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L'Usine Aéro

Le dirigeant de Safran "ravi" de la nomination de Guillaume Faury comme futur patron d’Airbus

Olivier James , , , ,

Publié le

Le patron de Safran, Philippe Petitcolin, se dit proche de Guillaume Faury, qui prendra la tête d’Airbus en avril 2019. Les deux hommes vont devoir se mettre d’accord l’an prochain sur une possible hausse des cadences de production de l’A320.

Le dirigeant de Safran ravi de la nomination de Guillaume Faury comme futur patron d’Airbus
Philippe Petitcolin Safran
© Dahmane

"C’est un copain", répond tout de go Philippe Petitcolin. Et de poursuivre : "il a tout le talent et l’expérience nécessaire pour prendre la suite. C’est une nouvelle génération qui arrive, j’en suis ravi. En tant que personne, ça me va très bien". La nomination récente de Guillaume Faury comme futur patron du groupe Airbus, prévue pour avril prochain, enthousiasme clairement le patron de Safran. Il a loué sa proximité avec le futur dirigeant de l’avionneur européen jeudi 11 octobre, en aparté de l’inauguration à Hambourg d’une usine d’intégration de nacelles du moteur Leap pour les Airbus A320neo. Un site opérationnel depuis 2016, employant plus de 70 personnes, et qui a nécessité près de 10 millions d’euros d’investissement.

Alors que Safran fournit à Airbus le moteur Leap – produit avec son partenaire américain General Electric au sein de leur société commune CFM International – équipant un peu plus de la moitié de la famille des monocouloirs remotorisés, la question des rapports entre les deux hommes dépasse la simple anecdote. "J’ai toujours vu Tom Enders comme un grand chef, a précisé le dirigeant de Safran. J’ai eu bien plus de rapports avec Guillaume, car j’ai eu plus à travailler avec lui qu’avec Tom Enders. Notre relation sera plus simple. Mais ce n’est pas tant ce lien qui importe que la capacité de nos deux sociétés à maintenir une relation proche pour continuer à travailler ensemble." Leurs liens seront d’autant plus resserrés que Guillaume Faury pourrait l’an prochain cumuler les fonctions de patron du groupe Airbus avec celui de dirigeant de la branche aviation commerciale.

Vers une nouvelle hausse des cadences

Des propos qui rappellent l’interdépendance entre les deux industriels. Coté Airbus, la famille A320 demeure le programme phare avec plus de 14 000 commandes cumulées au compteur, à tel point que l’avionneur vise un rythme de production de 63 appareils par mois dans le courant de l’année 2019 contre une cinquantaine début 2018. Côté Safran, le Leap et son prédécesseur le CFM 56, dont la production de série s’achèvera en 2020, représentent de loin l’activité du groupe la plus rémunératrice. Mais aussi son défi industriel le plus aiguë : avec le Leap, déjà commandé à plus de 16 000 exemplaires, Safran doit opérer en quatre ans une montée en cadences équivalente à celle que le CFM 56 a effectué sur une période de trente ans. Démarrée en 2016, sa production va passer de 1 100 exemplaires en 2018, à 1800 en 2019, puis 2000 en 2020.

Safran a-t-il les capacités d’aller au-delà, comme le souhaite Airbus ? Ce sera l’un des principaux sujets chauds entre les deux industriels que leurs dirigeants respectifs devront trancher l’an prochain. Philippe Petitcolin et Guillaume Faury pourront mettre à profit leur proximité pour tomber d’accord : Airbus souhaiterait relever les cadences et envisage déjà sur une production de 70 voire 75 appareils par mois à l’horizon 2021. "Il faut attendre d’être stabilisé à la cadence répondant aux besoins de nos clients, en particulier avec Airbus, avant de prendre des engagements supplémentaires, a ajouté le dirigeant de Safran. Le premier trimestre 2019 sera le bon moment pour acquérir cette confiance dans la robustesse de notre chaîne d’approvisionnement."

Des négociations prévues début 2019

En attendant, Safran doit s’atteler à résorber ses retards de livraisons, causés par des délais supplémentaires chez certains fournisseurs (forgerons et fondeurs), impactant l’assemblage des moteurs et in fine les livraisons d’appareils aux compagnies aériennes par Airbus. Dans une interview accordée à L'Usine Nouvelle en avril dernier, le dirigeant expliquait que 80% de la chaîne d'approvisionnement est identique pour les moteurs Leap et CFM56  "Nous n’avons plus qu’un mois de retard, a souligné Philippe Petitcolin. Et nous maintenons l’objectif de livrer à l’heure d’ici la fin de l’année."

Les négociations s’annoncent donc serrés entre les deux parties, une hausse de cadences de production représentant pour un groupe comme Safran une série d’investissements industriels nécessaires. Au total, Safran et General Electric ont investi 1 milliard d’euros en développement de capacités dans le monde pour le Leap, comprenant 9 nouvelles usines. Si une nouvelle hausse de cadences était entérinée, elle supposerait avant tout des extensions de capacités d’usines existantes. "S’il y a des investissements complémentaires pour nous ou nos fournisseurs, il nous faudra un minimum de durée de garantie de ces cadences afin d’obtenir l’accord de nos administrateurs pour investir, a souligné Philippe Petitcolin. Cet aspect commercial sera discuté au début de l’année prochaine."

Olivier James, à Hambourg (Allemagne)

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