Le G20 loin d'un accord sur les changes et les déséquilibres

GYEONGJU, Corée du Sud (Reuters) - Les ministres des Finances des pays du G20 ne semblaient pas en mesure vendredi de parvenir à un accord susceptible de réduire les déséquilibres économiques et de repousser les perspectives de dévaluations monétaires.

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"Je ne pense pas que le G20 discutera ou abordera les politiques monétaires pays par pays, y compris le yuan (chinois) ou le yen (japonais)", a dit le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, qui s'attend plutôt à des "discussions globales sur les moyens d'améliorer l'ordre monétaire international".

"Nous devons partager l'idée, ainsi que nous l'a enseignée l'Histoire, qu'une course aux dévaluations monétaires est négative pour l'économie mondiale", a-t-il ajouté peu avant l'ouverture de la réunion des ministres du G20 Corée en du Sud.

Le ministre indien des Finances, Pranab Mukherjee, a jugé pour sa part qu'il était difficile de dire si un accord pourrait être trouvé sur la question des monnaies.

"Je ne suis pas sûr que cette réunion pourra aboutir à un accord sur cette question. C'est difficile de le dire à ce stade, mais nous essayons encore de négocier", a-t-il dit.

Un grand nombre de pays émergents sont réticents à l'idée de laisser leurs devises s'apprécier de manière significative.

Ils imputent aux Etats-Unis les désordres et erreurs de gestion financière qui ont provoqué la crise et les accusent de pratiquer eux-mêmes une dévaluation en inondant les marchés de liquidités.

Le G20, qui réunit pays développés et pays en voie de développement, a conquis sa légitimité et supplanté d'autres instances internationales plus restreintes, comme le G8 dont les pays émergents étaient tenus à l'écart, en coordonnant au plus fort de la crise les plans de relance de l'économie.

Mais l'impression d'unité qui prévalait s'est progressivement effacée. Et le G20 ne semble pas en mesure de stopper la "guerre des monnaies".

A la veille de la réunion sud-coréenne, les Etats-Unis ont proposé parallèlement des objectifs chiffrés limitant les déséquilibres des comptes courants. Excédents ou déficits devraient s'inscrire dans un certain pourcentage du PIB.

L'idée a été fermement rejetée tant par des pays émergents que par des pays développés.

"Nous devons en parler, mais des objectifs chiffrés, c'est irréaliste", a dit le Japonais Noda.

"Une chose est claire, l'accord définitif sur ce cadre (de stabilité économique) ne viendra pas de cette réunion des ministres des Finances", a dit le Russe Andreï Bokarev, "sherpa" de la délégation russe.

Un responsable évoquait pourtant à l'ouverture de la réunion ministérielle "50% de chances" d'y parvenir.

Tetsushi Kajimoto et Toni Vorobyova; Henri-Pierre André pour le service français

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