Le fondateur de PIP nie avoir fait prendre des risques aux porteuses de prothèses mammaires

Le troisième jour du procès de l'affaire PIP, du nom de cette entreprise varoise ayant commercialisé des prothèses mammaires, a permis l'audience de Jean-Claude Mas, le fondateur du laboratoire et principal accusé dans ce dossier. L'un des cadres de l'entreprise jugés à Marseille pour "tromperie aggravée" a de son côté indiqué que tous les salariés de l'entreprise étaient au courant de l'existence d'un gel de silicone non homologué.

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Le fondateur de PIP nie avoir fait prendre des risques aux porteuses de prothèses mammaires

Jour d'audience au tribunal correctionnel de Marseille. Le procès de l'affaire PIP s'est ouvert le 17 avril, mais cette matinée était très attendue par les victimes des prothèses mammaires frelatées avec l'audition du fondateur de la société, Jean-Claude Mas.

Accusé avec quatre autres personnes de "tromperie aggravée" et "escroquerie", le gérant a assuré ne pas "avoir fait prendre de risques dans les années 90" à ses clientes, même s'il reconnaît que son gel "maison" n'était pas réglementaire. "(...) Le gel PIP n'était pas homologué mais il était homologable. J'ai eu le temps de lire les expertises en prison. Le gel PIP était aussi bio-compatible que le gel Nusil (gel de silicone le plus utilisé)".

Aux accusations de la présidente du tribunal, Jean-Claude Mas joue la crédulité : "Tromperie oui, mais le mot 'aggravé' ça veut dire quoi ?", a-t-il interrogé devant l'assemblée réunie au Parc Chanot, rapporte La Marseillaise.

"En fait nous n'avez jamais suivi d'études de chimie ou de biologie ?", lui demande la présidente. Jean-Claude Mas : "Je suis celui qui le connais le mieux ce gel, de manière empirique." Il confie avoir voulu faire homologuer son gel "maison" mais n'avoir jamais eu "assez d'argent". "Je voulais devenir formulateur. Il fallait 1 millions d'euros de matériel", explique-t-il.

Egalement prévenu dans cette affaire, Claude Couty, numéro 2 de PIP, s'est expliqué sur l'utilisation de gels non homologués dans la confection des prothèses : "Effectivement j'ai permis la vente de lots non homologués mais je n'ai jamais eu conscience du danger. La dangerosité était exclue de mon esprit. Je n'ai pas eu conscience de l'importance de ce problème réglementaire".

"100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant"

Enfin, devant le tribunal correctionnel, Loïc Gossart, 39 ans, directeur production chez PIP de 2006 jusqu'à sa liquidation judiciaire en 2010, a affirmé que "100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant".

"Je ne me considère pas pénalement responsable des faits qui me sont reprochés, en tous les cas pas plus responsable que d'autres" au sein de PIP, a-t-il déclaré, se disant en revanche très "touché moralement". Il explique avoir pris conscience en 2007 du taux de rupture inhabituel des implants, notamment après la visite d'un chirurgien: "il m'a montré l'image d'un implant éclaté, avec le gel liquéfié".

"J'ai essayé de faire mon possible", ajoute-t-il, relevant que le retour complet au gel Nusil qu'envisageait un des cadres responsables déplaisait aussi "aux syndicats" car, plus cher, il aurait entraîné un surcoût et des risques de licenciements dans un contexte de difficultés économiques de la société de 120 salariés.

Pourquoi ne pas avoir eu "un sursaut citoyen ?", l'interroge alors le procureur Jacques Dallest. "On essaie de partir, de chercher un emploi à côté... je n'ai pas démissionné car ça reste difficile", lui a-t-il répondu.

Elodie Vallerey

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