Le futur de la télé sera en 4 K et non en 3D

Bertrand Guilbaud, directeur général de l’IRT b<>com, nous explique pourquoi il pense que la bataille de la très haute résolution signe l’avenir de la télévision, alors que la 3D n’a pas su trouver son marché.

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Le futur de la télé sera en 4 K et non en 3D
Des écrans toujours plus grands et de meilleure définition

La télévision 4K fait le buzz depuis le Consumer Electronic Show (CES) qui s’est tenu à Las Vegas en janvier. La 4K est une définition d’image basée sur une largeur de 4 096 pixels, utilisant le format 16/9. Cette définition initiale a été revue en octobre 2012 par Consumer Electronics Association (CEA) lorsqu’elle a officialisé la dénomination Ultra high definition (Ultra HD) pour les téléviseurs proposant une définition de 3 840 × 2 160 pixels, mais le terme 4K, déjà fortement médiatisé par les fabricants de téléviseurs, est resté.



Bertrand Guilbaud, directeur général de l’IRT b<>com

Cette tendance vers des écrans toujours plus grands et de définition toujours plus élevée vient d’être confirmée au National Association of Braodcasters (NAB Show), pendant professionnel du CES, qui se tenait ce mois-ci Las Vegas. Et il n’y a pas de meilleur endroit que le NAB pour vérifier la réalité des innovations technologiques présentées en janvier.

Quelle sera la valeur ajoutée ?

Nous étions nombreux à avoir été dubitatifs en janvier en observant cette déferlante 4K. Sa proposition de valeur, plus de résolution pour de plus grands écrans uniquement, nous semble limitée, trop limitée. Rien en effet ne permet d’enrichir l’expérience utilisateur, rien en particulier sur la fluidité d’affichage (HFR, High Frame Rate) pourtant déterminante, rien non plus sur la précision des couleurs, profondeur des noirs, précision des hautes luminosités (HDR, High Dynamic Range). Comme s’ils n’étaient pas convaincus, les fabricants de téléviseurs, s’évertuaient d’ailleurs à éduquer le public en montrant tout ce que le 4K apporte à des applications plus professionnelles, telles que la publicité, le télétravail…

Alors en avril, en arrivant au NAB, je me suis posé les questions suivantes : Va-t-on voir le flop de la 3D se répéter ? N’est-ce qu’un simple phénomène marketing de plus ? Les usages, internet en particulier, vont-ils changer la donne ? L’acceptabilité du grand public sera-t-elle meilleure ? Ne va-t-on pas plutôt attendre la génération suivante, la 8K ? Le NAB a apporté des réponses claires.

La 3D est morte, vive la 4K

Un constat déjà, la 3D y a complément disparu. Ce n’est plus un sujet ! La faute est lourde, mais partagée. Le manque de contenu d'abord, ou plutôt le manque de contenu adapté, de qualité, écrit pour la 3D, est une raison évidente et majeure de cet échec, mais nous devons garder en mémoire que le peu de cas fait de l’expérience du spectateur, au cinéma et à la maison, est sans doute la raison majeure du désamour du grand public.

Par contre, la 4K, si elle n’est pas parfaite, est prête à tous les bouts de la chaîne audiovisuelle, de la production à la distribution et à la consommation, depuis la caméra jusqu’à notre écran de dernière génération. Toutes les caméras présentées au NAB offrent même dès aujourd’hui des performances 4 à 16 fois supérieures à celles de ces fameux nouveaux écrans présentés en janvier et qui seront disponibles cet été. Il y a là une marge de progression, d'évolution énorme, qui doit rassurer les services marketing qui vont pouvoir se projeter sur la durée, maintenir leur niveaux de marge en tentant de développer des produits qui vont enfin améliorer notre l’expérience.

Car la 4K va indéniablement grandir au cours des années à venir, elle va vivre. Et un flop similaire à celui de la 3D est peu probable. Elle présente d’ores et déjà deux avantages énormes par rapport à la 3D. D’abord, elle ne pose pas les problèmes d’acceptabilité ni d’usages : pas besoin de lunettes pour en profiter, et les contenus seront sans doute plus faciles à créer et à partager, avec demain, comme je l’espère, des écrans qui donneront plus de fluidité et plus de couleurs.

Un challenge pour la distribution

Ensuite, elle ne sera pas freinée dans son déploiement pour d’obscures raisons techniques car de nouveaux entrants du monde de la diffusion tels Hulu TV, Netflix, Amazon, etc., en ont fait leur cheval de bataille. C’est à ce point vrai qu’on ne dit plus ‘‘distribution non linéaire des contenus’’, mais ‘‘distribution OTT (Over The Top)’’. Ils vont surfer sur la vague des nouveaux usages, offrir une qualité incomparable sur des contenus qu’ils commencent à produire eux-mêmes.

Les acteurs traditionnels de la diffusion sont déjà obligés de se réinventer pour tenter de se positionner sur ces mêmes nouveaux usages (internet), sujet éminemment compliqué, métier bien différent. Ils vont devoir aller encore plus loin pour se maintenir au niveau de la concurrence, en devant se battre sur une proposition de valeur qu’ils connaissent paradoxalement mieux, la qualité d’images. Ils devront vite réagir afin d’éviter un effondrement plus rapide qu’escompté de leurs parts de marché.

Alors oui, l’avenir est à la 4K !

Bertrand Guilbaud,

Directeur Général de l’IRT b<>com

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