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L'Usine Aéro

Le drone français n’est plus dans le vent

Olivier James , , , ,

Publié le

Malgré l'annonce de la SNCF de s'équiper d'une flotte d'ici la fin de l'année, la filière française du drone civil ne connaît pas le dynamisme espéré. Au risque d'être dépassée par d'autres pays...

Le fier cocorico a perdu de sa superbe et laisse place à un gazouillis maigrelet teinté d’amertume. En moins de trois ans, la filière française du drone civil, pourtant pleine d’allant depuis la réglementation établie en 2012, semble faire du surplace. Certes le français Parrot s’est taillé une belle renommée mondiale dans les drones de loisir. Certes la SNCF vient d’annoncer son intention de détenir une flotte d’une dizaine d’engins d’ici la fin de l’année pour la maintenance et la sécurité de son réseau.

Mais où sont les contrats que les innombrables opérateurs de la filière attendaient de la part des grands donneurs d’ordre ? Où sont les partenariats industriels, les levées de fonds, les acquisitions, autant de marques de dynamisme pour un secteur naissant ?

Vols illégaux

Le contraste est frappant avec des pays comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne. Paradoxe : alors même que la réglementation américaine n’existe pas encore, le régime d’autorisation existant permet aux professionnels d’effectuer des vols de drones plus facilement qu’en France… Entre une croissance atone et une réglementation dont les nouveaux arrêtés tardent à voir le jour (les évolutions seraient d’ailleurs minimes), les drones français patinent, les hélices se sont enchevêtrées dans les filets de la frilosité. Les vols illégaux ne seraient pas pour rien dans cette situation qui auraient incité les pouvoirs publics à une très grande prudence.

L’équilibre reste fragile entre le nécessaire encadrement des vols et l’attendu développement industriel. L’installation de bureaux commerciaux de l’opérateur Redbird dans la Silicon Valley est une réponse claire, d’autant que la valeur ajoutée se jouera de plus en plus dans l’analyse des données numériques. Quant à la réglementation européenne, qui pourrait faire naître un vaste marché, elle ne serait effective qu’en 2019. Autant dire, les calendes grecques.

Olivier James

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3 commentaires

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12/09/2015 - 23h19 -

@Aerofilms : merci pour ce commentaire (qui est encore plus intéressant que l'article !).
Je me permets d'ajouter "attendez que les US imposent leur réglementation au reste du monde, que leurs start-ups boostés de dynamisme et de dollars arrivent .... RedBird a compris ! "
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09/09/2015 - 19h31 -

Ce qui est curieux, est que l'administration française, une fois de plus, pense que de durcir la délivrance des autorisations aux professionnels (c'est ce qui est entrain de se passer dans certaines préfectures) va empêcher les vols illégaux... la France, toujours entre Ubu et Courteline... seuls les professionnels qui essayent de développer un marché naissant sont pénalisés... et au lieu de créer les emplois attendus, stagnent dans l'espoir qu'un éclair d'intelligence brille dans les hautes sphères...
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09/09/2015 - 17h38 -

Merci à nos politiques et à nos administrations qui n'ont rien fait pour mettre en place une véritable sélection à l'entrée de la filière, qui est en train d'exploser en vol. N'importe quel novice qui veut se lancer se paie une formation de quelques jours (même pas obligatoire) dans un organisme autoproclamé et PARFOIS (pas toujours, merci) géré par des gens qui sortent eux même de formation quelques semaines auparavant, sans aucune expérience sérieuse.

Il suffit ensuite d'acheter quelques centaines d'euro sur internet la liasse administrative pré-remplie complète et de la déposer à la DGAC sans même la lire et vous voilà opérateur professionnel, prêt à aller voler au dessus des gosses dans les cours d'école pour illustrer impunément les journaux télévisés qui abusent littéralement sur certaines chaînes, allant même jusqu'à refuser d'attendre les autorisations ou refuser de payer les frais de déplacement.

Merci à nos politiques et à nos administrations qui n'ont rien fait non plus pour entendre les revendications des professionnels et qui persistent dans une voie sans issue, malgré les consultations publiques qui ne sont là que pour la forme.

La réglementation est une véritable usine à gaz qui impose de nombreuses autorisations redondantes et inutiles, avec pour conséquence que l'administration n'arrive plus à traiter les demandes issues des processus qu'elle a mise en place. Elle est incapable de réformer, favorisant ainsi l'effet inverse de celui recherché : la prolifération des vols illégaux, soit par défiance, soit par nécessité économique.

Nous marchons littéralement sur la tête et tout le monde est content... Nous étions les premiers, nous serons bientôt les derniers, d'ici 3 à 5 ans. Alors oui, la filière drone civil a(vait) un énorme potentiel, mais elle n'a et n'aura jamais eu que du potentiel si on ne change pas très rapidement notre fusil d'épaule.

Beaucoup d'acteurs revenus à la réalité après l'euphorie sont désormais dans le transgresser ou mourir et n'ont plus le choix.

On parle de 3000 emploi dans la filière mais les 3/4 sont des auto-entrepreneurs qui ne parviennent pas à se rémunérer ou ont déjà une activité salariée (ce qui engendre une concurrence déloyale insoutenable). Personne ne recrute car nous n'avons aucune visibilité et un code du travail tellement lourd qu'il est intransportable.

Qui pense sérieusement que quelques grands comptes vont par leurs commandes maintenir sous perfusion tout un secteur ? La SNCF achète 10 drones, fantastique, mais hormis celui qui aura vendu les machines et qui à terme ne sera sans doute plus français, ce n'est pas ça qui va tirer toute l'économie. Pas plus SNCF qu'EDF ou je ne sais qui.
C'est le marché des PME qui a d'énormes besoins en la matière et qui va générer l'essentiel du volume, mais on ne le laisse pas se développer. Si vous ne travaillez pas pour un client prestigieux qui a le bras suffisamment long, on vous met des bâtons dans les roues jusqu'à l'abandon de la mission.

De la même manière, l'emploi ce n'est pas les entreprises du CAC40, mais dans les millions de TPE/PME et autres artisans sans lesquels le CAC40 n'existerait pas.

Ce que l'Etat n'a pas compris par rapport aux vols illégaux, c'est que CE NE SONT PAS les opérateurs légaux qui demandent des autorisations et déposent des plans de vol pour travailler dans la légalité qui sont les auteurs de ces vols illégaux. Nos entreprises ont besoin de travailler et tout est fait pour tuer l'activité économique, comme si certains se satisferaient bien de voir la filière drone civile partir en déliquescence, pour alléger leur charge de travail.

Ce que l'Etat n'a pas compris, c'est qu'à force de ne pas effectuer de contrôles sérieux et de ne jamais appliquer de sanctions réelles (uniquement quelques amendes non dissuasives et autres rappels à la loi), il se rend complice de ce qui arrive. Aujourd'hui le législateur a totalement perdu le contrôle, il est dépassé et ne sait plus comment sortir de l'ornière.

A la place, on invente chaque jour de nouvelles exigences stupides et abusives pour délivrer des autorisations qui n'arrivent jamais ou après la bataille (obligation de fournir les bons de commande confidentiels de nos clients alors que nous pouvons produire de l'image pour nous même, délais insupportables, dossiers complets en X exemplaires au lieu du seul formulaire prévu, etc, etc). L'imagination de nos chers fonctionnaires et sans limite et chacun y va de son interprétation. Pas de consignes, pas de circulaires, chacun fait comme il veut et si l'humeur de votre interlocuteur est mauvaise, et bien vous ne travaillerez pas.

VOILA LA REALITE, impossible dans ces conditions de développer quoi que ce soit.

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir prévenu beaucoup de monde depuis plusieurs années déjà... Lisez donc les commentaires des articles et vous comprendrez : http://aerofilms.fr/blog/reglementation/

Que voulez vous, nous sommes en France et notre emblème est le coq car c'est le seul oiseau qui continue à chanter les pieds dans la merde. A l'heure ou notre économie agonise, nous sommes ni plus ni moins en train de tuer dans l'oeuf une des rares filières prometteuses où nous étions capables de nous illustrer à l'international.

Au lieu de ça, on va nous vendre de la Start Up numérique à tous les étages, favoriser une concurrence débridée (cf. propos de Macron en Israël) et continuer à tuer de nombreux emplois traditionnels pour permettre à quelques uns de développer des business modèles sans contraintes.

Nous n'avons pas encore touché le fond et malheureusement, je crains que nous ne soyons obligés d'en passer par là avant qu'une prise de conscience ne s'opère.

C'est bien, poursuivez le traitement... Et attendez un peu que l'Europe mette son nez là dedans (c'est imminent) !
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05/08/2017 - 07h13 -

La solution va peut être venir des fabricants, qui après avoir vendu a tt va sans informer les clients des règles semble vouloir ce recheter une bonne conduite en modifient leur logiciel pour bloquer les zones interdites !
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