Le directeur général de BP en discussions au Moyen-Orient

par Amena Bakr et Kristen Hays

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ABOU DHABI/HOUSTON (Reuters) - Le directeur général de BP Tony Hayward a rencontré des représentants des fonds publics d'Abou Dhabi mercredi alors que la perspective de nouveaux investissements et les progrès réalisés pour le colmatage de la fuite du puits à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique soutiennent l'action.

Tony Hayward a rencontré des responsables de l'Abu Dhabi Investment Authority (Adia), l'un des plus gros fonds souverains au monde, a-t-on déclaré de source autorisée aux Emirats arabes unis (EAU).

Selon une rumeur, BP chercherait un actionnaire stratégique pour prévenir une éventuelle tentative d'OPA et l'aider à s'acquitter des coûts liés à la marée noire qu'il a provoquée dans le golfe du Mexique.

Selon la source des EAU, la visite du directeur général de BP a principalement été prévue pour discuter des concessions de BP avec l'Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC).

Reuters a également vu Tony Hayward en compagnie de responsables d'un autre fonds souverain.

"Nous sommes ici pour discuter avec nos actionnaires actuels", a déclaré un Tony Hayward à l'air réjoui dans le hall d'un immeuble d'Abou Dhabi avant d'entrer en réunion en compagnie de son équipe de six personnes.

WASHINGTON VEUT ETRE TENU AU COURANT

Les dirigeants de BP ont également tenu des discussions avec les fonds souverains du Koweït, du Qatar et de Singapour en plus de celui d'Abou Dhabi, a précisé mardi une source des EAU.

En revanche, International Petroleum Investment Company (IPIC), une société d'Abou Dhabi qui investit dans les actifs pétroliers et gaziers, n'est pas intéressée par l'acquisition d'une participation dans BP, a déclaré une source interne à la société.

BP a dit ne pas avoir l'intention d'émettre de nouvelles actions, mais des banquiers ont déclaré que le groupe pétrolier était en campagne de promotion alors que sa valorisation boursière a fondu de moitié depuis avril et la fuite du puits de pétrole dans le golfe du Mexique.

BP a confirmé mercredi avoir reçu une lettre du gouvernement américain, mais a dit qu'il ne ferait pas d'autres commentaires sur un article rapportant la demande le 23 juin du département de la Justice d'une consultation préalable en cas de ventes d'actifs ou de transactions.

Les discussions du dirigeant de BP interviennent alors que le colmatage du puits de pétrole dans le golfe du Mexique est en avance d'une semaine sur le calendrier prévu, a déclaré un responsable américain chargé de la supervision des mesures visant à répondre à la catastrophe.

Il a toutefois ajouté que mi-août restait l'objectif pour l'achèvement de ce colmatage.

L'action BP, déjà en hausse ces derniers jours, a fini en hausse de 4,8% à 360,85 pence, après avoir un moment touché son plus haut niveau depuis le 21 juin.

"Avec le directeur général à Abou Dhabi parlant au fonds souverain pour obtenir un investissement il n'est pas étonnant qu'il y ait un certain enthousiasme sur le marché pour le titre BP", souligne Mic Mills, chef du trading électronique chez ETX Capital.

Mais les progrès réalisé dans le colmatage de la fuite sont également un facteur de soutien de l'action, précisent d'autres observateurs.

Plusieurs fonds souverain sont déjà actionnaires de BP. Ceux de Norvège et du Koweït détiennent ainsi 1,8% chacun du groupe britannique, alors que la Chine et Singapour possède respectivement 1,1% et 0,7% de BP, selon des données compilées par Thomson Reuters.

avec les bureaux de Londres, d'Abou Dhabi, de Dubaï, de Miami de Houston et de New York, Wilfrid Exbrayat et Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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