive", noteront les économies avancées et émergentes regroupées au sein du G20, précise-t-on de même source.

La question des changes était au coeur des discussions qui se sont déroulées à Gyeongju, en Corée du Sud, pour préparer le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays du G20 les 11 et 12 novembre à Séoul.

De même source, on fait par ailleurs état d'un accord pour prôner la poursuite de politiques "favorables à la réduction des déséquilibres excessifs" mais la suggestion des Etats-Unis de réduire les déséquilibres des comptes courants en ramenant leur solde, déficit ou excédent, à moins de 4% du produit intérieur brut ne devrait pas être reprise dans le communiqué final.

Cette proposition visait à faire pression sur les pays dont les économies dégagent d'importants excédents commerciaux, à commencer par la Chine dont Washington estime que la devise, le yuan, est sous-évaluée, ce qui favorise ses exportations et déséquilibre la balance commerciale.

La Chine, mais aussi l'Allemagne, le Japon et d'autres pays exportateurs, lui ont réservé vendredi un accueil des plus froids. De source américaine, on soulignait samedi matin que le rejet d'un objectif chiffré en la matière n'avait rien de surprenant mais qu'en agissant de la sorte, l'administration américaine avait fait en sorte de poser les termes du débat.

La Chine, la Russie, l'Allemagne et l'Arabie saoudite ont toutes des excédents commerciaux qui dépassent ce seuil théorique. Le déficit commercial des Etats-Unis représente 3% de leur PIB.

Le G20, qui s'est imposé au plus fort de la crise financière et économique comme l'enceinte de référence pour tenter de remettre de l'ordre dans l'économie mondiale, a été salué pour avoir coordonné les plans de soutien à l'activité mis en oeuvre par les gouvernements à partir de fin 2008-début 2009.

Mais son unité est aujourd'hui éprouvée d'une part par la faiblesse de la croissance dans les pays les plus riches et, d'autre part, par le fait que certaines puissances émergentes sont tentées de préserver leur compétitivité en matière d'exportations en maintenant leur monnaie à des niveaux bas.

Autre motif de division, la question du rééquilibrage des droits de vote au sein du Fonds monétaire international (FMI) entre pays riches et pays émergents ne devrait pas être réglée par les ministres des Finances, avance cette source.

Au sein de la délégation américaine, on confirme s'attendre à ce que la réforme du FMI soit renvoyée au sommet de Séoul, en novembre.

Henri-Pierre André pour le service français

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