Le financement des biotechs signe son grand retour

Après une année 2011 très difficile avec des disparitions d’entreprises et un financement en panne, 2012 s’est révélée de meilleure augure pour les entreprises françaises des sciences de la vie.

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Le financement des biotechs signe son grand retour

Les biotechs retrouvent le sourire. A l’occasion de la présentation du panorama annuel de l’industrie des sciences de la vie en France ce jeudi 6 juin, André Choulika, président de France Biotech (l’association qui regroupe ces entreprises), n’a pas caché son soulagement. En 2012, le financement de ces entreprises qui conçoivent médicaments, dispositifs médicaux, biocarburants ou encore biomatériaux, est reparti à la hausse. Il était temps !

Car les défaillances s’étaient accélérées dans ce secteur gourmand en capitaux, au retour sur investissement très long (comptez 10 à 15 ans pour le développement d’un médicament !). L’année 2011 avait ainsi été particulièrement meurtrière, avec 25 fermetures d’entreprises, pour un panel de 200 entreprises de moins de 250 salariés.

Un marché boursier particulièrement dynamique en France

Principal frein au développement des biotechnologies en France, l’aversion au risque des apporteurs de capitaux semble heureusement avoir été plus limitée en 2012. Les investissements dans les 186 entreprises retenues dans le panorama ont ainsi progressé de 27%, atteignant 364 millions d’euros. En particulier grâce au marché boursier, qui a permis de lever 146 millions d’euros (en hausse de 59%), notamment grâce à huit introductions en bourse (désormais 36 biotechs sont cotées), faisant de la France un exemple à l’échelle européenne. Le capital-risque a aussi signé son grand retour, avec 14% d’augmentation, et poursuit même son dynamisme sur l’année 2013.

Les "fonds corporate" manquent toujours à l’appel

Mais où sont les fonds d’investissement corporate, se demande néanmoins André Choulika. Alors que l’industrie pharmaceutique constitue le premier client des biotechs en lui apportant 22% de ses revenus, elle ne participe quasiment jamais à leurs tours de table ! Alors que les fonds de Bayer, Boehringer Ingelheim ou BASF en Allemagne, GSK en Angleterre et Novartis ou Roche en Suisse soutiennent beaucoup plus leurs compatriotes biotechs, affirme–t-il. La France devant se contenter d’initiatives gouvernementales comme les fonds FSI, ou Innobio, financé néanmoins à 50% par les big pharmas…

Réformer le statut de JEI

Et pour aider ces entreprises à grandir (seulement 4% d’entre elles comptent plus de 100 employés !), André Choulika appelle, une nouvelle fois, le gouvernement à réinstaurer le statut JEI (Jeune Entreprise Innovante). C’est-à-dire : enlever les plafonds instaurés dans la loi de finances 2011, allonger la durée de ce statut de huit à quinze ans - "car on ne gagne pas d’argent en huit ans dans les biotechs !", affirme le patron de France Biotech - à condition que les dépenses de R&D soient d’au moins 20% (et non plus 15%).

Mais aussi exonérer totalement de l’impôt sur les plus-values leurs actionnaires, diriger obligatoirement 5% de l’assurance-vie vers les JEI pour prendre le relais du capital-risque et du marché boursier. Et enfin favoriser le tissu industriel en créant un crédit impôt recherche "collaboratif", qui serait conditionné à des collaborations avec des JEI ou des PME innovantes, au-delà de 30 millions d'euros.

Gaëlle Fleitour

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