Transports

"Le fonds Croissance Rail pourra aider à faire émerger ces ETI qui manquent au ferroviaire", selon Eric Tassilly

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Publié le , mis à jour le 27/11/2013 À 10H52

Entretien Le fonds Croissance Rail lancé mardi 26 novembre par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, vise à favoriser l’émergence d’ETI. Eric Tassilly, président du groupement des équipementiers de la Fédération des industries ferroviaires, explique à L'Usine Nouvelle l'importance de ce fonds pour la filière.

Le fonds Croissance Rail pourra aider à faire émerger ces ETI qui manquent au ferroviaire, selon Eric Tassilly © raz1940 - Flickr - C.C

L'Usine Nouvelle - Les équipementiers du ferroviaire ont reçu Pierre Farin, le directeur général de Croissance Rail, vendredi 22 novembre. Que vous a-t-il dit sur ce nouveau fonds ?

Eric Tassilly - Pierre Farin nous a fait un exposé détaillé de Croissance Rail. Il s’agit d’un fonds doté de 40 millions d’euros avec la SNCF, la RATP, Alstom, Bombardier et la BPI comme partenaires. Il a vocation à investir dans des entreprises du secteur ferroviaire. Il aura la capacité de réaliser des opérations allant jusqu’à 4 millions d’euros dans le cadre de prises de participation minoritaire. Les entreprises visées sont des équipementiers jugés prometteurs et/ou critiques pour la filière. Le fonds n’est pas là pour venir au secours d’entreprises en grande difficulté.

Comment la filière a-t-elle accueilli la création de ce fonds ?

Depuis les Etats généraux de l’industrie, la filière pointe le besoin de soutien du secteur. Ce fonds avait d’ailleurs été annoncé en avril 2012, sous le nom de Fonds de modernisation des entreprises ferroviaires. Il n’avait pas été créé. Croissance Rail est aujourd’hui opérationnel. Il rend le dispositif d’aides au secteur plus lisible avec des règles d’éligibilité claires. Ce fonds a été bien accueilli. D’autant que l’enveloppe fixée de 40 millions pourrait grossir à l’avenir.

Croissance Rail vise notamment à contribuer à la consolidation du secteur, est-ce pertinent ?

L’industrie ferroviaire compte un grand nombre de petits acteurs, par exemple dans la mécano-soudure. Les grands intégrateurs ont aujourd’hui des demandes parfois disproportionnées envers ces PME d’une dizaine de personnes, comme créer une usine en Afrique du Sud ou s’implanter en Inde. Si le regroupement en clusters est une piste, le secteur a besoin de se consolider. Le ferroviaire français manque d’ETI. Croissance Rail pourra aider à les faire émerger en facilitant la fusion ou les acquisitions d’entreprises.

Quels autres types d’entreprises pourraient être visés ?

Il y a aujourd’hui des maillons clés de la filière qui sont petits et fragiles. Les fournisseurs d’éléments intérieurs, par exemple. Ils n’ont peut-être pas l’air d’être des acteurs critiques de la filière, mais ils le sont ! Et ils sont souvent de petite taille, donc susceptibles de disparaître en cas de difficultés ou d’être rachetés, par exemple par des acteurs chinois dont les intégrateurs deviendraient dépendants. On peut imaginer que Croissance Rail aide au renforcement de ces maillons faibles.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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1 commentaire

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27/11/2013 - 09h35 -

Cela doit faire extrêmement plaisir à Monsieur Pierre Farin de se voir appeler Pascal Farin... Une rectification de l'article serait une marque de politesse basic.
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