L'Usine Maroc

Le futur fonds d'investissement Africa50 plantera son siège à Casablanca

, , , ,

Publié le

Emanation de la Banque africaine de développement (BAD) et en cours de création, le fonds d'investissement Africa50 voué au financement des infrastructures en Afrique va installer son siège à Casablanca, selon les autorités marocaines. Renforçant ainsi la place Casablanca Financial City.

Le futur fonds d'investissement Africa50 plantera son siège à Casablanca © afdb.org

Voilà de quoi réjouir les autorités marocaines soucieuses à la fois de booster la place financière de Casablanca et de développer les liens d'affaires entre le Maroc et l'Afrique sub-saharienne : le futur fonds Africa50 voué au financement des infrastructures aura bientôt son siège dans la ville blanche.

Telle est l’information dévoilée par le ministère marocain de l'Economie Mohamed Boussaïd le 11 août alors qu'une dizaine de villes africaines étaient en concurrence pour accueillir Africa50.

L’initiative de ce fonds d’investissement a été lancé mi-2013 par la Banque africaine de développement (BAD) et le projet confirmé au premier trimestre, puis validé lors de l'assemblée générale de la BAD, fin mai dernier, à Kigali. 

Africa50 (nb : pour le demi siècle des indépendances et surtout l’Afrique des 50 ans à venir) doit recueillir des financements venant de tous horizons : fonds de pension, capitaux publics ou privés, fonds souverains, banques….

L'objectif est de participer au développement des infrastructures en Afrique : route, réseaux énergétiques, adduction, d’eau, ports, chemins de fer…

Les besoins financiers en la matière sont estimés à plus de 90 milliards de dollars chaque année pour l’ensemble du continent mais seulement la moitié de cette somme serait au rendez-vous.

Ce fonds s'inscrit dans la création ces dernières années de très nombreux véhicules de financement publics, privés ou mixtes (ppp) visant les infrastructures en Afrique.

Mais, pour Neside Tas Anvaripour (photo ci-contre), une des dirigeantes de la BAD qui est en charge de la création d’Africa50, au-delà des financements, il s’agit aussi d’accompagner les investisseurs et les gouvernements pour gagner en efficacité dans le montage des projets.

Comme elle l’expliquait à L’Usine Nouvelle en février dernier à Brazzaville « en Afrique, un projet type met 15 à 20 ans pour être conduit quand en Asie, l’échelle est de 5 ans. Cela explique une part du retard du continent. Africa50 veut mettre à contribution les meilleurs experts mondiaux et "challenger" les maitres d’ouvrage publics pour montrer que l’on peut réduire les temps de process par deux ou par trois".

Les promoteurs Africa50 projettent de réunir dans un premier temps 3 milliards de dollars, dont 500 millions apportés par la BAD. A terme, l’objectif est d’atteindre 10 milliards de dollars.

«Abriter un tel fonds continental au Maroc est une excellente nouvelle (…) pour le renforcement de la coopération sud-sud », selon des propos du ministreMohamed Boussaïd, rapportés par la presse du royaume.

Bien qu'impulsé par la BAD le fonds ne sera pas une filiale de la banque de développement et il aura son existence juridique propre. Les attraits du régime fiscal de Casablanca Financial City (CFC) ainsi que la volonté panafricaine de la bourse de Casablanca ont sans doute joué pour l'implantation de ce véhicule financier au Maroc.

Cette décision cadre bien en effet avec la volonté des milieux d'affaires et politiques marocains d'orienter l'économie du royaume vers l'Afrique sub-saharienne. De nombreuses grandes entreprises chérifiennes que ce soit dans l'immobilier (Addoha...), la banque (Attijariwafa...), les télécom (Maroc Telecom) ou l'industrie se sont déployés ces dernières années au sud du Sahara.

La tournée du roi Mohammed VI dans plusieurs pays d'Afrique de l'ouest en début d'année ayant contribué à accélérer le mouvement.

A noter enfin que la petite équipe chargée de mettre sur pied le fonds Africa50 avec Neside Tas Anvaripour était basée jusque-là à Tunis, siège provisoire de la BAD depuis plus de dix ans avant que cette institution ne retrouve ces derniers mois son siège officiel d’Abidjan qu’elle avait dû quitter durant la guerre civile ivoirienne.

Mais Africa50 ne s'éloignera finalement pas du Maghreb…

Pierre-Olivier Rouaud

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte