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L'Usine Aéro

Le futur drone de combat franco britannique, première brique d'une aviation européenne de combat

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

La France et le Royaume-Uni ont lancé les études d'un futur drone aérien de combat mobilisant les principaux industriels des deux pays. Une étape clé pour bâtir une stratégie européenne dans l'aviation de combat.

Le futur drone de combat franco britannique, première brique d'une aviation européenne de combat © Dassault Aviation - M. Brunet

Quel avion pour succéder au Rafale et au Typhoon employés dans les forces françaises et britanniques ? Sûrement un drone de combat. La France et le Royaume-Uni ont signé le 5 novembre dernier les contrats d'études industrielles d'un drone de combat de nouvelle génération. Ce projet, qui doit aboutir à un réel démonstrateur dès 2017, sera à coup sûr structurant pour l'Europe en matière d'aéronautique de combat. Les deux nations sont les plus en pointe dans ce domaine. Chacun a déjà fait voler un premier démonstrateur de premier niveau : le Neuron en 2012 pour la France associée à des partenaires européens ; le Taranis en 2013 de l'autre côté de la Manche. Il s'agit désormais d'unir les forces et d'envisager ce que pourrait être l'avion de combat européen à l'horizon 2030.

Une démarche nouvelle puisque jusqu'ici les Européens avançaient en ordre dispersé avec jusqu'à trois appareils en compétition sur les grands appels d'offres: le Rafale de Dassault, le Typhoon du consortium Eurofigther et le Gripen du suédois Saab. Preuve de l'enjeu de cette nouvelle coopération franco britannique, les meilleures compétences industrielles ont été mobilisées de part et d’autre. Dassault et BAE seront les pilotes de ce projet industriel; Thales travaillera avec son partenaire Selex ES dans le domaine des capteurs de guerre électronique, tandis que Safran et Rolls Royce collaboreront pour concevoir un nouveau moteur. Une enveloppe de 250 millions d'euros sur deux ans a été débloquée, un montant exceptionnel s'agissant d'une étude de faisabilité industrielle. "Nous allons développer des compétences et des technologies innovantes de premier plan que peu de pays maîtrisent aujourd'hui" s'est félicité Laurent Collet Billon, délégué général à l'armement (DGA).

Des objectifs ambitieux

Bien sûr, il faudra répondre aux besoins exprimés par les forces opérationnelles. Les militaires esquissent seulement les missions qu'un tel appareil sera capable de remplir. "L'appareil aura des capacités d'autonomie très poussées. Il sera capable de réaliser des opérations de reconnaissance armée et des frappes dans la profondeur dans des environnements hostiles", indique un ingénieur militaire français présent à la cérémonie des contrats. En revanche, le futur drone ne sera pas amené à réaliser des combats rapprochés contre un autre appareil. Il devrait s'agir d'un appareil dans la classe des 15 tonnes soit deux fois plus important le Neuron.

Les objectifs de performances sont extrêmement ambitieux, notamment en matière de furtivité. "Nous visons une furtivité jamais atteinte. Sa signature radar devrait être de l'ordre de celle d'une libellule", poursuit un haut responsable français. On compte ainsi améliorer encore de plusieurs ordres les technologies de furtivité : sur le Neuron, l'empreinte radar a déjà été ramenée à celle d'un moineau. Des progrès sont attendus également dans le domaine des télécommunications en exploitant notamment des bandes de fréquences satellitaires nouvelles et plus discrètes.

Plusieurs centaines d’ingénieurs mobilisés

L'étude de faisabilité industrielle devrait déboucher sur l'étape d'un démonstrateur prévue pour 2017. L'organisation industrielle, qui mobilisera plusieurs centaines d'ingénieurs dans les différents bureaux d'études, s'est voulue la plus légère possible. Les industriels s'attacheront à ne pas dupliquer les travaux de leur alter ego outre Manche. Ainsi Dassault Aviation devrait prendre le leaderdship dans le domaine des commandes de vol électriques tandis que BAE a plus d'expertise en matière de furtivité. Rolls Royce et Safran ont déjà une société commune qui pourra piloter les ressources mobilisées présentes chez chacun des actionnaires de part et d'autre de la Manche. "Le moteur est un important contributeur de la détectabilité de l'appareil. Nos travaux vont consister à masquer les signatures radar et infrarouge du moteur" explique Philippe Loty directeur général de cette société commune.

Les responsables français et britanniques n'hésitaient pas qualifier cette étape d'historique. Pour le moins, cela pourrait être la pose de la première pierre du futur de l'aviation de combat européenne.

Hassan Meddah

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