Le Dossier Médical Partagé est (enfin) modernisé et disponible pour tous

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé le 6 novembre le lancement du Dossier médical partagé, le DMP. Le projet de carnet médical numérique, vieux de plus de quinze ans, devrait enfin se généraliser à tous les patients français. Une mission confiée à une filiale du français Atos.

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Le Dossier Médical Partagé est (enfin) modernisé et disponible pour tous
Le DMP a été imaginé il y a déjà une quinzaine d'années.

Après quinze ans passés dans les starting blocks, le Dossier médical personnalisé (DMP) a enfin été lancé. Ce carnet de santé numérique, que pourront ouvrir tous les Français, rassemble toutes les informations relatives au parcours de soin (traitements, hospitalisations, etc) sur un fichier numérique.

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Après un demi-milliard d’euros dépensés et des années d’échecs, le déploiement du DMP avait été confié à l’Assurance maladie en 2016 par la Loi santé de Marisol Touraine. Une errance que ne nie pas la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 6 novembre. "Je vais rendre hommage à mes prédécesseurs, c'est grâce à leurs échecs successifs que je vais peut-être réussir. On a compris de ces échecs ce qui dysfonctionnait", a-t-elle expliqué la veille sur LCP.

Depuis 2016, le DMP est testé dans neuf départements. Cette première phase a permis de créer 550 000 dossiers entre décembre 2016 et mai 2018. En tout, depuis le début du projet, plus de 1,2 million de dossiers ont été ouverts selon la CNAM.

"Un dossier patient électronique partagé, c’est devenu indispensable sur le plan informatique pour une médecine moderne", explique Stéphane Boyer, le directeur général Europe et Afrique de la start-up d'imagerie médicale Arterys. "Il faut absolument mettre en commun des data des patients pour éviter des erreurs de parcours. Aujourd’hui, toutes les données sont morcelées dans des serveurs d’hôpitaux différents. Si un patient a 50 profils différents sur différentes plateformes, il risque d’être mal diagnostiqué ou de ne pas bénéficier du traitement qui serait le plus adapté à son cas."

EVITER LES ÉCHECS DES DERNIÈRES ANNÉES

Seul le médecin traitant aura accès à l’ensemble des informations présentes sur la plateforme. Le patient pourra choisir à quels autres professionnels de santé, kinésithérapeutes, infirmiers ou autres, il choisit de communiquer ses données.

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Concernant les risques d’une plus grande envergure, comme le hacking, le système devra assurer une sécurité sans faille, puisque les données ne seront pas anonymisées. "L’hébergeur des données, Santeos, est une filiale du groupe français Atos, un spécialiste de la e-santé", explique Jean-Baptiste Guillaume, spécialiste santé chez IAC Partners. A priori, pas de risque de revente de données, comme lors du scandale 23andMe. "Ces informations peuvent être utilisées uniquement pour l’amélioration de votre suivi médical. Toute autre utilisation est interdite", assure l’Assurance Maladie sur son site internet.

"Lors des précédents lancements du DMP, il n’y avait aucune incitation à l’utiliser. Seuls les médecins traitants étaient habilités à ouvrir ce dossier. Et comme ils n’étaient pas pilotés par l’Assurance maladie, ils restaient vides", explique Jean-Baptiste Guillaume d’IAC Partners. Cette fois, l’ouverture peut-être faite par les pharmaciens et même les patients eux-mêmes, en ligne, en quelques minutes. Alimentés par l’Assurance Maladie, ils seront donc remplis automatiquement.

Un projet parallèle au Health Data Hub ?

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A côté du DMP, le ministère de la Santé a annoncé cette année la mise en place du Health Data Hub, un regroupement de données de santé issues des hôpitaux, de l’Assurance Maladie et d'autres structures de soin. A terme, le DMP devrait venir nourrir cette base de données. "Dans le HealthDataHub, la grosse difficulté consiste à croiser des données issues de logiciels très différents. Le DMP va permettre de tout mettre au même format. Et à terme, il viendra compléter le Hub."

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