Le désinvestissement, l'arme des écologistes contre les énergies fossiles

Une campagne pour désinvestir des énergies fossiles a été lancée à Paris mardi 1er septembre par le Parti vert européen, le groupe parlementaire Les Verts et 350.org. Le mouvement a déjà convaincu plusieurs institutions à l'étranger. Son but est d'ébranler le pouvoir des industriels du pétrole, du charbon et du gaz pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Moins de 100 jours avant la COP21, le sommet sur le climat qui se tiendra à Paris, le Parti vert européen (EGP), le groupe de parlementaires Les Verts/ALE et l'organisation 350.org préparent le terrain. Ils ont lancé mardi 1er septembre une campagne de désinvestissement des énergies fossiles en France, lors d'une conférence tenue à la Maison de la chimie à Paris. Leur but est d'inciter les institutions, les entreprises et les gouvernements à ne plus financer l'industrie des carburants fossiles.

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"Si l'industrie des énergies fossiles poursuit la même stratégie économique, il n'y a pas d'intérêt à continuer d'organiser des conférences comme la COP21, affirme Bill McKibben, l'environnementaliste star américain fondateur de 350.org. Les industriels du pétrole, du charbon et du gaz doivent cesser d'explorer de nouveaux territoires et d'essayer de nouvelles techniques d'extraction."

L'émergence d'un mouvement international

220 institutions ont déjà pris part au mouvement de désinvestissement. Les grandes universités américaines et britanniques comme Stanford, Yale, Glasgow et Oxford ont été pionnières en 2012. Ont suivi le fonds Rockefeller Brothers, le Guardian ou plus récemment la ville de Newcastle en Australie. En France, le fonds Ethique et Partage, géré par la société de gestion Meeschaert et l'ONG CCFG, est le premier fonds français à exclure les énergies fossiles.

En tout, 50 milliards de dollars d'actifs ont été revendus. Une somme considérable qui ne représente cependant qu'un centième des 5 000 milliards de dollars qui constituent la manne boursière des industries du pétrole, du gaz et du charbon.

"L'intérêt n'est pas de mettre en danger économiquement ces entreprises, car il y aura toujours quelqu'un pour racheter les actions, explique Bill McKibben. Le but est de les déstabiliser politiquement, d'ébranler leur pouvoir." L'ambition affichée est aussi de voir l'argent des actifs replacé pour développer les énergies renouvelables et les technologies d'efficacité énergétique.

Compter sur les actions citoyennes, plutôt que sur les gouvernements

Alors que le gouvernement français revient sur sa décision de supprimer les subventions aux industriels du charbon, les organisateurs de la campagne de désinvestissement préfèrent miser sur les actions citoyennes. "Lors de la conférence sur le climat de Copenhague en 2008, nous étions dans l'attente de l'action des Etats, se souvient le député vert européen Yannick Jadot. Aujourd'hui ce sont les organisations non-gouvernementales et les citoyens qui doivent leur dicter quoi faire."

Le 26 août, cent personnalités dont Desmond Tutu, Bill McKibben et Nicolas Hulot ont appelé à la mobilisation générale pour "laisser les fossiles dans le sol". Pour eux, le combat contre le réchauffement climatique est comparable à celui contre l'esclavage; le totalitarisme et le racisme. "L’esclavage et l’apartheid n’ont pas disparu parce que des Etats ont décidé de les abolir, mais par des mobilisations massives qui ne leur ont pas laissé le choix."

Marine Protais

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