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Le développement durable s'invite dans le club des 71 pôles de compétitivité

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Repères L’eau, le stockage du CO2 et les économies d’énergie dans la construction : tels sont les "bons filons pour l’avenir" qu’exploitent les six pôles de compétitivité qu’a labellisés le gouvernement pendant la première quinzaine de mai. Celui-ci a par ailleurs disqualifié six autres pôles. Voici un tour d’horizon des nouveaux venus.

Le développement durable s'invite dans le club des 71 pôles de compétitivité
C'est à Montpellier, où il a pléthore d'universités et de centres de recherches (ci-dessus, Agropolis) que bat le coeur d'Eau Pôle à Vocation Mondiale. Celui-ci s'étend à plusieurs régions.

Dans le sillage du Grenelle 2 de l’Environnement, six pôles écotechnologiques rejoignent le club des 71 pôles de compétitivité labellisés par les pouvoirs publics à partir de 2005. Ils émargeront à l’enveloppe de 1,5 milliard d’euros allouée à ces structures régionales (certaines, même, s’étendant à plusieurs régions) qui reçoivent par ailleurs des fonds émanant des entreprises, instituts de recherches qui y sont associés. Les collectivités locales sont impliquées fortement, elles aussi, dans ces financements.

Tout en donnant une tournure écotechnologique à la politique des pôles de compétitivité, le CIADT, le Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire a pris une autre décision le mardi 11 mai : il a disqualifié six pôles de compétitivité, amenés à quitter ce «club des 71» pour n’avoir pas accompli les objectifs énoncés dans leur feuille de route.

Par ailleurs, le Comité interministériel a ouvert la voie aux inter-pôles : ce titre sera octroyé pour la première fois à deux structures destinées à devenir des super pôles, «Ecotechs Rhône-Alpes » et «Solutions côtières pour ville durables PACA.»

Pour le spécialiste Didier Rousseau, on est à un tournant… 

Pour le consultant Didier Rousseau, fondateur et président de l'entreprise Weave, membre de Croissance Plus,  il s’agit vraiment d’un tournant dans l’histoire des pôles. «L’on assiste à une lutte entre les partisans de l’éparpillement, voulue - en gros - par les collectivités locales et ceux estimant, en haut lieu (le ministère de l’Industrie) qu’il faut rationnaliser le dispositif en constituant de super pôles de compétitivité.»

Didier Rousseau relève que le gouvernement a «adopté un système de notation, de nature à mesurer l’efficacité et le fonctionnement de ces pôles, notamment quant à la capacité des parties impliquées à créer des liens entre elles et à mettre au point des brevets.»

Ce spécialiste des problématiques relative aux entreprises, au business management et aux secteurs innovants a été frappé par le fait que trois des six pôles nouvellement labellisés par le gouvernement soient dédiés à la problématique de l’eau: «Tout se passe comme si le gouvernement n’était plus tant dans une vision d’aménagement du territoire que dans une logique d’investissements sur des segments qu’il souhaite porter à l’international. Or, l’eau est une des grandes compétences où la France est en pointe. Demain, il nous faudra des champions mondiaux. N’oublions par qu’on a perdu de la compétitivité en France à cause du manque d’innovation.»

Quels sont ces pôles baignant dans l’eau? En premier lieu, Eau Pôle à vocation mondiale, rayonnant sur trois régions à partir de Montpellier. Puis Gestion des Eaux Continentales, à cheval sur l’Alsace et la Lorraine. Enfin, Dream (Durabilité de laRessource en Eau associée aux Milieux), à Orléans. Comme le soulignait Didier Rousseau, dans l’éventail de leurs partenaires figurent les compétences apportées par les grands groupes de l’eau et assainissement que sont Véolia, Suez Environnement et Saur. C’est d’ailleurs dans les locaux de Veolia à Nice, le mardi 12 mai, que le ministre de l’Industrie Christian Estrosi a détaillé ces nouveaux pôles échotechnologiques.

"LA CROISSANCE VERTE, C'EST L'AVENIR"

Selon le quotidien Nice-Matin, qui a relaté ce déplacement ministériel, Christian Estrosi a prédit : «La croissance verte, c’est l’avenir». Le potentiel de la filière, a-t-il estimé, est de 50 milliards d’euros et de 280.000 emplois ces dix prochaines années.

Nice se situe dans la «zone d’influence» du Pôle à Vocation Mondiale qui s’étend aux régions de Languedoc Roussillon, PACA et Midi-Pyrénées. Le centre de gravitation de ce pôle est l’Université Montpellier 2 (Sciences et techniques) et Swelia, un réseau de 72 entreprises impliquées dans le cycle de l’eau. A ce propos, un autre quotidien, Midi-Libre, ajoute qu’il est question à la fois de «production, irrigation et épuration». A charge, pour ce pôle de compétitivité ancré à Montpellier de coordonner les deux autres pôles œuvrant dans l’eau cités plus haut.

Les trois autres pôles écotechnologiques

A l’autre bout de la France, le président du Conseil régional d’Alsace, Philippe Richter, a réagi à l’entrée de Cluster Alsace Energivie dans le cercle des Pôle labellisés en rappelant, travers un communiqué, les perspectives qu’ouvre ce projet ancré dans sa région: 10.000 emplois devraient fleurir jusqu’en 2020 grâce aux innovations, dans la maîtrise de l’énergie, que déploient les 50 entreprises associées à Energivie. L'objectif est de développer des bâtiments qui consomment tellement peu qu'en leur ajoutant une toiture photovoltaïque ou une chaudière à cogénération, ils produisent davantage d'énergie qu'ils n'en consomment.

A Loos-en-Gohelle, dans le Nord Pas-de-Calais, le pôle TEAM mérite également le détour, en raison du sillon qu’il trace dans un champ de découvertes lui aussi à haut potentiel : le recyclage des déchets. La Voix du Nord s’est fait l’écho des précisions données par l’un des animateurs de ce pôle, Christian Tresnel, directeur général de CD2E : «Sur les 300 éco-entreprises en région, une soixantaine nous ont rejoints, ainsi que dix laboratoires. Nous imaginons les solutions vertes de demain, améliorons la recyclabilité des matériaux.»

La France, 3ème exportateur dans les géosciences 

Enfin, quelques mots sur Avenia , en Aquitaine : ce pôle a pour vocation de développer des projets innovants en matière de géosciences : géothermie industrielle, stockage souterrain des énergies intermittentes, développement responsable des énergies fossiles, stockages géologique du CO2. Plus de 3500 chercheurs sont mobilisés, dont 2050 chez Total.

Dans son édition du 3 décembre 2009, Sud-Ouest donnait une idée du potentiel d’un tel secteur : «La France possède une expertise reconnue sur le plan international dans le domaine des géosciences et du génie parapétrolier. Elle est le troisième exportateur mondial de compétences dans ce secteur. Ce marché innovant, qui fait appel à des technologies de pointe, était évalué à 16 milliards d’euros en 2008 en France.»

Consultez notre carte

Retrouvez en jaune les pôles de compétitivité nouvellement labellisés
En rouge, ceux qui perdent la labellisation
(en vertu d'une décision du Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire, le 11 mai)


Afficher les pôles de compétitivité sur une carte plus grande

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