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Le dessous des cartes Michelin

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Reportage C'est au siège parisien de Michelin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), que le spécialiste des pneumatiques conçoit ses célèbres guides et cartes. L'Usine Nouvelle a poussé la porte de l'atelier cartographique du Bibendum et vous dévoile les trois étapes clés dans la conception d'une carte routière, avant qu'elle soit produite à des milliers d'exemplaires.

"La mobilité, c'est dans l'ADN de Michelin", claironne Paul Carril, directeur de la division cartes et guides du géant français des pneumatiques. Cette activité de publication représente moins d'un pour cent des 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe "mais elle a toujours accompagné son activité principale", rappelle-t-il. C'est en effet en 1900, onze ans après la création de l'entreprise, qu'André et Edouard Michelin publient le premier guide qui porte leur nom, offert avec l'achat de pneumatiques.

L'idée est alors de proposer aux premiers automobilistes des idées de sorties gastronomiques et touristiques et fournir des informations précieuses comme une liste de garagistes et les plans de quelques villes. Censés favoriser les déplacements, les guides, bientôt suivis des premières cartes routières en accordéon - une invention Michelin - visent alors à tirer la demande de transports, de voitures et donc de pneus.

"Aujourd'hui, cette activité contribue toujours à l'image de la marque", indique Paul Carril. 450 personnes à travers le monde travaillent dans cette division, soit une infime portion de l'effectif total du groupe de plus 100 000 salariés. En France, l'atelier cartographique se trouve au siège parisien de Michelin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), où les effectifs de la capitale ont été regroupés en 2011.

Etape 1 : la recherche de l'information

Etape cruciale dans la conception d'une carte : la recherche d'informations. Philippe Chevillot, documentaliste, est chargé de collecter, d'organiser et de vérifier l'exactitude des données topographiques qui seront ensuite transmises pour la réalisation des cartes. "En France, nous travaillons en étroite collaboration avec les collectivités locales qui, via leurs services techniques, nous transmettent par exemple les programmes de travaux avec les dates de réalisation pour que nous puissions les inclure dans les mises à jour de nos cartes", explique-t-il.

A l'étranger, des correspondants recueillent eux aussi de précieuses informations auprès des autorités locales, avant de les transmettre au centre de Boulogne qui assure la réalisation de toutes les cartes. "Pour la collecte d'informations, nous nous appuyons également sur des photographies aériennes", souligne Philippe Chevillot. L'informatisation et les énormes quantités de ressources disponibles en ligne ont en effet contribué à grandement simplifier la réalisation des cartes, à chaque étape.

Etape 2 : l'optimisation de la lisibilité

Le dessin d'un échangeur autoroutier, un exercice complexeUne fois les données collectées et vérifiées, elles sont transmises aux cartographes. Ces derniers vont, la plupart du temps, mettre à jour une carte déjà publiée en vue de sa réédition. Chaque carte est ainsi réactualisée environ tous les 2 à 3 ans. Un travail de fourmi avec, pour la France, une moyenne de 50 modifications à effectuer par département.

Le principal défi du cartographe va donc être de coucher les informations sur la carte, tout en conservant un niveau de lisibilité maximale, même sur un format à grande échelle comme le 1/200 000 (1 kilomètre pour 2 centimètres). "Dans le cas d'un échangeur autoroutier par exemple, il faut faire figurer un nombre important d'informations sur une surface réduite surtout sur les cartes", explique Marc Martinet, cartographe pour Michelin depuis plus de trente ans.

Etape 3 : Le contrôle qualité

L'édition représente la dernière étape décisive dans la réalisation d'une carte. Morceaux par morceaux, ce service vérifie la bonne répartion des couleurs et le degré de netteté de l'image. Il peut ainsi corriger le tir avant l'envoi à l'impression, assurée par des sous-traitants. Pour l'ensemble de ses publications - des guides aux grands atlas en passant par tous les formats de cartes routières - le contrôle qualité se révèle ainsi aussi rigoureux que pour sa production de pneumatiques.

Julien Bonnet

Virages numérique et mobile

La création en 2001 de ViaMichelin, filiale dédiée à la numérisation de ses services cartographiques, a donné le coup d'envoi de la stratégie digitale de Michelin. Les développeurs ont ainsi rejoint les traditionnels cartographes, éditeurs et maquettistes. Michelin veut également s'imposer sur smartphone avec le lancement en 2013 d'un bouquet d'applications qui réunit notamment son service de navigation avec gestion du trafic "Michelin Navigation" et ses guides d'hôtels et de restaurants.

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