Le fabricant de meubles SCIAE repris par son ancien patron

La Société commerciale et industrielle d'ameublement européen (SCIAE) implantée à Dienville (Aube) a trouvé son sauveur : Denis Lavandier, son ancien propriétaire de 1977 à 2010. Avec sa fille Sophie, il a présenté un plan de reprise qui a convaincu, jeudi 8 mars, le tribunal de commerce de Troyes (Aube). Cette décision permettra de préserver 61 emplois sur les 129 que compte le site aubois.

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Le fabricant de meubles SCIAE repris par son ancien patron

Placé en redressement judiciaire le 5 décembre 2017, le fabricant de meubles SCIAE basé à Dienville (Aube) a vécu des semaines difficiles depuis sa déclaration en cessation de paiement. Mais, désormais la société devrait repartir sur de nouvelles bases avec le retour aux commandes de la famille Lavandier, à qui le tribunal de commerce de Troyes (Aube) a fait confiance jeudi 8 mars, après la présentation d’un plan de reprise permettant de sauvegarder 61 emplois sur un total de 129 salariés et de retrouver la confiance des fournisseurs tout autant que des clients.

Denis Lavandier n’est pas un inconnu dans le secteur. Il a été le propriétaire et le développeur de la Société commerciale et industrielle d'ameublement européen (SCIAE) de 1977 à 2010, qui comptait, à l’époque 260 salariés. Il revient aux affaires avec sa fille Sophie, présidente de la holding familiale, qui connaît également bien l’entreprise et le secteur d’activité puisqu’elle a exercé à ses côtés durant de nombreuses années en qualité de directeur export, notamment.

"Quand j’ai vendu, nous réalisions 30 % de notre chiffre d’affaires à l’export dans 38 pays. Nous disposions de bureaux en divers points du monde et nous pensions que la croissance de l’entreprise à l’international passait par l’Allemagne, où nous étions trop peu présents. C’est pourquoi j’ai cédé à l’un des plus importants acteurs européens du secteur, un groupe munichois, Scipio, lequel détenait déjà trois usines. Avec, entre autres, l’effet de massification des achats, cela devait engendrer une baisse des coûts de revient de la SCIAE et lui permettre d’être plus compétitive", expose Denis Lavandier. Les choses ne se sont pas déroulées comme prévu après le départ du "patron historique", resté attentif à la vie de l’entreprise et de ses salariés. En 2012, Scipio a cédé son capital à Vivonio Furniture GmbH (1 300 salariés, 300 millions d’euros de chiffres d'affaire), groupe basé à Munich.

Des atouts pour relancer la machine

Denis lavandier avait investi et basé sa stratégie sur de gros volumes de production. A son "grand désespoir", il dit avoir vu s’amenuiser l’activité de la PME auboise, basée à Dienville, en raison de repositionnements de marché selon lui "peu judicieux".
Depuis la mise en redressement judiciaire de SCIAE fin 2017, trois cadres salariés de l’entreprise ont déposé un dossier de reprise auprès du tribunal de commerce de Troyes. Ce projet prévoyait le maintien de 43 salariés au maximum. Estimant qu’il était possible de conserver davantage d’emplois (une vingtaine supplémentaire) sur un territoire en difficulté, Denis et Sophie Lavandier se sont résolus à revenir dans le jeu en déposant à leur tour un dossier. Arrivé hors délais, il a malgré tout été pris en considération car plus ambitieux.

Ces événements nouveaux ont conduit le tribunal à renvoyer la décision qu’il devait prendre le 13 février au 6 mars puis à mettre sa décision finale en délibéré au 8 mars. Entre-temps, les trois cadres candidats à la reprise ont fait savoir qu’ils retiraient leur offre, considérant que celle formulée par la famille Lavandier disposait de meilleurs atouts pour relancer la machine et préserver l’emploi.

"Aujourd’hui, nous partons à la reconquête de nos clients, principalement situés dans la grande distribution spécialisée dans le meuble. Et nous nous engageons par ailleurs à rétablir la confiance avec les fournisseurs de l’entreprise. Tous nos partenaires savent l’expertise que nous avons acquise dans le métier (34 bilans positifs sur 35 exercices dans le passé) et ils connaissent nos capacités en termes de créativité produit. Certes, l’entreprise s’est vidée d’une partie de ses forces vives, mais nous avons la ferme intention de la remettre sur de bons rails, en repassant à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 14 millions d'euros en 2017 d’ici trois-quatre ans. Dans le même laps de temps, progressivement, nous recréerons de l’emploi", promettent les repreneurs.

Philippe Schilde

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