Transports

Le feuilleton Veolia Transdev n’est pas terminé

Olivier Cognasse , , ,

Publié le

Analyse Cet été, la prise de contrôle de Transdev par la Caisse des dépôts a été confirmée pour la fin de l’année. Il reste à trouver un nouvel actionnaire pour que Veolia se désengage définitivement.

Le feuilleton Veolia Transdev n’est pas terminé
Rames métro Mumbai exploité par RATP Dev et Transdev
© Olivier Cognasse

La France devait créer le premier opérateur mondial privé dans le transport public. C’était en 2009. Nicolas Sarkozy était président de la République et son ami Henri Proglio tenait les rênes de Veolia. Il faudra attendre deux ans pour que la fusion entre Veolia et Transdev devienne effective. Avec pertes et fracas, Veolia annonce moins d’un an plus tard vouloir abandonner le secteur du transport. En 2013, le groupe Veolia Transdev redevient Transdev et le désengagement de Veolia est annoncé comme imminent. Mais le dossier SNCM, l’opérateur de transport maritime qui opère entre Marseille et la Corse, va plomber l’opération pendant plusieurs années.

Débarrassé de ce fardeau début 2016, en limitant la casse sociale et en évitant de rembourser 400 millions d’euros d’amende infligée dans un premier temps par Bruxelles pour des aides d’Etat, le processus du désengagement de Veolia s’est accéléré. Fin juillet, les deux actionnaires ont annoncé la montée de la Caisse des dépôts (CDC) au capital de Transdev. Elle en détiendra 70% en fin d’année, contre 50% aujourd’hui. Elle a racheté pour 220 millions d’euros 40% des parts de Veolia. Encore une fois, la sortie définitive de Veolia - annoncée depuis quatre ans - de Transdev se fait au petit trot. De là à parler d’Arlésienne….

Sans nouvel actionnaire, la CDC seule à la manœuvre

Dans leur communiqué du 29 juillet, les deux protagonistes de l’affaire évoquent "un projet d’accord en vue d’un changement actionnarial et du désengagement de Veolia de la société Transdev Group". Il poursuit : "A l'issue de cette opération, la Caisse des Dépôts détiendrait ainsi 70% du capital de Transdev et en prendrait le contrôle exclusif, tandis que Veolia conserverait, à titre transitoire, 30% du capital".  

Ils se donnent deux ans pour trouver un actionnaire stable et durable. Un délai raisonnable pour une entreprise qui, après le fiasco de la fusion, a su redresser la tête sous la présidence de Jean-Marc Janaillac, parti depuis peu chez Air France. Mais le transport public dégage peu de marges en général et le groupe pourrait ne pas trouver preneur.

Dans ce cas, la CDC dispose d’une option d’achat pour les 30% du capital encore aux mains de Veolia. Mais est-ce la vocation de la Caisse des Dépôts de posséder la totalité du capital d’une entreprise de transport ? La bonne santé de Transdev pourrait l’y encourager. En 2015, le groupe a réduit son endettement de 15% à 742 millions d’euros, le résultat net a triplé à 82 millions d’euros et le chiffre d’affaires a été stabilisé à 6,6 milliards d’euros pour la première fois depuis la fusion… Loin des 10 milliards promis pour cet exercice en 2011.

Olivier Cognasse

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

24/08/2016 - 19h59 -

La CDC était déjà l'actionnaire majoritaire du Groupe TRANSDEV avant la fusion avec Veolia Transport .... Alors en effet .... On peut s'interroger sur la vocation de la CDC d'être actionnaire d'un groupe de Transport.
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte