LE DIALOGUE SOCIAL SUR LE TERRAINLe nouveau directeur des ressources humaines d'Automobiles Citroën prône le sur-mesure, site par site, pour développer le dialogue social.

Partager



LE DIALOGUE SOCIAL SUR LE TERRAIN

Le nouveau directeur des ressources humaines d'Automobiles Citroën prône le sur-mesure, site par site, pour développer le dialogue social.



Sa famille chez Renault, lui chez Citroën. Le constat fait sourire Jean-Pierre Gouteyron, le nouveau directeur des ressources humaines d'Automobiles Citroën. " J'ai compté pas moins de onze parents, à commencer par mon père et ma mère, qui ont travaillé ou travaillent encore dans la firme au losange ", précise-t-il. De surcroît, il est originaire de Boulogne-Billancourt. A 47 ans, l'homme, réputé ferme, rigoureux et méthodique, a le sens de l'humour. Un humour concis et à froid, qu'il applique volontiers à lui-même. Comme lorsqu'il souligne une autre de ses singularités par rapport à son milieu : son goût pour les lettres et son aversion pour les mathématiques. " Diplômé seulement de droit et de sciences-po, face à des ingénieurs des Arts et Métiers, j'étais un véritable échec familial. " Du coup, en 1971, son embauche comme contrôleur de gestion chez Citroën a pris des airs de revanche. Surtout à une époque où les ingénieurs réalisaient de belles voitures " sans s'occuper des coûts ". Et, depuis, dans la grande maison, il a tout fait. Sillonnant les usines de Saint-Ouen à Epinay, en passant par Rennes ou Aulnay, il a fureté dans les ateliers, épluché les budgets, suivi des stages de chronométrage - " essentiel pour évaluer les gains da productivité " -, discuté avec les ingénieurs et agents de maîtrise, démontré aux ouvriers l'intérêt qu'il y avait à faire tourner les machines pour rentabiliser les investissements, noué des contacts avec les syndicalistes. " De temps en temps, je me faisais virer des ateliers !". Fort de cette expérience de terrain, en 1977, en pleine tourmente sociale, il met à profit ses compétences juridiques au sein de la direction des ressources humaines, où il s'occupe de gérer les cadres puis d'organiser les relations sociales dont il prend le département en charge dès 1991. Un poste qui le ravit. Au point qu'aujourd'hui il n'a même pas l'impression de changer de casquette. Car manifestement, Jean-Pierre Gouteyron est un homme de dialogue. Il aime les gens. C'est un fidèle, même si on le sent capable de coups de colère. " Rien ne m'agace autant que des dossiers qui ne tiennent pas compte de la vie des individus. " Et quand on lui parle de plans sociaux, il n'esquive pas. Quoique aucune mauvaise nouvelle ne se profile à l'horizon, il expose sa méthode : anticiper les fermetures de site, écouter les syndicats - " On apprend toujours quelque chose " -, traiter les affaires au cas par cas, recevoir les cas litigieux pour tout vérifier par lui-même. Il est très fier d'avoir imaginé une cellule conseil de quatre à six jeunes juristes " volants ", disponibles pour assister les usines. Et s'il sait bien que, là-bas, le service du personnel est parfois perçu comme le KGB, il espère bien continuer les chantiers qui lui tiennent à coeur : la flexibilité du travail et des équipements, la formation, une meilleure ergonomie des postes pour les plus âgés. D'ailleurs, ne puise-t-il pas " une partie " de son inspiration dans l'oeuvre de Zola ? Aujourd'hui, il la relit toute dans l'ordre.

USINE NOUVELLE N°2560

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS