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Le financier Abraaj lève 1 milliard de dollars pour son fonds sur l'Afrique sub-saharienne et prépare un véhicule sur le Maghreb

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Mené par l'homme d'affaires Arif Naqvi, le groupe financier Abraaj vient de lever près d'un milliard de dollars dans son troisième fonds voué à l'Afrique subsaharienne. Abraaj est, par ailleurs, en train de finaliser un autre véhicule financier centré sur l'Afrique du nord avec une cible de 300 millions de dollars au moins. Au Maroc, Abraaj a plusieurs prises de participation à son actif, dont une dans le groupe Saham.

Le financier Abraaj lève 1 milliard de dollars pour son fonds sur l'Afrique sub-saharienne et prépare un véhicule sur le Maghreb
Arif Naqvi, fondateur d'Abraaj
© dr

Le groupe financier Abraaj, basé à Dubaî aux Emirats Arabes Unis a indiqué dans un communiqué daté du 12 avril avoir clôturé son troisième fonds consacré à l’Afrique sub-saharienne. Il est parvenu à lever 990 millions de dollars.

Ce fonds de private equity, nommé Abraaj Africa Fund III (AAF III) ciblera des "investissements de croissance dans des entreprises opérants en liaison avec la population croissance de consommateurs urbains". Il a été souscrit à hauteur de 76% par divers investisseurs institutionnels : fonds de pension, fonds souverains, institutions financières multilatérales et africaines et à près des deux tiers par des acteurs américains et européens.

AAF III est le troisième véhicule de ce type monté par Abraaj, un groupe fondé par le financier d'origine pakistanaise Arif Naqvi. Très en vue, hôte familier de Davos, des colloques de la Banque mondiale ou de la fondation Bill Gates, celui-ci avait acheté en 2012 le fonds londonien Aureos spécialisé sur les pays émergents : Afrique, Amérique latine, Asie...

Abraaj affirme avoir déjà consacré plus de 3 milliards de dollars d'investissements en private equity au continent africain. En Afrique sub-saharienne, Abraaj revendique 67 investissements ( surtout via Aureos) dans neuf secteurs différents avec 30 sorties totales ou partielles. L'an dernier Abraaj a pris par exemple la majorité du sud-africain Liberty Star Consumer Holdings (Libstar), un groupe de 4 000 personnes opérant dans l'agro-alimentaire et les produits ménagers.

au maghreb, soutien de la SFI et de la BEI

En Afrique, les équipes dédiées d’Abraaj, soit 27 personnes, sont basées à Nairobi, Lagos, Accra et Johannesburg. Si le groupe opère en Afrique noire, il a aussi réalisé plusieurs investissements au nord du continent. Et il prépare ainsi la mise en route d’un nouveau fonds sur le Maghreb et l’Egypte ciblant les PME.

Ce fonds "Abraaj North Africa Fund II" est soutenu notamment par la SFI, filiale de la Banque mondiale vouée au secteur privé et par la Banque européenne d’investissement (BEI), la première va y investir 20 millions de dollars, la seconde 20 millions d'euros. La taille de ce fonds serait supérieure à 300 millions de dollars pour une cible de 250 millions, selon le Financial Times..

Concernant le Maroc, le groupe Abraaj compte déjà au moins trois investissements à son actif. Voilà tout juste un an, il a acquis une participation, non précisée, dans la PME de chocolat Kool Food, basée à Casablanca. Auparavant, il avait réalisé en 2013 une prise de participation dans la société pharmaceutique Stéripharma.

En 2012, Abraaj qui dispose d'une antenne à Casablanca, avait injecté pour 125 millions de dollars, prenant 18,75% du capital, dans le groupe d'assurance et de services Saham détenu par Moulay Hafid Elalamy, le ministre marocain de l'Industrie.

Plus de 850 fonds sur le continent.

Selon Arif Naqvi, la forte demande pour son nouveau fond AAF III "reflète l’appréciation croissante des investisseurs pour le potentiel de croissance de l’Afrique (…). L’urbanisation et la croissance démographique alimentant la croissance de la consommation dans de nombreux secteurs de la part de la jeune classe moyenne". Abraaj est aussi très présent dans la santé (cliniques, etc...).

Si la croissance du continent commence à ralentir (4% cette année selon la Banque mondiale contre 6% l’an dernier), il a attiré ces dernières années de nombreux opérateurs financiers internationaux en quête de diversification et de rendement.

Au total plus de 850 fonds opéreraient sur le continent.

Outre Abraaj, parmi les groupes de capital investissement les plus en vue figurent notamment Helios qui a déclaré fin 2014 avoir cumulé 1,1 milliard de dollars sur un fonds (un record), Actis ou encore Atlas Mara, créé par le financier londonien Bill Diamonds (qui connaît en ce moment quelques soucis de gouvernance). Des grands noms comme KKR, Edmond de Rotschild ou Carlyle sont aussi de la partie.

Des fonds sectoriels (en infrastructures notamment) ou plus régionaux, comme ceux lancés par le groupe tunisien TunInvest-AfricInvest ciblant l’Afrique du nord (Maroc notamment) se sont aussi multipliés ces dernières années.

Mais au total, l'Afrique ne drainerait qu'une petite partie du private equity mondial, moins de 5%. Au Maroc, selon le dernier bilan de leur fédération l'AMIC, les investisseurs en capital ont engagé un total de 65 millions d’euros l’an dernier.

P.-O. R.

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