Le dossier médical personnel enfin généralisé

Gaëlle Fleitour

Publié le

Après avoir rencontré de nombreuses difficultés depuis sa création en 2004, le projet de dématérialisation du dossier médical sera enfin généralisé au plan national d'ici à trois mois. Les éditeurs de logiciels de santé devront intégrer dès cette année ce nouveau service dans leurs offres.

Le dossier médical personnel enfin généralisé © D.R.

Près de sept ans après sa création (via la loi du 13 août 2004), le Dossier Médical Personnel (DMP) vient enfin d'être lancé à l'échelle nationale. En dématérialisant les informations médicales relatives à un patient, le DMP devrait faciliter la prise en charge de ce dernier et la coordination des soins entre les personnels de santé.

Testé pendant trois mois par plusieurs établissements et professionnels de santé de quelques régions, ce service sera ensuite étendu aux patients et généralisé au plan national : les patients volontaires (car le DMP n'est pas obligatoire) pourront demander à leur médecin l'ouverture de leur accès direct à leur dossier médical via internet, tandis que les logiciels des professionnels seront mis à jour pour devenir "DMP-compatibles" et leur permettre d'utiliser ce service.

Un défi pour les 200 éditeurs des 360 logiciels de professionnels de santé, qui disposent depuis septembre 2010 d'un cahier des charges précis pour finaliser cette année l'intégration des services du DMP au sein de leurs offres, dans un cadre d'interopérabilité des systèmes d'information de santé.

"Le démarrage du DMP est un enjeu essentiel", a rappelé hier Xavier Bertrand lors de la conférence dédiée à l'amorçage du dispositif. "Il s'agit avant tout d'un outil pour améliorer la qualité des soins, mais aussi éviter les examens redondants", qui coûteraient 1 à 1,5 milliard d'euros par an à l'Assurance Maladie. Mais certains volets du dispositif reste à finaliser, comme son raccordement avec le dossier pharmaceutique. Et "le DMP aurait dû être mis en place depuis plusieurs années", regrette le ministre du Travail, de l'emploi et de la santé.

Un contrat sur 4 ans

Car Xavier Bertrand avait déjà travaillé sur le dispositif lorsqu'il était ministre de la Santé du gouvernement Villepin, de 2005 à 2007. Et la partie était alors loin d'être gagnée. Le projet avait connu de grosses difficultés avec des changements de stratégie, des expérimentations en régions à partir de 2006 plus ou moins fructueuses et souvent interrompues très rapidement.

En raison notamment de moyens et d'un calendrier "irréalistes", le dossier avait pris du retard. Il avait même rendu les industriels partenaires "amers et vindicatifs" alors qu'ils étaient au départ désireux de s'investir dans un projet prometteur. Le DMP avait en effet été annoncé comme "une structuration prometteuse du marché des technologies de l'information et de la communication dans le domaine de la santé", selon les termes repris en 2007 par un rapport d'une mission interministérielle chargée d'analyser les raisons des couacs du chantier.

C'est en 2009 que la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot-Narquin décidé de relancer le DMP, avec la création de l'ASIP Santé (Agence des systèmes d'information partagés de santé). Cette agence a lancé l'appel d'offres remporté en mars 2010 par le groupement constitué de Santéos (filiale d'Atos Origin), Atos Origin et Extelia (filiale de la Poste) pour le marché de l'hébergement national des DMP.

Le contrat court sur quatre ans et peut être prolongé un an avant qu'un nouvel appel d'offres ne soit lancé. Il a rapporté au groupement environ 12 millions d'euros pour la construction du système, ainsi qu'une dizaine de millions d'euros annuels pour l'hébergement et la maintenance du système, jusqu'à ce que soit atteint le seuil de quelques millions de DMP.

Le projet devrait alors coûter un euro par dossier et par an, selon les responsables de l'ASIP Santé. Une addition entièrement réglée par l'ASIP Santé grâce à des financements de l'Assurance Maladie.

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