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L'Usine Auto

Le Dieselgate vire au règlement de compte au sein de Volkswagen

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Après les accusations de Ferdinand Piëch envers quatre membres de Volkswagen, la presse allemande se demande à quel jeu joue le patriarche.

Le Dieselgate vire au règlement de compte au sein de Volkswagen
Le patriarche Ferdinand Piëch, ancien président du conseil de surveillance de Volkswagen.
© D.R.

L’affaire des moteurs truqués de Volkswagen est en train de virer au règlement de compte. Après les accusations du patriarche Ferdinand Piëch, la levée de boucliers au sein du groupe de Wolfsburg est totale. L’ancien dirigeant du constructeur, toujours membre du conseil de surveillance, affirme qu'il avait prévenu ses successeurs de l'existence d'un logiciel truqueur dès le printemps 2015, soit six mois avant l’éclatement du scandale. Devant le parquet de Brunswick (Basse-Saxe), il a même nommément cité quatre de ses dirigeants : Stephan Weil (SPD), le ministre-président du Land de Basse-Saxe, gros actionnaire du groupe, le président du comité d’entreprise Bernd Osterloh, l’ancien patron du syndicat IG Metall Berthold Huber et le cousin de Piëch, Wolfgang Porsche, lui aussi gros actionnaire du groupe. Aucun d’eux ne fait pourtant l’objet d’une enquête du parquet.

Les journaux allemands s'interrogent

Selon des informations du magazine der Spiegel et du journal Süddeutsche Zeitung, Piëch aurait été informé dès février 2015 de l’existence des logiciels litigieux par l’intermédiaire d’anciens agents des services secrets israéliens, qui auraient eux-mêmes obtenu ces informations de sources américaines. Il aurait alors prévenu ses collègues du conseil de surveillance en mars 2015, une information qui aurait pourtant été tue. Selon l’agence Reuters, l'ancien ambassadeur d'Israël en Allemagne, Avi Primor, a immédiatement nié avoir discuté de ce point avec l’intéressé.

De même, les quatre membres de VW ont vivement attaqué le patriarche de 79 ans, par voie de communiqués de presse. "Ces reproches sont connus depuis quelques mois. Ils ont été examinés par un jury indépendant et déjà jugés irrecevables, s’est ainsi défendu Stephan Weil. Je n’ai appris le truquage du logiciel que le 19 septembre 2015. Tout autre allégation relève du mensonge." Au sein d’IG Metall, Berthold Huber et Bernd Osterloh tentent aujourd’hui de se retourner contre lui : "Maintenant, nous attendons que la direction examine la possibilité d’intenter une action contre Piëch", indique-t-il dans un communiqué.

Ce vendredi 10 février, la presse allemande se demande à quel jeu joue le petit-fils de l’inventeur de la Coccinelle. "Après être resté silencieux pendant des mois, même pendant les accusations contre Porsche, le patriarche revient maintenant avec violence sur le devant de la scène, s’interroge ainsi le journal Die Welt. Dit-il la vérité ou y a-t-il une stratégie derrière ?" De son côté, le journal Hamburger Abendblatt s’interroge aussi sur ce silence, alors que Piëch était encore jusqu’en avril 2015 président du conseil de surveillance. "En décidant de parler, il s’accuse donc ouvertement", écrit le journal qui avance deux hypothèses : "Piëch essaie ainsi de se mettre dans une meilleure position, en s’assurant un rôle de témoin." Selon le journal, le fait d’avoir choisi l’un des meilleurs avocats plaide en faveur de cette stratégie. La deuxième explication, également soutenue par les mis en cause, serait "la vengeance de Ferdinand Piëch envers le groupe". On se souvient qu’il avait été évincé de la présidence du conseil de surveillance en avril 2015 par Martin Winterkorn, son protégé, et que l’homme fort de la marque avait dû sortir par la petite porte. Il aurait alors attendu son heure pour prendre sa revanche.

Vers une facture alourdie pour VW ?

Dans tous les cas, le groupe risque très gros avec ce revirement. Jusqu’ici, la ligne de défense des dirigeants se tenait au fait qu’ils n’avaient pas été informés des manipulations, qui auraient été décidées en interne par une poignée d’ingénieurs. Désormais, le parquet pourrait réétudier la question autrement. Par ailleurs, Piëch étant autrichien, il ne peut être tenu d’être auditionné devant le Parlement allemand, mais les députés de l’opposition (Verts et die Linke) veulent désormais l’amener à témoigner.

Cela risque d’alourdir la facture pour le nouveau numéro un mondial de l’automobile. Rien qu'aux Etats-Unis, où il a plaidé coupable, le constructeur va débourser plus de 22 milliards de dollars pour satisfaire autorités, clients et concessionnaires mécontents. Face à cette somme, la colère monte en Allemagne, où les associations de défense des consommateurs demandent la même compensation financière que celle versée aux clients américains, soit 10 000 dollars par véhicule. Une brèche a d’ailleurs été ouverte en janvier 2017 : un client allemand a obtenu du tribunal d'Hildesheim (Basse-Saxe) le remboursement intégral au prix d’achat de sa Skoda Yeti Tdi 2Litres achetée 26 499 euros en 2013. Volkswagen ayant fait appel, la décision est suspendue, mais elle pourrait être historique.

A Berlin, Gwénaëlle Deboutte

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