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COP21

Le durcissement des normes environnementales en Chine est "une formidable opportunité" pour Suez

Myrtille Delamarche , , ,

Publié le , mis à jour le 13/11/2015 À 09H56

Premier pollueur de la planète, la Chine prépare sa conversion à l’économie verte. Cette transition vers une industrie plus vertueuse s’accompagne d’opportunités alléchantes pour les groupes français de traitement de l’eau et des déchets. Suez et Veolia s’y disputent les contrats, avec un appétit accru pour les clients industriels.


Sur son site du Shanghai Chemical Industry Park, Suez devrait doubler la capacité de traitement des déchets dangereux d'ici 2017. (Photo Myrtille Delamarche)

 

Dix règles nationales sur la qualité de l’air (2013), 10 autres sur la qualité de l’eau (applicables en 2015), 2000 milliards de yuans annuels d’investissements verts au titre du 13e plan quinquennal (2016-2020)… La Chine convertit son industrie à l’économie verte. Avec des méthodes chinoises : planifiées et coercitives. Un responsable de Suez cite ainsi un représentant gouvernemental chinois qui s’était affirmé, au Comité France-Chine (co-présidé depuis cette année par le directeur général de Suez Jean-Louis Chaussade), "prêt à sacrifier un à deux points de PIB pour atteindre ses objectifs en termes d’impact environnemental".

Pour Suez, pas question de laisser à ses concurrents les contrats liés à cette "révolution de la ressource" – nouveau slogan de Suez depuis le regroupement de ses marques sous cette appellation. Le géant français des services environnementaux a fixé le cap : "devenir le leader qualitatif de l’industrie environnementale en Chine".

Pour cela, "nous continuerons notre croissance dans les services liés à l’eau. Mais nous voyons également un potentiel plus important dans les marchés des déchets ces prochaines années, dans un contexte de durcissement et d’application plus stricte de la régulation", affirme le directeur pour l’Asie de Suez, Steve Clark.

Objectif déchets

Actuellement, le chiffre d’affaires de Suez en Chine (754 millions d’euros Hong Kong, Taïwan et Macao inclus, contre un peu moins de 900 millions pour son concurrent Veolia) est réalisé à 80% dans l’eau, et à 20% dans le traitement des déchets, précise Steve Clark. Pour lui, la feuille de route est claire : à l’horizon 2020, cette répartition devra être égalitaire. Sachant que la branche déchets connaît déjà une croissance organique d’environ 10% par an. Pour atteindre les 50/50, Suez s’appuie sur deux activités distinctes : les services municipaux (85% du chiffre d’affaires en Chine) et ceux des sites industriels (15%).

Et c’est clairement sur cette dernière activité, à plus forte valeur ajoutée, que compte le groupe français pour assurer une croissance à marge positive. "C’est en tout cas pour ça que je suis là", affirme Jean-Pierre Arcangeli, vice-president de Sino French Water, la coentreprise entre Suez et le conglomérat hongkongais New World Services (NWS). Chargé du business development sur le segment clients industriels, Jean-Pierre Arcangeli compte s’appuyer sur la plus belle vitrine de Sino French en Chine : son système de gestion intégrée des déchets industriels situé au sein du Shanghai Chemical Industry Park (Scip).

Cap sur les parcs industriels

Pour contingenter les activités polluantes et permettre aux industries de mutualiser les services et infrastructures, la Chine a lancé des parcs industriels. Véritables villes nouvelles, ces zones regroupent par filière les industriels venus du monde entier produire en Chine pour le marché régional.

Ainsi, la plateforme pétrochimique de Shanghai (Scip) regroupe l’ensemble des acteurs de la pétrochimie et de la chimie. Ponton d’approvisionnement, craqueur d’éthylène, production et transformation de polymères… Toute la filière est installée ici sur un site de  30 km2. Et Suez a décroché en 2002 l’une des dernières concessions de 50 ans accordées par les autorités chinoises, pour le traitement des déchets industriels et la gestion de l'eau sur le parc.

Le site associe un incinérateur de déchets dangereux et une station d’épuration pour les déchets liquides classiques (eaux de process industriels). Sino French, à nouveau associée à 50/50 avec l’autorité de gestion du parc (Shanghai Chemical Industry Park Dévelopment Co), y assure le traitement des effluents industriels et la fourniture d’eau de refroidissement et d’eau déminéralisée aux industriels du parc (BASF, Bayer, DuPont, etc).

L’incinérateur de déchets dangereux, le plus grand de Chine et l’un des plus grands au monde, est opéré par une coentreprise entre Scip (50%), Suez (40%) et NWS (10%). D’une capacité annuelle de 60 000 tonnes, il fait actuellement l’objet d’un réinvestissement de 50 millions d’euros pour l’ajout d’une troisième ligne à même de doubler la capacité totale à échéance 2017.

Ce site-vitrine géant doit servir de tremplin à Suez, qui compte le répliquer dans d’autres parcs industriels. C’est notamment le cas à Nantong et, plus récemment, à Chongqing, dans la région du barrage des Trois-Gorges.

"La conversion de l’industrie chinoise est un beau projet, comme il n’en existe plus chez nous" relève Thierry Beheregaray, directeur du site Scip Sita Waste Services à Shanghai. Cet ancien de Péchiney (et de Veolia) confesse son amour pour l’industrie lourde et sa joie de rejoindre en Chine un nouveau défi à sa mesure. "Finalement, les normes qui se sont durcies représentent pour des groupes comme le nôtre ne formidable opportunité."

Myrtille Delamarche, à Hong Kong et Shanghai

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