Le futur antivirus français visera 15 à 20% du marché

Le projet DAVFI d’antivirus est lancé avec le soutien de l’Etat. Il veut offrir une alternative française aux antivirus étrangers qui dominent aujourd’hui le marché. Avec l’objectif de prendre 15 à 20% du marché à l’horizon 2016-2017.

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Le futur antivirus français visera 15 à 20% du marché

"Un pays comme la France ne peut se permettre de dépendre d’antivirus étrangers. Pour sa souveraineté numérique, il a besoin de disposer de son propre antivirus", a martelé Eric Filiol, directeur du Laboratoire de virologie et de cryptologie opérationnelle de l’ESIEA, à Laval, lors de la présentation du projet DAVFI, lundi 10 septembre, à Paris.

Ce projet vise en effet à développer un antivirus 100% français en s’appuyant sur les compétences d’un grand groupe (DCNS Research), trois PME (Qosmos, Teclip et Init SYS) et un labo public (Laboratoire de virologie et de cryptologie opérationnelle de l’ESIEA). Il est porté par Nov’IT, une société spécialement créée pour l’occasion en 2011 par Alphalink, fournisseur de services aux opérateurs télécoms. Il représente 5,5 millions d’euros sur 2 ans, dont 2,3 millions d’euros de Fonds nationale pour la Société Numérique (FSN).

Selon Jérôme Notin, président de Nov’IT, le marché français des antivirus - que soit pour les systèmes d’information des administrions que pour les équipements grand public - dépend aujourd’hui presque exclusivement d’antivirus développés aux Etats-Unis ou aux pays de l’Est. Or "ces produits sont davantage faits pour rassurer les utilisateurs que pour leur apporter une véritable protection", reproche-t-il.

Le projet DAVFI se veut en rupture avec l’approche des éditeurs actuels d’antivirus. Mais peu d’informations techniques ont filtré. "Nous ne voulons pas divulguer de détails de peur qu’ils soient repris par les éditeurs étrangers. Nous pouvons juste dire que contrairement aux antivirus actuels, basés des méthodes déterministes de détection des virus, nous mettons en œuvre une méthode probalistique", explique Eric Filiol.

Les antivirus actuels fonctionnent par analyse des signatures, ces empreintes laissées par les virus, et comparaison par rapport à une banque de signatures déjà connues. Le projet DAVFI privilégie lui l’analyse de comportement viral, car tous les virus auraient des méthodes communes d’infection. Autre particularité : le produit sera un logiciel open source, dont le code sera ouvert à la communauté des développeurs pour l’améliorer et le faire évoluer.

Les travaux de recherche et développement démarrent en octobre 2012 et devraient s’achever en septembre 2014 par un démonstrateur. Le produit commercial devrait voir le jour en 2015 et couvrir tous les segments du marché, de la version sur abonnement pour les administrations et entreprises, à la version gratuite pour le grand public.

Sur un marché estimé à 330 millions d’euros en France en 2014, Nov’IT, qui commercialisera l’antivirus (sous un nom non encore défini) espère prendre 15 à 20% du marché français à l’horizon 2016-2017.

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