Le français Sigfox envisage une constellation de satellites pour couvrir le monde entier

La pépite française de l’Internet des objets Sigfox envisage l’extension de son réseau terrestre par une constellation de nanosatellites à orbite basse. L’objectif est d’offrir une couverture à 100% du globe à l’horizon 2022. Le premier satellite sera lancé en juillet 2019 à des fins d’expérimentation et le lancement commercial est prévu en 2020.

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Le français Sigfox envisage une constellation de satellites pour couvrir le monde entier
Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, veut sa constellation de satellites

Sigfox n’entend pas se contenter de son réseau sur terre, qui couvre 53 pays aujourd’hui et 60 à la fin de l’année. A l'instar de Google ou Facebook, la pépite toulousaine de l’Internet des objets se voit aussi dans le ciel avec la construction d’une constellation de nano satellites à orbite basse. "Je voudrais étendre notre couverture mètre carré par mètre carré, explique Ludovic Le Moan, PDG-fondateur de la société, lors de son évènement Sigfox Connect 2018 à Berlin. Mon objectif est de couvrir 100% du globe à l’horizon 2022. "

Un projet de 30 millions d'euros

Aujourd’hui, le réseau Sigfox offre une couverture nationale dans 21 pays et le déploiement est en cours dans 32 autres. "Nous couvrons une population de 1 milliard de personnes", affirme Ludovic Le Moan. La couverture était de 660 millions d’habitants à la fin de 2017.

"Ce projet a du sens, confie à L'Usine Nouvelle Eugenio Pasqua, analyste au cabinet IoT Analytics. Il répond à beaucoup de cas d'usage dans le pétrole, dans la pêche ou la gestion des conteneurs. Et la technologie des nano-satellites devient très abordable aujourd'hui." Selon cet analyste, des opérateurs satellitaires comme SAT4M2M en Allemagne et HiberBand aux Pays-Bas proposent déjà des interconnexions similaires pour les sites isolés.

La constellation satellitaire vise à compléter le réseau terrestre dans les océans et les zones à faible densité de population comme les déserts ou les régions rurales. Le lancement du premier satellite de test est programmé en juillet 2019 sur une orbite de 500 à 600 km de la Terre. Il devrait être réalisé par le lanceur Vega. Cette phase expérimentale d’environ 1 million d’euros est prise en charge intégralement par Eutelsat qui pourrait être l’opérateur de la constellation. Elle est menée en partenariat avec Sigfox. Le satellite est en construction par la filiale italienne de l’américain Tyvak. Mais selon Ludovic Le Moan, le projet, qui associe aussi le CNES, représente un investissement de 30 millions d’euros. Il sera financé par Sigfox et ses partenaires.

"L’expérimentation vise à trouver la réponse à de nombreuses questions, explique à L’Usine Nouvelle Christophe Fourtet, directeur scientifique et cofondateur de Sigfox. Comme il s’agit d'un satellite défilant, il faudrait trouver le moyen d’indiquer à l’objet quand il doit se réveiller pour transmettre son information. Il doit le faire uniquement au moment du passage du satellite. Car il n’est pas question qu’il soit actif tout le temps. Cela irait à l’encontre de notre obsession de réduire la consommation et préserver l’autonomie de la batterie. Une autre question est de déterminer le nombre optimum de satellites. Nous pensons qu’il nous en faudrait entre 20 et 30."

Levée de fonds en 2019

L’expérimentation est prévue pour durer jusqu’à la fin de 2019. Le lancement commercial devrait débuter en 2020. Les satellites se contenteront d'une fonction de miroir, collectant les données puis les renvoyant immédiatement sur une station terrestre.

Pour financer son expansion et ses projets, Sigfox, qui a levé 300 millions d’euros depuis sa création en 2010, prévoit un nouveau tour de table en 2019. Le montant n’est pas encore déterminé. Mais il serait entre 50 et 100 millions d’euros. Et ce tour de table sera réservé exclusivement à des industriels partenaires de Sigfox. Selon Ludovic Le Moan, deux d’entre eux envisagent déjà d’investir dans sa société : le japonais Alps Electric, qui réalise des modules de connectivité et traqueurs, et Thinxtra, l’opérateur de réseau Sigfox en Australie.

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