Le foie gras du Sud-Ouest fait son retour, après l’influenza aviaire

Après une crise sans précédent liée à l’influenza aviaire, les professionnels du foie gras relancent la production depuis quelques semaines. Un long travail de reconquête des parts de marchés s’annonce pour les industriels, notamment à l’export.

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Le foie gras du Sud-Ouest fait son retour, après l’influenza aviaire

"Que les consommateurs français se rassurent, il y aura bien du foie gras pour les fêtes", répète Marie-Pierre Pé, la déléguée générale du Comité interprofessionnel du foie-gras (Cifog). Mais il sera un peu plus cher, de près de 40 centimes par tranche de 40 grammes (10 euros par kg). Depuis le 15 août, la production est repartie dans les usines du Sud-Ouest de la France, après quatre mois d’interruption suite aux mesures sanitaires liées à l’épizootie d’influenza aviaire. "18 départements ont été concernés par ces mesures, soit 71 % de la production française", rappelle Marie-Pierre Pé. Selon les prévisions du Cifog, la production française devrait reculer de 4 750 tonnes cette année (-25 %), par rapport aux 19 242 tonnes de 2015, soit l’équivalent de 9 millions de canards en moins sur un total de 37,18 millions en 2015. Du jamais vu !

Des parts de marché à reconquérir à l’export

L’arrêt de la production pendant quatre mois, à la fois dans les élevages et chez les transformateurs laisse des traces importantes. Sur le plan sanitaire, les élevages et les transformateurs ont dû engager des investissements pour mettre en place de nouvelles mesures drastiques de sécurité sanitaire. Sur le plan commercial, les français ont perdu des parts de marché importantes sur le grand export. Après un excédent commercial de 56,3 millions d’euros en 2015 (sur un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros), la filière devrait enregistrer une perte nette cette année. Sur les neuf premiers mois de 2016, la balance affiche un déficit de 2,8 millions d’euros. "Beaucoup de marchés, comme le Japon se sont fermés à la suite de l’influenza aviaire. Il va nous falloir du temps pour reprendre les parts de marché perdus", estime Christophe Barrailh, le président du Cifog. Une aubaine pour des pays comme la Hongrie et la Bulgarie qui se sont installés sur ces marchés.

Une facture de près de 500 millions d’euros

Au total, la facture devrait être salée pour l’ensemble de la filière. Le Cifog estime à près de 500 millions d’euros les conséquences pour la filière, dont 270 millions d’euros de pertes liées à l’arrêt de production (130 millions d’euros sur l’amont et 140 millions d’euros pour l’aval) et 220 millions d’euros d’investissement pour passer aux nouvelles normes de biosécurité. "Si l’amont de la filière a pu bénéficier d’aides liées aux pertes de revenus, les transformateurs n’ont toujours rien reçu à ce jour", a rappelé Marie-Pierre Pé. La hausse du prix du foie gras ne devrait pas financer les pertes d’activité des industriels sur le printemps. "C’est une hausse structurelle pour répondre aux nouvelles normes de production", assure Michel Fruchet, vice-président du Cifog et directeur général de la coopérative Val de Sèvre. La saison festive aura un gout amer pour les industriels du foie gras cette année.

Adrien Cahuzac

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