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L'Usine Santé

Le français Biogaran veut se faire une place dans les copies de biomédicaments

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Connu pour ses génériques, Biogaran veut attaquer des produits aux prix élevés : les copies des biomédicaments. Un marché encore émergent, pour lequel il s’est trouvé un allié inattendu : le sud-coréen Celltrion. Mais de nombreux acteurs sont déjà en place.

Le français Biogaran veut se faire une place dans les copies de biomédicaments © DR

Numéro deux du marché français des médicaments génériques avec 732 millions d’euros de chiffre d'affaires, Biogaran, entend ajouter une nouvelle corde à son arc. Cette filiale du laboratoire pharmaceutique Servier vient de lancer sur le marché français son premier "biosimilaire". Un terme barbare pour désigner la copie de traitements biologiques, ces médicaments complexes produits à partir de cellules ou d'organismes vivants qui voient progressivement leurs brevets expirer.

Seuls trois biomédicaments copiés en France

En France, le premier biosimilaire est arrivé en 2007. Aujourd'hui seuls trois biomédicaments (dont une hormone de croissance et une EPO) sont copiés, d’où un marché des biosimilaires encore faible dans l’Hexagone : 75 millions d’euros l’an dernier. Un gâteau que se partagent seulement trois groupes, relevait le cabinet Xerfi dans son étude sur "Le marché français des biosimilaires" publiée en octobre 2014 : le suisse Sandoz (la filiale de génériques du numéro un mondial de la pharmacie Novartis), le fabricant américain de produits injectables Hospira et le numéro un mondial des génériques, l’israélien Teva.

Les barrières à l’entrée sont particulièrement élevées. Développer un biosimilaire demande d’investir 80 à 150 millions d’euros, contre 3 à 4 millions pour un générique selon Xavier Carruel, le responsable médical biosimilaires de Biogaran. Il faut aussi mettre en place des capacités de bioproduction, bien plus complexe que la synthèse chimique traditionnelle, et acquérir un savoir-faire clinique et réglementaire, car le processus d’enregistrement des biosimilaires nécessite des essais chez l’homme, contrairement aux médicaments génériques.

Pas de partenaire adéquat en Europe

Désireux de se faire une place sur ce marché émergent aux prix élevés, Biogaran ne pouvait donc pas se lancer seul. Il s’est trouvé un allié inattendu : le sud-coréen Celltrion. Un spécialiste du développement et de la production de biosimilaires, qui a longtemps fourni Hospira et dispose des plus grandes capacités de bioproduction d’anticorps monoclonaux dans ses usines asiatiques, selon Pascal Brière, le président de Biogaran. Ce dernier n’a pas pu trouver de partenaire européen comme il en a l’habitude pour ses génériques, seul Sandoz disposant des capacités de bioproduction adéquates sur le Vieux Continent.

Le Remicade, deuxième biomédicament le plus vendu à l’hopital

Depuis plusieurs mois, une force de vente d’une trentaine de personnes constituée par Biogaran a donc sillonné les hôpitaux français pour les préparer à l’arrivée de son produit. Une copie du Remicade, un biomédicament très connu des laboratoires américains J&J et Amgen et beaucoup plus complexe à reproduire, car il s’agit d’un anticorps monoclonal utilisant la technique de l’ADN recombinant. Avec 301 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, le Remicade, "considéré comme un traitement révolutionnaire des maladies inflammatoires graves (polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, etc.)", représente le deuxième médicament le plus vendu sur le marché hospitalier, selon Xerfi.

Biogaran a dépensé plusieurs millions d’euros pour obtenir une licence auprès de Celltrion et vendre, 10 à 25% moins cher, le biosimilaire de ce traitement approchant initialement les 500 euros. Soit des économies potentielles non négligeables pour l’Assurance Maladie. Et surtout des sources de revenus futurs pour le français s’il réussit son pari : distribuer d’ici cinq ans les deux tiers des médicaments biosimilaires disponibles en France, dont il espère tirer 50 à 250 millions d’euros de chiffre d'affaires... Car avec l’expiration des brevets de nouvelles classes de biomédicaments, les ventes de biosimilaires devraient atteindre 94 millions d’euros en 2015, et même 200 millions d’euros en 2016, selon Xerfi. Mais gare à la concurrence. Le 16 février, Hospira, qui s’est désormais fait un nom auprès des médecins hospitaliers français, lançait également son biosimilaire du Remicade.

Gaëlle Fleitour

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